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Deux testaments

Couverture du livre Deux testaments

Auteur : Serge Filippini

Date de saisie : 21/11/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Phébus, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-7529-0316-7

GENCOD : 9782752903167

Sorti le : 21/08/2008

  • Les présentations des éditeurs : 14/11/2008

À l'heure où débute l'ascension d'Hitler, Sacha Rozner, un petit Juif parisien, jette au fourneau son livre de prières, sans savoir que même pour celui qui se veut «incroyant», la vie et l'histoire s'écrivent sur cette page blanche, fragile, qui sépare l'Ancien et le Nouveau Testament.
Adolescent, il participe à la Résistance dans les maquis de Montauban, il y rencontre la mort. 1 injustice, le courage aussi. Adulte, il épouse une survivante de la Shoah et donne naissance à deux filles, qui seront éduquées laïquement.
Mais en dépit de ses efforts pour atteindre la paix de l'âme, le sentiment mystérieux et persistant du religieux ne cessera de le poursuivre, dans un siècle pourtant attaché à tuer la religion.

Philosophe de formation, Serpe Filippini est né en 1950 dans une famille d'origine italienne et espagnole. Il est Fauteur d'une dizaine d'oeuvres de fiction dont L'Homme incendié (Phébus, 1990) et Haut Mal (Phébus, 1993) qui connurent un vif succès.



  • La revue de presse Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 20 novembre 2008

Le onzième roman de Serge Filippini se présente comme une oeuvre pleine et inspirée. Plusieurs destinées s'y donnent à lire, qui furent bouleversées par les convulsions de l'histoire au milieu du XXe siècle...
Si le roman de Serge Filippini brasse une épaisse matière historique, il fait également venir au jour une multitude de perturbations individuelles, de dérangements intimes en écho aux tremblements du dehors. Car d'âpres combats se déroulent dans le mutisme des consciences et des âmes. Le récit atteint la grandeur d'une tragédie antique, quand enfin l'on découvre combien ses personnages sortent de la norme, portés par ces déraisons visibles ou soigneusement cachées. Comme si tous, croyants et incroyants, juifs et non-juifs, en ce temps de Shoah, se trouvaient condamnés à revivre les violences et les délires de l'Ancien Testament...
Le narrateur, homme d'affaires aisé, marié à une survivante de la Shoah, père de deux filles, est désormais entré dans le «crépuscule» de sa vie. Dans son bureau, au milieu de ses livres, il continue son empoignade avec sa conscience, sinon sa foi. Jusqu'à ce qu'une face inattendue du passé se découvre tardivement à lui : de ce tumulte quelque chose était né. Sacha pouvait écrire le récit qu'il portait en lui, donner enfin forme à ce passé terrible.


  • La revue de presse Astrid de Vergnette - Le Figaro du 12 novembre 2008

Ce roman initiatique retrace la vie d'un Juif qui traverse le XXe siècle en refusant de se soumettre à la Torah...
Il y a peut-être une morale à ce roman de Serge Filippini où l'on voit, à travers les mésaventures de Sacha, qu'il ne suffit pas de se fier à sa conscience pour agir justement : les gens normaux, qui se croient assez raisonnables pour se conduire sans guide et à leur guise, sont peut-être moins sages que les «fous» qui placent la loi au-dessus de leur volonté. Ce n'est que lorsqu'il comprend cela que Sacha trouve la paix. Il a alors plus de soixante-dix ans. Dieu est coriace.


  • Les courts extraits de livres : 01/10/2008

En vérité, je ne me sentis peut-être jamais à ce point Sacha Rozner que ce jour-là, quand je roulai jusqu'au village indiqué sur le carton de Simon Vidal. L'adresse correspondait à une construction blanche, sans étage, abritée sous des pins parasols. J'observai la maison de la route. Puis j'allai garer la traction dans un chemin creux, avant de revenir à pied sur mes pas. On n'entendait d'autre bruit que le roucoulement des tourterelles sur le toit. Aucun chien ne surveillait les lieux. Les volets de bois n'étaient pas fermés. Je regardai à l'intérieur par les fenêtres : personne. La porte coulissante du garage glissa dans son rail à la première pression de ma main sur la poignée. Je l'entrebâillai. Je me faufilai à l'intérieur. Je refermai la porte. Je vis briller dans la pénombre une collection d'armes habillant le mur. Il y avait des carabines, des fusils d'assaut, des Luger volés aux Allemands, des 9 mm Beretta, un.38 Smith & Wesson à crosse blanche, un fusil militaire anglais Lee-Enfield, et même un coffret de deux pistolets de duel. Du garage, par une porte en contreplaqué qui raclait le sol en béton, on accédait au logement de Guérin - une salle à manger, un salon éclairé par une baie vitrée, une chambre, une cuisine, un cabinet de toilette. Je trouvai dans la chambre la photo de feu Mme Guérin - ce même portrait qu'il gardait auprès de lui quand il se faisait raser par Kopel pendant la guerre. Il n'y avait nulle part le moindre signe d'une présence féminine vivante. Guérin vivait seul. Il était sorti. Il ne tarderait pas à rentrer. Je consultai ma montre. Je patientai, assis sur une chaise dans la cuisine où flottait un parfum de café. La maison demeurait silencieuse. La campagne alentour était livrée aux seuls cris des oiseaux. Oui, j'étais bien moi-même. J'habitais pleinement mon corps, mon être, mon histoire et mes intentions.


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