Dans la maison perdue en haut de la montagne habitent le Père, la Mère, Marc et Simone. Et puis Manue, l'inattendue tombée du ciel une nuit, belle et forte comme une étoile. Derrière le village des Cimes il y a une forêt, pleine d'arbres majestueux et effrayants, et il y a des loups. Le Père travaille un peu, boit beaucoup, et cogne facilement ; les enfants poussent telle l'herbe folle. Marc dit que, quand il sera grand, il partira loin, et il emmènera Manue avec lui.
Dans un décor intemporel de nature sauvage et fascinante, de misère affective et de violence, l'amour fou d'un grand frère pour sa demi-soeur transcende un quotidien sordide par l'irruption du tragique le plus déchirant. Dès ce premier roman, Claudie Gallay étonne grâce à son style âpre et compassionnel et à un univers très personnel, sombre mais traversé par la recherche de l'espoir, du salut, de la beauté.
Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L'Office des vivants (2001), Mon amour ma vie (2002), Les années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d'encre et prix du Salon d'Ambronay), Dans l'or du temps (2006) et Les Déferlantes (2008), grand succès public et critique.
Les courts extraits de livres : 21/02/2009
Le Père aurait mieux fait d'aller travailler comme il le faisait les autres étés, partir le matin bien avant le jour, suer sang et eau sur les foins, sur les bêtes, et rentrer à la nuit.
Au lieu de cela c'est sur la Mère qu'il est allé suer.
La chaleur sans doute, tout ce soleil sur la montagne.
Non ! qu'elle lui a dit, parce qu'elle savait bien que ce n'était pas la bonne lune, mais il l'a coincée quand même et il y est allé sans retenue.
Après, la Mère a sorti la bassine, elle s'est lavée à grande eau dans la cuisine, elle s'est noyé tout son dedans de femme en mettant la poire et puis en la poussant un peu, jambes écartées.
Ça n'a pas empêché la volonté de Dieu de se faire. C'est M'mé Coche qui dit ça, la volonté de Dieu pour tout, pour quand les salades ne poussent pas, quand les veaux crèvent ou quand la Mère devient grosse.
Bientôt, la Mère devient tellement grosse qu'elle ne peut plus se baisser sous les vaches alors le Père fait venir une fille du village du Bas, Madeleine qu'elle s'appelle, mais au village on l'appelle tous Mado.