Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Simonetta Greggio
Date de saisie : 15/05/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Stock, Paris, France
Collection : Framboise
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-234-06019-7
GENCOD : 9782234060197
Sorti le : 04/02/2009
Emma, vétérinaire de campagne mène une vie solitaire, qu'elle voue entièrement à son métier. Débarque Gio presque 15 ans fugueur, c'est le fils de son amour de jeunesse "volé" par une autre, la mère de Gio.
Dans un canevas très subtil, Simonetta Greggio, nous conte l'amour impossible entre une femme de 43 ans et cet adolescent à peine sorti de l'enfance, ou plutôt nous le suggère sous un voile narratif d'une extrême délicatesse.
Très joli roman.
«Dis donc, Emma. Tu sais quel âge j'ai ?
- Oui. L'âge des catastrophes naturelles.»
Emma est vétérinaire de campagne. À quarante-trois ans, au beau milieu d'une vie rude, autarcique et solitaire, elle voit débarquer le jeune Giovanni, adolescent fugueur de quatorze ans, dont elle a autrefois connu les parents, Micol et Raphaël. Ce qui s'est joué entre eux, elle a voulu l'oublier, l'enfouir au plus profond. Elle souhaiterait que Giovanni parte, mais il reste. Et s'installe peu à peu entre eux une histoire tendre, fiévreuse et maladroite.
Lorsque Micol revient chercher son fils, elle croit comprendre l'irréparable, la liaison entre Emma et Gio. Il y aura procès. Il y aura vengeance. Mais de quoi, et de qui, se venge-t-on ? D'un amour qui reste tabou ? Ou d'un passé dont les blessures ne se sont pas refermées ?
Italienne, Simonetta Greggio écrit en français. Elle a publié chez Stock deux romans, La douceur des hommes (2005) et Col de l'Ange (2007), et une longue nouvelle, Étoiles (Flammarion, 2006). Elle a également participé à un recueil de nouvelles intitulé Huit (Calmann-Lévy, 2008).
Simonetta Greggio ne se contente pas de récrire, admirablement, Le Diable au corps. Tout en agrafant «l'aveugle sens de possession des mâles», traquant le bonheur jusqu'aux limites du désespoir, elle offre une superbe réflexion sur les regrets. Ceux qui assaillent les femmes qui auraient pu garder un homme mais ont choisi de le laisser filer. «Quand on tient quelqu'un, on n'ouvre pas la main», comprend - trop tard - l'héroïne. C'est vrai : pourquoi une femme ouvre-t-elle la main lorsqu'elle tient l'amour ?
Cette nuit, comme tant d'autres, je ne dors pas. Je reviens en arrière et je repense à nous, à ce que nous aurions dû être, à ce que nous avons été. J'essaie de comprendre ce qui nous a poussés à agir comme nous l'avons fait. À quel moment la vie nous a donné le choix, et pourquoi nous l'avons dédaigné. Mais changer de direction aurait été renoncer à soi-même. Ce que nous n'avons pas fait.
Le jour où tout a commencé - recommencé, devrais-je dire -, je n'avais aucune idée que, né du coeur même de mon histoire, nid de vipères dans ma réserve de bois pour l'hiver, avant le soir quelqu'un allait frôler ma joue du bout du doigt et, aussi inévitable que l'explosion d'une bombe à retardement, ce simple geste allait se répercuter non seulement sur mon avenir mais aussi sur la vision que j'avais de mon passé.
C'était au mois de juin, il y a un peu plus de quatre ans, maintenant. À quelle date exactement, je ne m'en souviens pas. Tout le reste je le sais par coeur, tout le reste je ne l'oublierai plus. Mais la date, non, même en allant chercher dans un calendrier. Disons que ça devait être au début du mois, car le vêlage, qui débute en janvier, se termine généralement en avril avec la mise en herbe, et la génisse pour laquelle on m'avait appelée était très en retard.
À mon arrivée à la ferme, deux pattes se présentaient déjà, mais le bassin trop étroit empêchait le passage du corps entier. Trop tard pour une césarienne, trop tard pour sauver le veau. J'avais achevé l'embryotomie le plus rapidement possible, mes yeux et mes joues me brûlaient, je les essuyais de l'épaule et du bras en pensant aux gros sourcils du Patron qui buvaient la sueur. Dans des cas comme celui-là, il me manquait rudement.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia