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Contre-jour

Couverture du livre Contre-jour

Auteur : Thomas Pynchon

Traducteur : Claro

Date de saisie : 25/09/2008

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction & Cie

Prix : 35.00 € / 229.58 F

ISBN : 978-2-02-095004-6

GENCOD : 9782020950046

Sorti le : 04/09/2008

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

L'Événement de la rentrée littéraire étrangère dans une traduction impeccable de Claro. Ce dernier sera disponible pour soutenir le livre en septembre dans les médias ou en librairies s'il le faut.
Contrairement à la réputation de l'oeuvre de Pynchon, Face au jour n'est pas à proprement parler difficile. A bien des égards, il rappelle Jules Verne, c'est un grand roman d'aventures.
Un énorme roman d'aventures, très drôle, sur l'état du monde à la fin du XIXe siècle, vu par un Pynchon en grande forme. Magistral.
Face au jour est un roman foisonnant, multiple, plein de rebondissements, qui couvre la période située entre 1893, à Chicago, et le début des années 1920, à Paris. L'auteur y évoque les luttes anarchistes dans l'Ouest américain, décrit le New York du tournant du siècle, et nous entraîne aussi en Europe, en Asie, dans le Mexique de la révolution, ainsi que dans «un ou deux endroits qui ne sont pas à proprement parler sur la carte du monde». Une multitude de personnages de fiction (aéronautes, espions, scientifiques fous, prestidigitateurs, amateurs de drogue, etc.) côtoient quelques personnages historiques (Franz Ferdinand, Groucho Marx, etc.).
Mais au coeur du livre se trouve la famille Traverse, qui en est le fil rouge. Webb, le père, un mineur syndicaliste volontiers dynamiteur et bientôt exécuté par les sbires du magnat Scarsdale Vibe. Ses quatre enfants, Frank, Reef, Kit et Lake sont tous hantés par la mort de leur père. Les deux premiers, Frank et Reef, n'auront de cesse de le venger. Kit, lui, se trouve dans une position ambigüe dès lors que ses études à Harvard sont financées par Vibe. Quant à Lake, elle épouse un des meurtriers de Webb... Le lecteur suit avec passion leurs parcours respectifs tout en s'immergeant dans les théories scientifiques de l'époque, notamment celles sur la lumière et la gémellité.
L'histoire est encadrée, ou survolée plutôt, par un groupe de jeunes aéronautes, la Confrérie des Casse-Cou, qui, de leur montgolfière, jettent un regard surplombant sur le développement planétaire de cette fiction à bien des égards décoiffante.

Thomas Pynchon est né le 8 mai 1937 aux États-Unis. Depuis les années 50, il vit dans l'anonymat le plus complet et refuse toute interview. Il est considéré par la critique américaine, comme l'un des romanciers les plus importants de sa génération.



  • La revue de presse Romaric Gergorin - Paris-Match du 25 septembre 2008

Son dernier livre, «Contre-Jour», est peut-être le plus accessible. S'inspirant de Jules Verne, Pynchon nous emmène dans une odyssée qui commence à l'Exposition universelle de Chicago en 1893 pour s'achever en apothéose à la fin de la Première Guerre mondiale. On y suit les tribulations d'un mineur anarchiste, maniaque de la dynamite, et de sa famille face aux machinations d'un industriel maléfique, Scarsdale Vibe. Gravite au-dessus de cette histoire une joyeuse bande d'aéronautes qui suit du ciel ces pérégrinations rocambolesques. Roman-feuilleton jubilatoire, «Contre-Jour» interroge le sens supposé de l'Histoire.


  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 4 septembre 2008

Mais à l'utopie scientifique répondent une réalité plus prosaïque et une autre utopie, haute en couleurs mais pas inoffensive, celle de l'anarchisme. Syndicalistes révolutionnaires ou poseurs de bombes moustachus, le roman oscille entre folklore et constat, selon un principe cher à l'auteur, celui de la double vision de la réalité sous des angles, des éclairages divers. Tout le livre peut ainsi se lire comme roman de la lumière, depuis les expériences de mesure de sa vitesse aux équations d'Einstein, de l'invention de la photo à la généralisation de l'éclairage électrique, du scintillement de l'Exposition dans la candeur de la Ville blanche à l'illumination finale. C'est à une exposition universelle de la littérature, des savoirs et des émotions que nous invite Thomas Pynchon, l'homme invisible des lettres américaines, le maître du donner à voir. Entrée libre.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 5 septembre 2008

