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Auteur : David Fée | Sylvie Nail
Date de saisie : 02/12/2008
Genre : Politique
Editeur : Presses Sorbonne nouvelle, Paris, France
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-87854-443-5
GENCOD : 9782878544435
Sorti le : 02/12/2008
La Grande-Bretagne, berceau de la révolution industrielle et, à ce titre de la ville moderne, n'a jamais cessé d'alimenter la réflexion sur la ville. C'est ainsi qu'à la fin du XIXe siècle le mouvement des cités-jardins naît en réaction aux conditions de vie urbaines. Puis, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la création de villes nouvelles tente d'apporter une réponse à la surpopulation urbaine. Cependant, depuis les années 1960, les villes anglaises paraissent en proie à une crise caractérisée par la fuite des classes moyennes, l'effondrement de leur base industrielle et le déclin du tissu urbain, en dépit des multiples programmes urbains.
Paradoxalement, bien que la base électorale du parti travailliste soit traditionnellement ancrée en milieu urbain, les engagements du parti en 1997 ne faisaient guère de place à la politique de la ville. En dépit de ce silence, trois ans après l'élection du parti travailliste, en 2000, la politique de la ville est devenue un axe fort et les villes anglaises bénéficient d'un nombre toujours croissant de mesures et de programmes. Ceux-ci ont-ils permis l'épanouissement d'une véritable renaissance urbaine au début du XXe siècle, comme l'affirme le gouvernement, ou ne constituent-ils qu'une tentative inaboutie ? C'est autour de cette question que s'articule cet ouvrage, à travers huit articles consacrés à un éventail de sujets allant de l'urbanisme et du patrimoine urbain à la condition de la jeunesse et au rôle de la culture, en passant par l'évaluation et par l'étude des deux municipalités de Birmingham et de Neston et celle de la région des West Midlands.
Sylvie Nail est professeur en civilisation britannique à l'université de Nantes. Ses recherches portent sur l'étude des formes symboliques du rapport à l'environnement et sur l'élaboration culturelle de ce rapport en Angleterre, ainsi que sur les politiques publiques relatives aux espaces verts.
David Fée est Maître de Conférences en civilisation britannique à l'université Sorbonne nouvelle - Paris 3 - Les politiques de logement en Grande-Bretagne constituent l'objet de ses recherches. Ses travaux actuels portent sur la crise du logement en Grande-Bretagne.
Extrait de l'introduction :
Cet ouvrage trouve son origine dans un paradoxe. Bien que la base électorale du parti travailliste soit traditionnellement ancrée dans les villes et que le Labour puisse se targuer de s'être penché le premier au chevet des villes britanniques par le biais du Urban Programme de 1968, les engagements électoraux du parti de 1997 ne faisaient guère de place à la politique de la ville. Alors que les Travaillistes avaient assuré les Britanniques dans leur programme électoral qu'ils satisferaient «les besoins spéciaux de ceux qui travaillent et vivent dans les zones rurales» (The Labour Party, 1997), ils étaient demeurés muets sur la question urbaine.
En dépit de ce silence, une fois Tony Blair élu, la politique de la ville est rapidement devenue un axe fort de l'action gouvernementale et les villes anglaises (et non plus britanniques, du fait du transfert de certains pouvoirs aux nouvelles institutions écossaises, galloises et nord-irlandaises) ont bénéficié d'un nombre toujours plus grand de mesures et de programmes.
Il est possible de dater les débuts de la politique néo-travailliste de la ville à la nomination en 1998 par le vice-Premier ministre de l'époque, John Prescott, d'une commission urbaine, la Urban Task Force (la métaphore militaire vaut d'être relevée) dont la mission était «d'étudier les causes du déclin dans les villes et cités anglaises et de recommander des solutions pratiques» (UTF, 1999). Bien que le Conseil de l'Europe ait été le premier à appuyer l'objectif d'une renaissance urbaine et que le Greater London Council ait utilisé le terme dès 1980 dans le cadre de Vinner city, le rapport de la commission en 1999, intitulé Towards an Urban Renaissance, devait offrir au gouvernement de Tony Blair le slogan qui allait résumer entre 1999 et 2007 sa politique de la ville. La «renaissance urbaine», que la commission appelait de ses voeux, y était définie comme la nécessité de «créer la qualité de vie et la vitalité qui rendent désirable la vie en ville» (UTF, 1999). Le rapport jetait par ailleurs les bases des mesures à venir : il formulait 105 recommandations dans le but d'engendrer une véritable culture urbaine en Angleterre et de rendre aux Anglais fierté dans leurs villes, objectif pour le moins surprenant pour une nation de citadins.
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