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Auteur : Norma Huidobro
Traducteur : Dominique Lepreux
Date de saisie : 02/04/2009
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Liana Levi, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-86746-498-0
GENCOD : 9782867464980
Sorti le : 08/01/2009
A Villa Carmen, le temps paraît figé ; chaque jour le soleil dessine dans les ciel les mêmes couleurs jaunes, orangées, rouges ; les ruelles pavées ou en terre battue glissent en silence entre les maisons ; les "tamales" pimentés chatouillent le gosier et les "tipas" barbouillent la campagne d'un jaune insolent ; les habitants s'y posent pour la vie ou bien s'enfuient vers la capitale. Alors, seules quelques lettres, très rares, sortent du village pour raconter à la ville "le temps suspendu" ; et de Buenos aires arrivent des mots différents qui sentent la foule, le bruit, la fantaisie...
Lorsque Ferroni quitte la capitale pour forcer la porte du village, ses intentions semblent bien douteuses ! Lui, le maître des aveux arrachés, saura-t-il réveiller les êtres immobiles ?
NORMA HUIDOBRO
Le lieu perdu
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Dominique Lépreux
Villa del Carmen. Il y a ceux qui partent, et ceux qui restent. Ceux qui de Buenos Aires envoient des lettres pour raconter la vie, le travail et l'amour. Ceux qui reçoivent les lettres et gardent la mémoire du passé dans cette province du nord de l'Argentine. Marita attend les lettres de Matilde. Une tranquille répartition des rôles qu'un certain Ferroni vient déranger en 1977. Lui est là pour mettre la main sur l'amoureux de Matilde, un prétendu subversif en cavale. L'une de ces lettres l'y aiderait peut-être... Mais l'obtenir de Marita, cette «fille de pierre», n'est pas chose facile. Alors il faut questionner les vieilles de ce stupide lieu perdu, parcourir les ruelles poussiéreuses, se nourrir d'empanadas. Attendre, attendre et encore attendre. Et l'attente, on le sait, est mauvaise conseillère.
Norma Huidobro, née dans la province de Buenos Aires, est auteur de nombreux livres pour la jeunesse dont Une soupe de diamants qui sera publié en mars 2009 à L'École des loisirs. Ce premier roman, qui a obtenu en 2007 le prix Clarín, témoigne d'un talent que de grands écrivains ont déjà su reconnaître.
«Un roman nécessaire pour comprendre certaines clés qui articulent ou désarticulent cette chose que nous appelons espèce humaine.»
José Saramago
«L'épopée d'un héroïsme singulier, intime, qui de manière lumineuse devient universelle.»
Alberto Manguel
«Un roman limpide et effilé comme une aiguille de cristal : il se plante dans votre coeur, saisissant et hypnotisant.»
Rosa Montero
Ce premier roman de Norma Huidobro, couronné par le prix Clarin, se passe en 1977 dans l'Argentine des généraux. Il ne faut cependant pas s'attendre à une grande fresque sur la dictature. Le Lieu perdu est une histoire intime, un drame familial plus ou moins étouffé, que des événements lointains, dépassant complètement les habitants de ce village, peuvent transformer en tragédie. Après avoir été professeur de lettres, Norma Huidobro a écrit de nombreux livres pour les jeunes. C'est ce qui lui permet sans doute de construire son intrigue avec une telle simplicité...
Norma Huidobro a peut-être écrit un énième livre pour la jeunesse, à l'intention des vieux blasés que nous sommes. Il faut l'en remercier.
Un tortionnaire piste un subversif en Argentine... Sensuel et suffocant...
Norma Huidobro, née à Buenos Aires en 1949, a mis au service de ce Lieu perdu une écriture électrique qui crisse de sensualité, de douleurs domptées, de voluptés murmurées. Elle oppose les contraires : séduction/répulsion, attirance/méfiance, qu'elle déploie d'un même geste, mais à mi-voix, jusqu'à rendre tangible une atmosphère suffocante. Saluée par José Saramago et Alberto Manguel, elle raconte, dans ce premier roman traduit en français, une histoire d'amour et d'amitié sur fond de ravages, quand le temps se dilate et que les hommes sombrent. Sous un soleil blanc, imperturbable, et salvateur.
Villa del Carmen,
Jujuy,
janvier 1977
Un scarabée, pattes en l'air, se berçait sottement dans l'eau de la cuvette. Ferroni le regarda avec une certaine appréhension et décida que le mieux était de vider l'eau avec le scarabée dans le trou d'évacuation du bac. Il rinça la cuvette et laissa couler l'eau du robinet. Il se lava le visage, se rappelant la sensation de bien-être qu'il éprouvait chaque fois que l'eau glacée lui fouettait les joues. L'eau le réveillait, le mettait en alerte, lui activait les neurones.
Ferroni pensa au scarabée; il l'imaginait en train de marcher le long du tuyau d'écoulement, cherchant à s évader de cette prison sombre et tubulaire. Soudain, là, debout dans la cour, près du bac à laver le linge, il frissonna. Il se rendit compte qu'il n'était pas prudent de sortir en maillot de corps de si bonne heure. Il pouvait prendre froid. Il n'était pas habitué à des petits matins si frais en plein été.
A Buenos Aires, c'était différent. On n'était pas plus tôt réveillé qu'on sortait aussi dans la cour, mais pour pouvoir respirer, pour ne pas continuer d'étouffer dans sa chambre, pour se décoller une fois pour toutes de ce matelas brûlant qui adhère au dos et oppresse par en dessous. S'il restait là, il allait prendre froid. En plein mois de janvier. Ferroni entra dans la chambre, résolu à se couvrir.
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