Etincelant, un peu aveuglant parfois, comme quand on passe du noir au plein soleil : toutes les métaphores sur la lumière peuvent s'appliquer à ce bien nommé Contre-jour. Au coeur du roman, il y a d'ailleurs une histoire liée au spath d'Islande, cette calcite très pure qui divise en deux le rayon qui la traverse. Vues au travers de ce cristal, les images se dédoublent, comme se dédoublent et se démultiplient à l'envi les ramifications de cette somme en trompe-l'oeil et jeux de miroirs dont une seule lecture n'épuise pas le sens. Le grand roman de la lumière écrit depuis l'obscurité, Pynchon, c'est probable, en sourit encore.


  • La revue de presse Bernard Géniès - Le Nouvel Observateur du 4 septembre 2008

Décadent ? Son tableau du monde, entre Amérique, Europe et Asie de 1893 au début g des années 1920, est une fresque hantée par la ruine et la destruction. Obscène ? Pynchon sait faire siffler la lanière des fouets et des cravaches ! Mais il y a plus encore. Beaucoup plus...
Le ton des premières scènes évoque celui d'un roman digne de Jules Verne. Peu à peu, au fil des rencontres, l'intrigue s'étoffe, nous transportant aux côtés d'anarchistes faisant sauter leurs bâtons de dynamite, histoire d'apprendre les bonnes manières à des patrons déjà obsédés par les syndicalistes et les rouges. Puis viennent les savants fous...
Voici donc le lecteur prévenu. Pynchon mêle le réel et l'imaginaire, les voyages au centre de la terre et les pérégrinations au coeur de l'histoire, l'univers des bandes dessinées et celui des recherches mathématiques les plus farfelues ou les plus sophistiquées...
Il y a même des illuminés qui vont jusqu'à prédire «une ère de famine mondiale, de réserves d'énergie épuisées», soit «la fin de l'expérience capitaliste». «Contre-jour», récit prophétique ? Pynchon est bien trop malin pour tomber dans le panneau. Ce prodigieux encyclopédiste préfère nous offrir un somptueux voyage entre ciel et terre, légendes et fantasmes. Brillant, drôle, facétieux, il réinvente le monde comme il réinvente le roman. Vous ne le croyez pas ? Osez le lire !


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

«Allez, dédoublez l'amarrage !»
«Allons, de l'entrain... en douceur... parfait ! Paré au largage !»
«Ville des vents, nous voici !»
«Hourra ! On monte !»
C'est parmi ces exclamations enjouées que l'aéronef à hydrogène le Désagrément, sa nacelle ornée d'une banderole patriotique, son équipage constitué de cinq jeunes hommes appartenant au célèbre club aéronautique la Confrérie des Casse-Cou, s'éleva brusquement ce matin-là et prit bientôt le vent du sud.
Quand le vaisseau atteignit son altitude de croisière, et que les silhouettes restées au sol eurent diminué au point de devenir quasi micro­scopiques, le commandant Randolph St. Cosmo annonça : «Chacun à son poste de manoeuvre», et les aérostiers, tirés à quatre épingles dans leur uniforme d'été, blazer rayé rouge et blanc, pantalon bleu ciel, s'exécutèrent fougueusement.
Ils comptaient arriver le jour même à Chicago, où s'était ouverte il y a peu l'Exposition universelle dédiée à Colomb. Depuis qu'ils avaient reçu leurs ordres, les commérages parmi l'équipage excité et intrigué avaient porté presque exclusivement sur la légendaire «Ville blanche», sa grande roue, ses lacs scintillants, ses gigantesques temples du commerce et de l'industrie en albâtre, et les mille autres merveilles, de nature à la fois scientifique et artistique, qui les attendaient là-bas.
«Bigre !» s'écria Darby Suckling, qui, penché au-dessus du bastingage, voyait le bastion national se fondre dans un vert et nébuleux tourbillon, tandis que ses boucles filasse ondulaient dans le vent telle une bannière. (Darby, ainsi que s'en souviendront mes fidèles lecteurs, était le «cadet» de l'équipage, il servait à la fois de factotum et de mascotte, et chantait également les passages les plus aigus dès que ces jeunes navigateurs cédaient à l'appel impérieux de la chansonnette.) «Je boue d'impatience !» s'exclama-t-il.


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