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Voix off

Couverture du livre Voix off

Auteur : Denis Podalydès

Date de saisie : 25/09/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Traits et portraits

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7152-2840-5

GENCOD : 9782715228405

Sorti le : 11/09/2008

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

" Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu'un studio d'enregistrement ? Enfermé de toutes parts, encapitonné, assis devant le seul micro, à voix haute - sans effort de projection, dans le médium -, deux ou trois heures durant, je lis les pages d'un livre.
Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre. Les vivants que je côtoie, les morts que je pleure, le temps qui passe, l'époque dont je suis le contemporain, l'histoire qui se déroule, l'air que je respire, sont ceux du livre. J'entre dans la lecture. Nacelle ou bathyscaphe, le réduit sans fenêtre où je m'enferme autorise une immersion ou une ascension totales.
Nous descendons dans les profondeurs du livre, montons dans un ciel de langue. Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence. Mais de ma voix, lisant les mots d'un autre, ceux d'un mort lointain, dont la chair est anéantie, mais dont le style, la beauté de ce style, fait surgir un monde d'échos, de correspondances et de voix vivantes par lesquelles je passe, parlant à mon tour, entrant dans ces voix, me laissant aller à la rêverie, à l'opération précise d'une rêverie continue, parallèle et libre, je sais que je parle, je sais que c'est de moi qu'il s'agit, non pas dans le texte, bien sûr, mais dans la diction de ces pages.
Alors d'autres voix encore se font entendre, dans la mienne ".



  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 24 septembre 2008

Sous couvert de nous inviter à glisser un pied dans le pavillon de son oreille, Denis Podalydès nous happe sans tarder dans son monde intérieur tendre et inquiet où règne une cacophonie magistrale. Ses qualités d'écriture affleuraient déjà dans le beau livre de souvenirs Scènes de la vie d'acteur (éd. du Seuil, coll. Archimbaud). Elles éclatent ici en toute splendeur, transformant cette apologie de la parole en une bouleversante partition jazzy où le tutoiement surgit à l'improviste, en hommage à la proximité que toute voix propose à qui veut l'entendre.


  • La revue de presse Laurence Liban - L'Express du 18 septembre 2008

On se plonge avec délectation dans cet ouvrage de styliste traquant, d'affût en affût, l'expression juste et la vérité de l'être, auscultant les timbres, les inflexions, les couleurs...
Accompagnées de photos et d'un CD, les évocations se suivent, se chevauchent, mêlant grands-parents pieds-noirs, anciens professeurs versaillais, amis perdus dans une sorte d'autobiographie sonore, comme si l'être était la collection des voix qui ont résonné en lui... A ce compte, le très proustien Podalydès est une petite foule. Aux uns il se confronte, aux autres il se compare, il se désole, se console. Et, peu à peu, l'autoportrait se précise, où l'auteur délaisse le beau rôle. Seule coquetterie dans ce livre d'amour bouleversant qui vaut aussi magistrale leçon de critique dramatique.


  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point du 11 septembre 2008

Rien de plus difficile que d'écrire sur les voix. L'acteur, avec ses mots, les exhume pourtant...
Car le jeune Podalydès «à la pauvre voix flûtée d'enfant sage, timide et quelquefois polisson», se désespérait de ne pas avoir la voix de Vilar. Le désespoir a été fécond, engendrant un livre d'une exquise originalité, drôle, intime, qui résonne de mille bonheurs d'écriture.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 11 septembre 2008

C'est devenu presque indécent. Tant de dons chez un seul homme exaspèrent l'idéal de justice et découragent le principe de l'égalité des chances. On y ajoute même une vertu, qui est de ne jamais s'avantager. Bousculons donc ce timide contrarié : tout ce qu'il touche, Denis Podalydès en fait du métal précieux...
On a compris que «Voix off» - un récit augmenté de photos personnelles et accompagné d'un CD où il réunit les voix de sa vie, de Barthes à Trintignant, de Léautaud à Desarthe - est l'autobiographie fragmentée de Denis Podalydès, chaque voix appelant un souvenir, réveillant une image. Au coeur du livre, le choeur familial...
Devenu comédien par amour fou de la lecture, devenu lecteur parce qu'il avait la passion maniaque du style - Shakespeare, Chateaubriand, Claudel, Proust -, et devenu écrivain pour faire rendre gorge à son insondable mélancolie, Denis Podalydès donne à entendre, à haute voix, celui qu'il est. Un homme de parole augmenté d'une chorale. Le son est magnifique.


