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Auteur : Arlette Sérullaz | Edwart Vignot
Date de saisie : 06/12/2008
Genre : Art - Peinture
Editeur : Citadelles & Mazenod, Paris, France
Prix : 59.00 € / 387.01 F
ISBN : 978-2-85088-268-5
GENCOD : 9782850882685
Sorti le : 22/10/2008
«Les tigres, les panthères, les jaguars, les lions. D'où vient le mouvement que la vue de tout cela produit chez moi.» écrivait Delacroix dans son Journal le 19 janvier 1847.
En fait, les études d'animaux jalonnent toute sa carrière. Très jeune, sous l'influence de son ami Géricault, il dessine de nombreuses études de chevaux tandis qu'il est fasciné par la beauté des fauves étudiés au Jardin des Plantes en compagnie de Barye. Ces études plus ou moins poussées ont donné naissance autour des années 1850 aux grandes compositions tourbillonnantes des chasses (chasses au lion, au tigre...), enchevêtrement d'hommes, de chevaux, de fauves d'une extraordinaire puissance dynamique.
A ces deux thèmes de prédilection, doivent s'ajouter les oeuvres plus personnelles que Delacroix exécuta d'après les animaux domestiques ou exotiques. Au-delà de ces oiseaux ou de ces mammifères, il y a cet univers moins connu, peuplé de serpents, dragons, hippogriffes et autres centaures que l'artiste explora tout au long de sa vie.
Si comme l'affirmait Eugène Véron en 1887 : «tout a été dit sur les animaux de Delacroix», ce bestiaire inédit, composé d'oeuvres sélectionnées dans les plus grandes collections publiques et privées du monde entier, montre à l'évidence que Delacroix demeure encore de nos jours un génie incompris, sauvage et fantastique.
Arlette Sérullaz et Edwart Vignot nous accompagnent dans cette promenade inédite consacrée à toutes sortes d'animaux, attendus et inattendus.
Arlette Sérullaz, conservateur général du Patrimoine, ancienne directrice du musée Delacroix, Paris
Edwart Vignot, historien d'art, journaliste.
Extrait de l'introduction :
Qui aurait imaginé que le peintre du célèbre tableau La Liberté guidant le peuple (musée du Louvre) était féru d'animaux, quels qu'ils fussent. Eugène Delacroix a peint l'Histoire et la Littérature, l'Orient et l'Occident, la Pudeur et la Démesure, mais il a également conçut un bestiaire fait de crayon, de plume et d'encre, de pigments et de peintures et ce pour servir au mieux ses hôtes issus d'une nature réelle ou imaginaire. Génial «créateur» d'une faune majestueuse, curieuse ou laborieuse, l'artiste s'est construit une arche esthétique dans laquelle il fit monter et se côtoyer paisiblement ou passionnément chevaux, lions, tigres et félins, chats et chiens, oiseaux de toutes plumes, animaux de tous poils, exotiques ou domestiques autant qu'horrifiques et fantastiques : bienvenue alors aux crapauds, serpents, hippogriffes, centaures et autre monstre python. Au travers de cette iconographie inédite, Delacroix nous plonge dans un monde auquel lui seul avait rêvé. Un univers personnel et foisonnant qui fut le reflet de ses sentiments les plus intimes. Ceux qui nous livrent parfois par la métaphore une vision de la société dans laquelle ni l'homme ni l'artiste ne se reconnaissait plus.
«[...] Au coeur de la ville, Delacroix peut ainsi s'imaginer l'autre nature, la nature sauvage. Il vit ce regard jeté sur la multiplicité et l'histoire de la nature comme un agrandissement et une libération, sous forme de voyage imaginaire. Vers la fin de son récit sur les animaux, il mentionne Rubens, ce qui revient à dire que l'élaboration artistique de ce qui est vu est présente en permanence à son esprit ; la joie qui s'empare de lui provient aussi d'une réflexion sur l'art. Il cherche par lui à dépasser "l'habituel", les "petites idées", les "petites inquiétudes du moment ". Le lieu scientifique de la recherche de la nature, avec ses objets de contemplation au milieu de la ville, lui permet un regard d'ensemble distancié et aide l'imagination à retracer en détail le tout, la continuité générale de la nature (intérieure et extérieure) [...].»
Derrière l'image de ce bel animal tigré, immuable et racé, se cache en vérité Delacroix en personne, cet être sauvage dont le regard perçant sut capter l'essence de la nature humaine et animale. L'artiste par son immense talent deviendra l'acteur principal d'un mouvement qui marquera à jamais l'histoire de l'art du XIXe siècle : le romantisme. Le bestiaire d'Eugène Delacroix nous fait découvrir et pénétrer dans le plus merveilleux parc animalier sans doute composé par un artiste français. Sa vie durant, Delacroix n'a cessé d'observer les animaux. Bien plus, vers le tard, il préféra leur compagnie à celle des personnalités de son temps. Ce bourgeois voltairien, ce sceptique solitaire, pour qui les hommes étaient «des tigres et des loups animés les uns contre les autres», nous a laissé ainsi une description lyrique de sa visite au Jardin des Plantes, le 19 janvier 1847 :
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