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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Mazarine Pingeot
Date de saisie : 24/08/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Points
Collection : Points
Prix : 6.00 € / 39.36 F
ISBN : 978-2-7578-0839-9
GENCOD : 9782757808399
Sorti le : 21/08/2008
Comment elle, la mère dévouée, l'épouse aimante, pilier d'un couple admiré de tous, est-elle devenue cette meurtrière ? Par quel subterfuge est-elle parvenue à dissimuler sa grossesse aux yeux de tous, sans que personne ne s'en aperçoive, durant neuf mois ? Quand la folie et le mensonge ont-ils commencé ? En prison, dans une lettre à son mari, une femme raconte comment elle a tué son enfant.
«Cet acte-là, qui vous horrifie tous, n'est que la conséquence de ma culpabilité.»
Mazarine Pingeot est normalienne et agrégée de philosophie. Elle est journaliste pour la presse et la télévision. La parution de ce roman, à l'automne 2007, a provoqué une vive controverse, car son sujet est proche d'un fait divers réel.
«Un tour de force littéraire. L'auteur se glisse dans la tête d'une mère infanticide avec une telle justesse qu'on finit par comprendre l'incompréhensible et même par avoir de la compassion pour cette Médée d'aujourd'hui.»
Elle
Bâtiment des femmes. Le 15 avril 1999
J'avais mis des bottes, j'étais sûre d'avoir du succès, elles étaient si chères. Je ne t'ai pas parlé de la dépense, tu m'aurais fait des reproches, c'est sûr. Mais je pensais que, vu le prix, on les remarquerait. Il y avait une femme, avec un chapeau, un chapeau, comment dire, ni rond ni carré, un chapeau de détective, le même, presque le même que ma mère gardait en souvenir de mon père. C'est tout ce qu'il lui a laissé, j'aurais pu dire nous n'est-ce pas, mais le nous que nous formions, ma mère et moi, n'était que de circonstance. Dire qu'il lui a laissé est aussi excessif, il l'a abandonné, dans une pièce quelconque, il l'a oublié là, avant de claquer la porte une bonne fois pour toutes, devant ce ventre infâme que je déformais. Elle l'aurait voulu vide, ce ventre, et plein ce chapeau.
Tout le monde n'avait d'yeux que pour elle, parce qu'elle était belle je crois, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était à cause du chapeau. Alors mes bottes, bien sûr. D'une certaine manière, ça aurait pu me rassurer, tu ne les as pas remarquées toi non plus, ces bottes hors de prix, peut-être les aurais-tu trouvées jolies, sans poser de questions, parce que après tout elles ressemblent à des bottes, celles que je portais il y a dix ans déjà, depuis c'est revenu à la mode, mais est-ce que tu te soucies des modes, est-ce que tu te soucies de la manière dont je m'habille, est-ce que tu regardes jamais mes pieds ? Son chapeau, oui, parce qu'elle l'a sur la tête et que, quoi qu'on en dise, c'est toujours le visage qu'on regarde en premier.
J'avais encore raté mon entrée dans cette salle, mais comment deviner que ce serait notre dernière soirée ?
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