  • La revue de presse Sabine Audrerie - Télérama du 10 septembre 2008

Comédien, metteur en scène, sociétaire de la Comédie-Française, Denis Podalydès se révèle aussi écrivain à part entière. Il publie son deuxième livre, un autoportrait à travers les voix qui ont bercé sa vie. Parler de soi : art délicat qui ne souffre pas la médiocrité en littérature, et exercice pénible à ceux que l'indiscrétion intimide. Denis Podalydès, invité à tracer son autoportrait dans la très belle collection «Traits et portraits» de Colette Fellous, a balayé ces deux difficultés d'un revers de plume, peut-être à son insu même. On le savait déjà ardent lecteur quand on le découvrit auteur en 2006 avec un premier texte, Scènes de la vie d'acteur (Seuil/Archimbaud), où il racontait le quotidien ordinaire d'un métier extraordinaire. On le retrouve aujourd'hui écrivain, avec un de ces livres qui marquent durablement, tant d'un point de vue littéraire - chaque mot tombant juste et chaque phrase s'offrant comme une petite prouesse stylistique -, que par sa pertinence et sa force d'évocation, touchant au coeur toujours, sachant émouvoir souvent et faire rire beaucoup...
Il y a quelque chose de l'accès à une vérité et à une authenticité que tente de percer le comédien dans l'interprétation. Graal qu'il accorde à d'autres que lui, choisissant de clore son livre sur un retrait silencieux, comme un signe dû aux sans voix. La sienne, et cela impressionne, ne l'aura pas trahi.


  • Les courts extraits de livres : 18/09/2008

Est-il, pour moi, lieu plus épargné, abri plus sûr, retraite plus paisible, qu'un studio d'enregistrement ? Enfermé de toutes parts, encapitonné, assis devant le seul micro, à voix haute - sans effort de projection, dans le médium -, deux ou trois heures durant, je lis les pages d'un livre. Le monde est alors celui de ce livre. Le monde est dans le livre. Le monde est le livre. Les vivants que je côtoie, les morts que je pleure, le temps qui passe, l'époque dont je suis le contemporain, l'histoire qui se déroule, l'air que je respire, sont ceux du livre. J'entre dans la lecture. Une fois passés tous les péages (installation, réglages, échauffements, même très modestes, erreurs de démarrage, premiers bafouillages, ajustement des yeux aux caractères d'imprimerie, assouplissement de la page, tenue du volume ouvert sur la tranche, mise en suspens de ma propre vie, de mes affects), rien ne me rappelle plus à l'autre monde que la faim, la soif, pour lesquelles sont prévus bouteilles et gâteaux, ou le terme fixé pour la fin de l'enregistrement. Je n'y suis pour personne, sinon pour ceux qui m'écoutent, l'ingénieur du son, et le directeur artistique (ils vont souvent par deux). Leurs interventions, à mesure que la lecture progresse, se font plus rares. L'attention, la protection silencieuses dont ils m'entourent me séparent davantage du dehors, des autres, et de moi. Nacelle ou bathyscaphe, le réduit sans fenêtre où je m'enferme autorise une immersion ou une ascension totales. Nous descendons dans les profondeurs du livre, montons dans un ciel de langue. Je confie à la voix le soin de me représenter tout entier. Les mots écrits et lus me tiennent lieu de parfaite existence. Discret, indirect, différé, antispectaculaire, cet exercice trouvera, plus tard, sa fin dans un disque. Ils seront peu nombreux pour l'écouter, bien sûr.


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