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Vienna

Couverture du livre Vienna

Auteur : Eva Menasse

Traducteur : Eva Perrot

Date de saisie : 30/10/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Folies d'encre, Montreuil, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-907337-48-9

GENCOD : 9782907337489

Sorti le : 25/08/2008

  • La voix des éditeurs : 31/10/2008

Jean-Marie Ozanne, éditeur de l'ouvrage


  • Les présentations des éditeurs : 31/10/2008

«Aujourd'hui encore, ce sont les histoires les plus anciennes que je préfère. Leur réalité est si éloignée dans le temps que tout est permis, elles restent ouvertes à tout développement, possibles et prometteuses.»

" Mon père fut projeté dans la vie comme un boulet de canon ", ainsi débute le roman d'Eva Menasse.
Cette naissance écourte, en vrai coup de théâtre, une partie de bridge au café Bauernfeind, dans la Vienne d'avant-guerre. De fait, cette naissance symbolise le trouble d'une société juive, à l'approche de la seconde guerre mondiale. Trois générations se succèdent au coeur de ce roman au ton tragi-comique qui mêle humour viennois (schmäh) et humour yiddish. Trois générations pour déconstruire l'identité collective de cette famille, récuser les identités sociales de chacun, raconter la négociation des uns et des autres dans leurs identités personnelles.
A travers ce grand récit défile l'histoire de la famille, bricolée de faits souvent incongrus, de situations cocasses, de souvenirs burlesques. Eva Menasse tente de donner une certaine unité à ces vies, à sa vie, c'est l'objet même de cette narration. Mais les personnages, comme évadés des romans de Gogol, de Tchekhov ou de Singer, échappent à son contrôle par dérision, parfois pour la farce, souvent juste pour survivre dans la société autrichienne, éternellement décalés et facétieux.



  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 25 septembre 2008

Dans toute histoire de famille, et il faut aimer les histoires de famille pour apprécier Vienna, il y a des objets. Il est possible que ce roman soit l'album de la famille Menasse, célèbre pour le fils, Robert, romancier autrichien important, né en 1954, traduit en France chez Verdier, et pour la fille, Eva, journaliste désormais écrivain, née en 1970, mais peut-être célèbre aussi pour le père, joueur de football, si on en croit Vienna. Quoi qu'il en soit de la vérité, il y a le manteau d'astrakan de Mamie Frida, le tapis de tante Gustl, et la coupe de championnat de fléchettes remportée par Uncle Tom, qui n'est l'oncle de personne...
Mon grand-père, ma grand-mère, mon père, mon frère, mon oncle et mes cousins. En guest-stars, ma mère et ma soeur. Eva Menasse écrit tout son livre de cette manière.


  • Les courts extraits de livres : 31/10/2008

Commencement

MON PÈRE FUT PROJETÉ DANS LA VIE comme un boulet de canon. Il fut victime, avec un manteau d'astrakan, de la passion pour le bridge de ma grand-mère qui, bien que les douleurs aient commencé, tenait absolument à terminer sa partie. A une exception dramatique près, ma grand-mère a joué toutes les parties de sa vie jusqu'à la fin, car s'arrêter en plein milieu était inadmissible pour elle. Voilà pourquoi les cartes faillirent lui faire manquer la naissance de mon père. Ou plutôt, mon père faillit venir au monde sous une table de jeu tendue de feutre vert, ce qui n'aurait pas mal convenu à son caractère et au déroulement ultérieur de sa vie. Ma grand-mère n'avait qu'un plaisir dans la vie, c'était le bridge. Presque chaque jour, depuis celui où, ayant épousé mon grand-père, elle avait quitté son petit village morave pour Vienne, elle s'installait avec ses amies au café Bauernfeind et jouait. C'était sa façon de régler ses comptes avec un monde qui lui procurait peu de joies. Sur ce monde, elle fermait les yeux, allait au café et jouait au bridge.
Le jour où mon père est né, la partie traînait en longueur. On avait commandé du café. Les contractions ne semblaient pas gagner en intensité et, de toute façon, les partenaires de ma grand-mère n'en avaient cure. Au moment de se séparer, la querelle rituelle éclata entre les joueuses. L'une d'elles avait pour coutume de ne jamais régler ses dettes de jeu immédiatement et demandait toujours un délai, ce qui engendrait la confusion. Il ne s'agissait pourtant que de quelques sous. L'une ou l'autre parvenait parfois à gagner un schilling, sûrement perdu le lendemain. Aucun résultat significatif au bout du compte. Malgré cela, elles vociféraient et s'assaillaient de reproches. Deux d'entre elles ne savaient pas très bien compter, les deux autres, dont ma grand-mère, y voyaient mal, mais n'en convenaient pas.


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