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Auteur : Achille Zavatta
Préface : Pierre Mac Orlan
Date de saisie : 13/11/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Cartouche, Paris, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-915842-35-7
GENCOD : 9782915842357
Sorti le : 24/10/2008
«Cet essai de définition suffit, je crois, pour présenter Achille Zavatta comme un des meilleurs artistes de la piste, un des clowns-augustes parmi les plus efficaces dans le domaine réconfortant du rire sans arrière-pensée.»
Pierre Mac Orlan
L'auteur : Achille Zavatta est né en 1915 et décédé en 1993. Il a été clown, pratiquant aussi le trapèze, le domptage et la musique.
Les Editions Cartouche, qui ont déjà sorti de l'oubli un récit d'Armand Gatti en dompteur de lions, un roman satirique d'Alphonse Daudet sur l'Académie française, un traité de savoir-vivre chez les truands d'Albert Simonin, et d'étonnants récits de voyages chez les Chleuhs ou les Gagaouzes, ont la belle idée de rééditer les souvenirs de Zavatta. Ce n'est pas seulement un témoignage émouvant, c'est aussi un précieux document...
Achille Zavatta était l'héritier de Gros Guillaume et de Tabarin, l'égal de Grock et des Fratellini. Pierre Mac Orlan admirait sa réussite «dans le domaine réconfortant du rire sans arrière-pensée». Il contrariait le préjugé qui fait du clown, après qu'il a quitté la piste, un homme triste. Franc-maçon, ami de Django Reinhardt, de James Cagney et d'Erich von Stroheim, il était aussi gai en scène que dans sa verdine et répétait que «bon sang ne saurait mentir». Sa fille, Lydia, dont il rêvait de faire une championne de l'accordéon, créa en 1996 son propre cirque. En hommage à son père, qui avait lu chez Jules Renard que «nous sommes ici-bas pour rire. Au paradis, ce ne serait pas convenable».
Le Cirque ? c'est pas du billard !
Bonjour à tous ! C'est moi que v'là ! Aujourd'hui, j'entame un travail qui n'est pas spécialement le mien : écrire des souvenirs comme Maurice Chevalier.
Je vous avoue tout de suite que je ne postule pas au Goncourt, encore moins à la vieille dame du bout du quai. Mon vrai «job», c'est d'amuser les foules. En piste, je me sens bien chez moi. Devant une feuille de papier, je pense que je ne dois pas avoir très bonne mine. De vous à moi, j'aime mieux tenir ma trompette qu'un stylo à bille.
A «bille de clown», comme on dit dans le grand monde.
Voici donc «mes trente ans de cirque». Un drôle de bail que j'ai vécu sur toutes les routes du monde. Vous allez penser que si j'ai plus d'un quart de siècle de souvenirs, c'est que je suis décati, versant légèrement dans la sénilité. Bref que je suis le Mathusalem du chapiteau !
Non, voyez-vous, si je peux vous conter trente années de souvenirs, c'est que dans la grande famille du cirque on entre très tôt dans la carrière, alors que nos aînés y sont encore.
Je ne tiens pas à jouer les grandes coquettes, alors disons franchement que je suis né dans une verdine cahotante, voici bientôt trente-huit ans. La chose s'est passée dans les environs de Tunis. Exactement où ? Nul ne le sait, car aucune plaque commémorant l'événement n'est encore apposée sur ce lieu historique. Mais si je me réfère à l'état civil, je suis légalement entré dans le monde à La Goulette (le port de Tunis) le 6 mai 1915.
En réalité, je dois être plus âgé de quelques jours, car les gens du voyage sont d'une négligence folle pour toutes les formalités administratives, et comme en Tunisie, il n'y a pas une mairie à tous les carrefours, je pense que mes parents ont attendu une grande ville pour déclarer leur progéniture.
Dans leur esprit, ça devait faire plus sérieux.
Je figure sur les registres officiels et républicains sous l'appellation contrôlée d'Alexandre Zavatta. Tout le monde pourtant me nomme Achille. Pourquoi ? Personne n'en sait rien. Moi surtout.
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