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Auteur : Philippe Besson
Date de saisie : 02/04/2009
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Julliard, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-260-01770-7
GENCOD : 9782260017707
Sorti le : 08/01/2009
La confession d'une amitié brisée, sur fond historique : l'histoire des Etats-Unis, de 1945 à 1975, depuis Hiroshima jusqu'à la Guerre du Vietnam. L'auteur y développe les thèmes que l'on retrouve dans toute son oeuvre littéraire : la rupture, la mort, l'absence, l'abandon. Une écriture sensible, rythmée, visuelle.
Paul Bruder et Thomas Spencer sont nés le même jour. Ce hasard va les rendre inséparables.
Leur enfance, insouciante et paisible, s'écoule au rythme du fleuve qui marque la frontière entre Mississippi et Louisiane.
À l'adolescence, leur amitié résiste à l'épreuve des amours et des convictions naissantes. Heureux, ils ne prêtent pas attention aux orages qui s'annoncent.
De la guerre de Corée à celle du Vietnam, d'Elvis à Marilyn, de la douceur des années 50 à la turbulence des sixties, leur destin va épouser les espérances et les convulsions d'un pays qui change.
Mais surtout, Paul et Thomas vont croiser la route de Claire MacMullen, une jeune femme libre.
Donc dangereuse.
Dans une période troublée, la part obscure des individus se révèle. Et peut même les conduire à commettre l'irréparable.
Philippe Besson, l'auteur de L'Arrière-saison et d'Un homme accidentel, poursuit son exploration des États-Unis. Il livre une chronique intimiste, traversée par l'histoire collective.
Tout sera banal dans la vie de Thomas, ses amours avec les différentes Mary, Louise, Caroline, Liz, Claire, son parcours universitaire. Tout, sauf son amitié avec Paul, d'abord exclusive, qui peu à peu se lézarde quand chacun de son côté fait ses expériences sexuelles et sentimentales, puis lorsque la politique les sépare radicalement. L'analyse est menée très finement, la jalousie, les souffrances indiquées avec tact. Ils en viennent à ne plus se confier l'un à l'autre, eux qui étaient unis comme des jumeaux : «Notre silence sur ce qui nous arrivait, c'était notre manière de préserver l'autre et d'entretenir le mythe de ce qui nous avait unis. Ce silence était une erreur grave. Il nous a éloignés davantage encore.» Jusqu'à la trahison et à la catastrophe finale. Mais parler de catastrophe donnerait l'idée d'un roman à effets, spectaculaire par quelque côté. Le talent de Philippe Besson, la manière douce et tendre qui lui attire de plus en plus de lecteurs, consiste au contraire à ne jamais élever la voix, à rester dans le banal sans tomber dans l'insignifiance, à montrer que les mouvements du coeur forment l'essentiel d'une vie humaine.
C'est facile à retenir : Paul et moi, nous sommes venus au monde le jour où l'Enola Gay a balancé sa cargaison sur une ville du Japon appelée Hiroshima. Le 6 août 1945.
Un jour inoubliable.
Il n'y en a pas tant que ça.
Nous avons grandi à Natchez, à quatre-vingt-dix miles au nord de Bâton Rouge. Ce n'est plus la Louisiane, pourtant. C'est déjà le Mississippi.
Le fleuve est une frontière.
Une précision, sans importance, sauf pour moi : je ne suis pas né à Natchez mais à Savannah, en Géorgie. Une des plus jolies bourgades d'Amérique avec ses bâtisses blanches, ses balcons en fer forgé, du lierre grimpant s'enroulant autour des colonnes, des jardins, des statues de bronze et de la douceur. Cela peut sembler surprenant d'en être parti (pourquoi fuir un décor de carte postale ?) ; pourtant l'explication est simple : ma mère voulait déguerpir, aller le plus loin possible, en finir avec ses vingt ans saccagés (j'en reparlerai). Le plus loin qu'elle a pu, c'a été les rives du Mississippi. Nous y avons échoué à la fin de l'automne 1945, j'étais un nourrisson.
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