Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : David Lodge
Traducteur : Suzanne V. Mayoux
Date de saisie : 15/02/2010
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Rivages, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782743613358
GENCOD : 9782743613358
Sorti le : 14/01/2005
Dans son dernier roman, Pensées secrètes, l'écrivain Henry James apparaissait en filigrane. Dans celui-ci, il se tient au centre de la scène. L'histoire commence en décembre 1915, alors que Henry James meurt entouré de ses proches et de ses domestiques - puis recule pour lever le rideau sur les années 1880. Apparaissent alors George du Maurier, l'ami cher, artiste et illustrateur de métier et Constance Fenimore Woolson, écrivain américain avec qui James entretient des relations aussi étroites que platoniques.
C'est à cette époque que Henry James décide, pour contrer le faible succès public de ses livres, de chercher la fortune et la renommée au théâtre. Il se lance dans l'écriture de pièces tandis que son ami George, dont la vue
s'affaiblit, se met, lui, à écrire des romans. Les conséquences pour les deux hommes vont être tout à la fois comiques, tragiques, surprenantes et ironiques : tandis que Trilby, le roman de Georges, devient le best-seller du siècle au grand étonnement de l'auteur lui-même, Henry se voit hué le soir de la première de sa pièce Guy Domville.
Grouillant de personnages campés d'un trait vif - certains d'entre eux célèbres, d'autres obscurs - L'auteur !
l'auteur ! offre le fascinant panorama d'une vie littéraire et théâtrale qui présage en bien des points l'actuelle
confusion des genres entre l'art, le commerce et la publicité.
Avec ce mélange d'humour britannique et de mélancolie douce qui est sa marque de fabrique, David Lodge dépeint surtout, à travers la figure captivante et mystérieuse de Henry James pour qui il éprouve une immense
empathie, les obsessions, les espoirs, les rêves, les déceptions et les triomphes de ceux que l'on appelle les gens de plume. L'épigraphe du livre le résume à la perfection : «We work in the dark we do what we can- we give what we
have. Our doubt is our passion and our passion is our task. The rest is the madness of art.»
Le livre vient de sortir en Angleterre, aux États-Unis et en Italie.
David Lodge est issu d'une famille catholique modeste, d'une mère secrétaire et d'un père professeur de danse.
Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il fut particulièrement marqué par ses conséquences lors d'un voyage à Heidelberg en 1951, afin de voir sa tante qui travaillait au quartier général de l'armée américaine, en constatant les différences entre l'Angleterre en reconstruction et l'Allemagne en plein essor économique.
Il a fait ses études à Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu'en 1987 avant de se consacrer à l'écriture.
Plusieurs de ses romans dépeignent avec humour les milieux universitaires et littéraires. La société de l'Angleterre contemporaine en général, se trouve sous la critique de sa plume.
Henry James va mourir. C'est à Londres, en 1915, que David Lodge, l'auteur de farces à l'humour très britannique et l'excellent metteur en boîte des milieux universitaire, journalistique et psychanalytique de son pays, a recueilli les dernières paroles du maître américain, qui adopta la nationalité britannique à la fin de sa vie. Dans «l'Auteur ! l'auteur !», Lodge dresse un émouvant portrait de l'artiste en gentleman désabusé : «A la fin du XIXe siècle, raconte Lodge, Henry James était très à la mode en Angleterre, avec des livres comme "Daisy Miller" ou "Portrait de femme". Mais ses livres suivants, plus aboutis, plus ambitieux, n'ont pas marché, alors que James pensait justement qu'ils allaient marquer leur temps. Il se tourna vers le théâtre, mais connut un échec cinglant.» Car James fut grand romancier, mais piètre dramaturge...
... David Lodge vient d'écrire un formidable roman. On le lit avec la délectation que procure l'intelligence lorsqu'elle s'allie à la plus grande délicatesse, et qu'elle exclut la caricature. Un roman vrai, ou du moins vraisemblable, puisqu'il s'applique à décrire une figure réelle des lettres anglo-américaines : le génial Henry James. Pour cette tâche, le romancier britannique David Lodge - qui est aussi un universitaire et un critique littéraire avisé - s'est appuyé sur toute l'information disponible concernant l'auteur des Ailes de la colombe. A partir d'un épisode précis, il brosse un étonnant et libre portrait de l'écrivain. Il propose ainsi quelques hypothèses plausibles pour lever les énigmes que les biographes et les commentateurs de James, Leon Edel en tête, avaient abordées avec prudence...
Il a, dans la poche de sa redingote, un carnet. Il note. Tout et n'importe quoi. Un bon mot d'un de ses amis, une histoire entendue à son club. On ne sait jamais, cela peut toujours servir, devenir, un jour, la trame d'un futur roman. Il, c'est Henry James (1843-1916), «l'immense, l'incontestable, l'unique» écrivain américain devenu sur le tard citoyen britannique.
Le très british David Lodge, avec le toupet qu'on lui connaît (lire et relire ses sarcastiques romans Jeu de société, Un tout petit monde, Thérapie), fait de «HJ» le héros de son dernier livre, un héros qui n'a pas le beau rôle... Lodge frôle la méchanceté, use de l'humour pour critiquer la posture de l'homme de lettres (qu'il est lui-même), mais ne cache pas sa tendresse pour ce HJ devenu après sa mort un «classique» Hélas... L'auteur ! L'auteur !, sous sa verve drolatique, est aussi le roman de la solitude... «Il n'y a rien de plus triste qu'un livre condamné d'évidence à ne trouver qu'une poignée de lecteurs», soupire HJ. Puisse celui-ci trouver mains accueillantes !
On sait que David Lodge s'est acquis une réputation de gentleman flingueur, dont la cible favorite est l'Angleterre branchée, pseudo-intello, qui fait profession de cuistrerie sur le gazon de ses campus. Cette comédie, le roi David la dénonce en souverain. Il a l'oeil roublard de Sempé et la dent mordante de Courteline, mais il est parfois agacé qu'on le range systématiquement au rang des rigolos. Il change alors de braquet et signe des livres extrêmement sérieux. Pensées secrètes, par exemple. Ou ce vrai-faux roman déguisé en biographie, L'Auteur ! L'auteur !, consacré à Henry James.
Ce maître-là est l'un des plus exquis. Mais, s'il passe aujourd'hui pour le Balzac des lettres anglo-saxonnes, il fut aussi terriblement humilié... Lodge brosse un portrait poignant de ce météore qui resta trop souvent la proie de l'ombre...
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia