La quête du père absent, avec, en filigrane, la dictature en Argentine et la "guerre sale" conduite par la junte militaire, de 1976 à 1983. Un ouvrage polyphonique, qui mêle les voix réelles et les voix imaginaires, qui confond les dates et les lieux, qui embrasse tous les styles littéraires : roman, théâtre, poésie, conte. Un mélange de tendresse et de larmes acides
Les présentations des éditeurs : 31/01/2009
«Parfois, les démons nous révèlent ce que le murmure des anges ne nous avait pas permis d'entendre.»
Pour sauver sa famille menacée par la junte militaire en Argentine, Luis s'engage dans la guérilla. C'est le prix à payer pour faire passer en Europe sa femme, Ana, et leur bébé. Exilée, Ana trouve refuge en France dans un hôtel tenu par un vieil Argentin. L'enfant y grandit à l'ombre de l'amour fou qui unissait ses parents, et dans le mythe de ce père héroïque dont il réinvente perpétuellement l'histoire pour combler l'absence. Des années plus tard, à la mort d'Ana, il revient dans cet hôtel où il écrit peu à peu son roman des origines pour s'affranchir du poids du passé.
Empreint d'une poésie envoûtante, ce roman choral entre ciel et enfer nous emporte dans une traversée où le temps et l'espace cèdent à la volonté des amants de se rejoindre par-delà la vie et la mort. Interrogeant les frontières de l'invisible, Los Demonios est une bouleversante histoire d'amour qui évoque la mémoire, les tumultes et les crimes de notre temps.
Valérie Boronad vient de prendre la direction du pôle culturel de Sainte-Maxime. Nominée pour de nombreux prix littéraires à la parution de son premier roman, Les Constellations du hasard (Belfond, 2008), Valérie Boronad a été lauréate du prix Carrefour Savoirs du premier roman.
À propos des Constellations du hasard :
«Un premier roman qui charme par la fraîcheur de son écriture.»
Psychologies magazine
«Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître.»
Livres hebdo
«Une plongée au coeur de soi-même.»
Questions de femmes
Les courts extraits de livres : 31/01/2009
De retour
Devant moi, auréolé d'une crinière blanche digne d'un vieux roi shakespearien, je l'aperçois, cet immense vieux jouant avec ses mains comme si c'étaient des cerfs-volants immaculés qui voletaient dans le crépuscule du long couloir à travers lequel il achève de disparaître, traînant sa jambe raide comme une perche qu'habilement il ramène devant lui à chaque mystérieux glissement de son corps.
... Tu connais le chemin, chico...
Les mots tombent dans son sillage comme des carcasses jetées à la mer, sans qu'il se soit retourné. Je repêche des paroles entrecoupées de silence. Oui, je connais. Augusto Angel Zapatas. À peine m'as-tu regardé que tu as englouti tes émotions, mais l'hameçon est fiché dans ton ventre et tu as beau fuir vers l'obscurité, le fil se dévide sur tes talons.
Je m'arrête, pose mes valises sur le carrelage, décide que j'ai tout mon temps. Peut-être que je ne parviens pas à y croire. Et pourtant. Le canapé éculé, tapi dans le vestibule de l'hôtel comme une vieille bête inoffensive. La peinture écaillée. Le reflet rose et bleu de l'enseigne acidulée se reflétant sur le miroir piqueté.
Alors ?