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Auteur : Anny Duperey | Nina Vidrovitch
Date de saisie : 02/10/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Seuil, Paris, France
Collection : Cadre rouge
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-02-087387-1
GENCOD : 9782020873871
Sorti le : 02/10/2008
Nina Vidrovitch est peintre. Anny Duperey, comédienne et écrivain. C'est en 1993, à un tournant de leur existence, que s'établit entre elles une correspondance qui dure encore.
Elles s'y livrent telles qu'elles sont, avec une honnêteté et un naturel qui les rendent immédiatement proches du lecteur. Leurs vies et les valeurs qui les soutiennent sont présentes à chaque ligne. On partage avec elles les récits et les réflexions sur leur art, la façon dont elles le pratiquent et dont elles cherchent à l'approfondir. Elles se jugent sans complaisance et observent, parfois avec admiration, souvent avec férocité, toujours avec drôlerie, les gens du métier. Dans leur quotidien, les plantes, les fleurs, les animaux tiennent une grande place. Il y a aussi, bien sûr, les enfants, la famille et les hommes. Tous les couples devraient lire ces lettres pour découvrir, à travers les expériences de Nina et d'Anny, et la franchise avec laquelle elles en parlent, l'aventure qu'est la vie à deux, ses merveilles, ses pièges, ses difficultés.
Il est beau, bon et réconfortant d'être témoin du courage, de l'humilité, de l'intelligence, de l'humour, de l'exigence que les deux amies déploient pour rester elles-mêmes, entières, comme femmes et comme artistes. Les lire, c'est prendre une leçon de vie.
Septembre 1993
Très chère Anny,
Bien sûr que je te signe ce papier, par lequel tu pourrais prendre pour ce prochain livre ce qui est à toi : ma réponse à ton livre. Mais dans mon souvenir, je n'étais moi-même pas satisfaite de ma lettre car je ne suis pas sûre qu'on puisse partager véritablement cette sorte de cataclysme : tout au plus juxtaposer les déchirures. Mais je ne suis pas à même d'en juger : la mort brutale de mon père est arrivée à une époque où régnait pour moi la loi du silence, imposée par les nazis. On ne pouvait pas partager, l'ordre des choses était ainsi. Ce que je peux te dire, c'est que ni sur ton visage, ni dans ton attitude lorsque tu es venue à l'Atelier, rien ne pouvait faire penser à un désarroi prolongé, ni à un déséquilibre.
J'ai souvent pensé que ton deuil, en quelque sorte, t'a faite ou tout au moins forgée telle que tu es, un modèle pour beaucoup de femmes pour qui tu fais bien ce que tu fais et tu es bien ce que tu es.
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