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.. Les violettes sont les fleurs du désir

Couverture du livre Les violettes sont les fleurs du désir

Auteur : Ana Clavel

Traducteur : François Gaudry

Date de saisie : 02/04/2009

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispano-américaine

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-86424-674-9

GENCOD : 9782864246749

Sorti le : 12/02/2009

Julien a hérité de la fabrique de poupées de son père. Mais aujourd'hui, désenchanté, abîmé, troublé par la vie, il décide de créer une nouvelle "gamme" de poupées : ce sont des "poupées-pansements", des poupées de substitution, qui connaissent un succès considérable, non plus auprès des enfants, mais auprès des adultes. Confession à la fois scandaleuse et pudique, introspection au coeur de la perversité, ce roman est aussi une méditation poétique sur l'art, le parfum, la folie. Ana Clavel, plasticienne et romancière, a l'art et la manière d'exprimer l'intolérable.


  • Les présentations des éditeurs : 20/12/2008

Ana Clavel
Les Violettes sont les fleurs du désir

TRADUIT DE L'ESPAGNOL (MEXIQUE) PAR FRANÇOIS GAUDRY

Julián Mercader, héritier d'une fabrique de poupées, éprouve du désir pour sa fille Violeta. Angoissé à l'idée de passer à l'acte, il crée une série de poupées, les Violettes, qui lui servent de substitut. Mais ces Violettes, présentées lors d'une foire internationale, commencent à incarner les fantasmes de nombreux clients qui passent des commandes extravagantes. Le succès de l'entreprise fait de Julián la cible d'une société secrète. Et il finira par découvrir plus pervers que lui...
Ce récit d'une sublimation est remarquable à plusieurs titres. Par son climat mystérieux, captivant, plus suggestif qu'explicite, servi par un art subtil de provoquer le trouble qui n'est pas sans rappeler Cortázar et Nabokov. Mais il l'est surtout par une écriture tenue de bout en bout, souple, insinuante, sans faiblesse ni complaisance. Remarquable aussi le talent d'Ana Clavel d'inscrire mezza-voce, par la bouche de son personnage mais sans jamais alourdir le déroulement de l'intrigue, une méditation poétique sur l'art de Hans Bellmer, le désir, les parfums, la folie. Un roman singulier et délicatement scandaleux.

Ana Clavel est née à Mexico en 1961. Romancière et plasticienne, elle a obtenu avec Les Violettes sont les fleurs du désir le prix Juan Rulfo 2005, décerné par Radio France Internationale.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 11 mars 2009

Ana Clavel est plasticienne, précision nécessaire pour mieux appréhender la recherche esthétique dont témoigne ce premier roman traduit en français...
Ecrire sans contrainte morale, c'est l'objectif d'Ana Clavel, qui décrit le fantasme comme un mélange de folie et de lucidité, et dont le récit est une oeuvre choquante, érudite, singulière.


  • Les courts extraits de livres : 20/12/2008

Le viol commence par le regard. Quiconque se penche sur le puits de ses désirs le sait. Ou contemple ces photographies de poupées torturées, ligotées, chair en floraison emprisonnée et disposée pour le regard de l'homme qui guette dans l'ombre. Je veux dire que l'on peut aussi se pencher à l'extérieur et découvrir, par exemple, dans la photographie d'un corps attaché et sans visage, un signe absolu de reconnaissance : l'appât qui libère les désirs impensés et leur force d'abîme insondable. Car s'ouvrir au désir est une condamnation : tôt ou tard nous chercherons à étancher notre soif- pour en souffrir de nouveau peu après.
Maintenant que tout est passé, que ma vie s'éteint comme une pièce naguère lumineuse qui cède inexora­blement la place aux ombres - ou, ce qui est pareil, à la lumière la plus aveuglante -, je me rends compte que tous les philosophes et les penseurs qui ont cherché des exemples pour expliquer le non-sens de notre existence ont laissé dans l'oubli une ombre tutélaire : Tantale, le toujours désirant, condamné à frôler la pomme du bout des lèvres sans jamais pouvoir la dévorer.
Je dois avouer que lorsque j'ai appris son histoire, l'adolescent que j'étais s'est senti troublé, pendant cette matinée pluvieuse en classe, au récit du professeur d'histoire, un homme encore jeune et réservé qui avait sûrement fait ses études dans quelque séminaire.


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