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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Anne Le Diberder
Date de saisie : 02/12/2008
Genre : Arts
Editeur : P. Picquier, Arles, France
Collection : Beaux livres
Prix : 29.50 € / 193.51 F
ISBN : 978-2-8097-0060-2
GENCOD : 9782809700602
Sorti le : 31/10/2008
J'ai été partout.
J'ai vécu dans toutes les capitales.
J'aime beaucoup Tokyo
mais être étranger à Paris
me donne la distance qu'il me faut
pour comprendre.
Prises de sites
Plutôt que d'embarquer Foujita dans une longue étude, nous avons tenté de l'approcher en utilisant des sites différents. Retenir un site, c'est voir un paysage sous un certain aspect qu'un autre site permettra de regarder autrement.
Les «Paris de Foujita» ouvrent ce volume. Ce premier site s'efforce de comprendre le moment où le jeune homme débarque dans la ville qui est, dans ces années-là, la capitale de la peinture. Saisir le peintre lors de son arrivée en France, c'est, si l'on veut, s'arrêter à un point de rencontre, ou de jonction : porteur d'une culture essentiellement orientale, même s'il a suivi au Japon des cours d'initiation à l'art de l'Occident, Foujita se trouve confronté à un regard - celui des peintres occidentaux - qui trouble et bouleverse profondément sa vision du monde. On peut avancer, sans exagérer, qu'il en demeure interdit. À tous les sens du mot : en arrêt devant ce qu'il commence à percevoir des représentations du réel par une culture étrangère à la sienne et, aussi, comme frappé d'interdit devant ce réel qu'il n'avait jamais envisagé de cette façon. Ses premiers tableaux en feront foi, qui cherchent encore le point de fuite qu'impose la perspective. Il y a en eux un je ne sais quoi d'aplati, comme si le regard japonais ne parvenait pas à voir cet univers de la ville qui est désormais le sien comme nous, Occidentaux, le regardons et le transcrivons. Le fait qu'il peigne Paris à la saison où il y débarque - l'automne puis l'hiver - donne à ses premières peintures une monochromie qui étonne les amis peintres qu'il fréquente : ils n'ont jamais vu leur ville ainsi. Il faut ajouter que Foujita est littéralement happé par un «climat» effervescent. S'il a laissé sa fiancée au Japon, il découvre un univers féminin en quelque sorte démultiplié. De nombreux modèles errent dans Montparnasse en compagnie des peintres. La femme devient ainsi celle qui arrête le regard et qu'il faut arrêter dans ses toiles. Elle est partout dans la ville, au Dôme ou à la Coupole, dans les ateliers comme dans les nombreux bals qui animent la vie du quartier.
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