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_ Est-ce ainsi que les femmes meurent ?

Couverture du livre Est-ce ainsi que les femmes meurent ?

Auteur : Didier Decoin

Date de saisie : 02/04/2009

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Collection : Ceci n'est pas un fait divers

Prix : 17.90 € / 117.42 F

ISBN : 978-2-246-68221-9

GENCOD : 9782246682219

Sorti le : 04/02/2009

"Tout est affaire de décor" (Louis Aragon.- Est ainsi que les hommes vivent) Le décor, ici, c'est le Queens, un quartier insalubre et dangereux de New York. Un soir de mars 1964, Kitty Genovese y est sauvagement assassinée. Une enquête est ouverte : qui est le criminel ? Est-ce psychopathe que se régale de corps sans vie ? Ou bien les trente huit témoins muets qui ont assisté au martyre ?


  • Les présentations des éditeurs : 08/06/2009

Catherine Kitty Genovese n'aurait pas dû sortir seule ce soir de mars 1964 du bar où elle travaillait, une nuit de grand froid, dans le quartier de Queens à New York. Sa mort a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : «Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle.» On arrête peu de temps après Winston Moseley, monstre froid et père de famille. Rien de plus. Une fin anonyme pour cette jeune femme drôle et jolie d'à peine trente ans. Mais savait-on que le martyre de Kitty Genovese a duré plus d'une demi-heure, et surtout, que trente-huit témoins hommes et femmes, bien au chaud derrière leurs fenêtres, ont vu ou entendu la mise à mort ? Aucun n'est intervenu. Qui est le plus coupable ? Le criminel ou l'indifférent ?
A la fois récit saisissant de réalisme et réflexion sur la lâcheté humaine, traversée d'un New York insalubre et résurrection d'une victime, le roman de Didier Decoin se lit dans un frisson.

Didier Decoin, membre de l'Académie Goncourt, est l'auteur, entre autres, de John l'Enfer (1977, prix Goncourt), L'enfant de la mer de Chine (1981), La femme de chambre du Titanic (1991), La promeneuse d'oiseaux (1996), Madame Seyerling (2002), Avec vue sur la mer (2005), Henri ou Henry, le roman de mon père (2006).



  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point du 19 mars 2009

Kitty était une petite brune de 28 ans, serveuse dans un bar du Queens. L'Italie dans le sang et dans l'allure, «le visage bien ciselé d'un origami particulièrement harmonieux», écrit joliment Didier Decoin dans cette magistrale reconstitution, très «De sang-froid», d'un fait divers qui en dit long sur notre (in)humanité. Et qui le dira longtemps...
Kitty est-elle morte pour rien ? Pas tout à fait. Elle a donné son nom à un syndrome, qui s'énonce ainsi : «Quand un seul témoin est présent dans une situation d'urgence, il porte la responsabilité de devoir l'assumer ; mais, si d'autres sont présents, la charge de la responsabilité se diffuse.» CQFD. Merci Kitty. Merci Decoin


  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 5 mars 2009

Comment 38 témoins ont-ils pu laisser assassiner une jeune New-Yorkaise sans bouger ? Didier Decoin a mené l'enquête dans «Est-ce ainsi que les femmes meurent ?»...
Près d'un demi-siècle plus tard, Didier Decoin raconte admirablement cette sinistre affaire qui ébranla l'opinion publique et aboutit à la création du 911, «le numéro d'appel d'urgence des secours aux Etats-Unis». D'une plume sèche, sans trembler, l'auteur de «John l'Enfer» interroge plus qu'il ne juge. Il a l'art de multiplier les détails troublants, pour mettre en scène la duplicité du tueur forcené, mais aussi suggérer les dangers du puritanisme et du voyeurisme à l'ère du tout-médiatique, en déplaçant très habilement le centre de gravité du livre vers cette énigme sans fond : la responsabilité collective, qui est un des noms de la lâcheté. Il est des circonstances où le pluriel ne vaut rien à l'homme.


  • La revue de presse Patrick Grainville - Le Figaro du 5 mars 2009

C'est net, orthogonal et sans pathos avec toutes les diagonales qui se recoupent autour des protagonistes. L'Amérique est observée à la loupe. Moeurs, culture, maisons, jardins, rues... Les moindres données sont réunies dans cette autopsie de la lâcheté grégaire, l'odeur même de la middle class américaine : «Papier kraft un peu chaud, caoutchouc, citronnelle synthétique, pain de mie, ozone, nougat...» Decoin scrute l'horreur par vagues successives, de plus en plus étendues, terrifiantes et pénétrantes, jusqu'au recoin le plus sombre d'un couloir sanglant où l'humanité se dissout.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 4 mars 2009

Didier Decoin rend justice, à sa façon, émouvante et même tendre, à la jeune femme sacrifiée, en faisant d'elle un superbe personnage, attachant, tout ensemble lumineux et plus complexe qu'il ne semblait a priori. La conclusion, le romancier la laisse à Albert Einstein : «Le monde est un endroit redoutable. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal qu'à cause de ceux qui voient ce mal et ne font rien pour l'en empêcher.»


  • La revue de presse Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 20 février 2009

Sollicité pour écrire dans la collection "Ceci n'est pas un fait divers", qui réunit des romans conçus à partir d'une affaire criminelle, il a très vite opté pour les Etats-Unis. Et dans la masse des faits divers sanglants qui ont déchiré l'histoire du pays, s'est décidé pour l'un des plus retentissants : le meurtre, à New York en 1964, de la jeune et charmante Kitty Genovese. Un crime épouvantable, autour duquel il a construit un roman dur et poignant, plein de doutes et d'humanité...
Sans prétendre apporter de révélations, sans même se glisser dans la peau du juge ou de l'avocat, Decoin met en vis-à-vis ces deux faces de la nature humaine. Il le fait par le biais d'un personnage imaginaire, Nathan Koschel, quinquagénaire pacifique et fou de pêche, qui n'était pas là le soir du drame. Cette voix, calme et profondément humaine, est celle du citoyen ordinaire. Celui qui cherche à comprendre, à décrypter le mystère, comme le fait le romancier lui-même. Et c'est l'une des forces de ce beau livre : non seulement donner souffle à des victimes disparues depuis longtemps, mais tenter, par la fiction, de percer le secret de leur mort inutile.


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