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Auteur : François Taillandier
Date de saisie : 12/12/2008
Genre : Littérature, essais
Editeur : Bartillat, Paris, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-84100-441-6
GENCOD : 9782841004416
Sorti le : 30/10/2008
Cette importante évocation de Barbey d'Aurevilly est aussi la confession, le dévoilement d'un auteur d'aujourd'hui et de la formation de son goût en littérature. Taillandier fut un adolescent d'autrefois qui avoue avoir dans un matin d'hiver dévoré en douce l'Ensorcelée ouvert sur son manuel de physique. Cette scène date de 1970, Taillandier a quinze ans, il est en seconde, pourtant il semble échapper à son époque : "J'aime l'Empire parce qu'il est glorieux ; la Restauration parce qu'on y est romantique; "la Belle Epoque" parce qu'on est spirituel. J'aime toutes les époques, en somme sauf la mienne".
Voilà posée les prémisses d'un portrait en mirroir où l'oeuvre et la vie des deux écrivains vont se répondre. Chacun ayant traversé son époque sans l'aimer totalement, mais en la comprenant au plus haut point.
François Taillandier se livre à une étude approfondie des relations de Barbey avec son temps, et tente de tirer pour nous, notre temps la morale littéraire qui s'impose. Barbey se bat et se débat avec ses contemporains et a tenté de traverser son siècle en restant fidèle à son amour de la littérature, ses engagements, sa dignité.
C'est à la lummière cette exigence et de l'admiration qu'elle lui suscite que Taillandier offre ici un portrait fougueux, moderne et engagé d'une sorte de double.
Grand prix du roman de l'Académie française pour Anielka (1999), François Taillandier est également l'auteur d'essais sur Borges, Aragon et Balzac.
Dans un essai passionnant, l'auteur d'«Anielka», François Taillandier, explore les tréfonds de l'oeuvre de Barbey d'Aurevilly, authentique réfractaire...
Un réfractaire à son époque. Par vocation, fatalité ou caractère, mais qui «se refuse en tout cas aux génuflexions d'usage, aux lieux communs du temps, convaincu que partout et en toute occasion, ce à quoi la majorité adhère aisément devient ipso facto une imbécillité ou un mensonge». Voici donc Jules Barbey d'Aurevilly qui se savait «destiné à faire une littérature inacceptable». Pourtant, le portrait de lui que dresse l'auteur d'Anielka est nuancé, voire ambivalent...
c'est dans cet essai précis, personnel et sans effets de manches qu'il convient de se plonger pour retrouver le souffle de l'écrivain qui «nous emmène loin de bien des pensées admises et des conforts banalisés» en interrogeant notre temps de la même façon qu'il brava le sien. Et Taillandier, dans le sillage de son sujet, de nous soumettre une maxime à l'allure de morale afin de sonder les reins du présent : «Être minoritaire, ce n'est pas répondre différemment aux mêmes questions, c'est poser d'autres questions.»
Il signe un bel éloge du «Réfractaire Barbey d'Aurevilly», qui avait «la vigueur fulminante d'un pape du Moyen Age» et jeta de l'eau-de-vie sur un siècle d'eau sucrée. Chrétien revendiqué, il se reconnaît d'autant mieux dans le possédé des «Diaboliques» qu'il n'a jamais éprouvé le sentiment d'être de son époque (il est né en 1955 à Clermont-Ferrand, et Edmond Rostand fut son Bob Dylan). «En conjurant la proclamation urbi et orbi du catholicisme le plus intransigeant et l'exploration romanesque - non moins intransigeante, en somme - des labyrinthes du désir et de ses damnations, Barbey se rend délibérément irrécupérable de tous côtés.» C'est ce qui plaît secrètement à François Taillandier : une rage de forcené, une audace sans limites, une intolérance, qui ne sont pas dans sa nature et dont nul, en 2008, n'a hérité. Il y a presque de l'envie et du regret dans ce brillant exercice d'admiration.
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