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Auteur : Jean Guilaine
Date de saisie : 03/07/2008
Genre : Histoire
Editeur : Fayard, Paris, France
Collection : Histoire
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-213-63664-1
GENCOD : 9782213636641
Sorti le : 02/06/2008
Dans son enseignement au Collège de France comme dans ses recherches ou dans son oeuvre écrite, Jean Guilaine a imposé le Néolithique et l'Âge du bronze comme les périodes fondatrices du monde historique. Il analyse ici brillamment la longue évolution qui a conduit de l'émergence des communautés villageoises au Proche-Orient aux sociétés complexes, urbaines, puis étatiques. À l'écart de cette région motrice, l'Europe construira très tôt une identité qui ne cessera de s'affirmer face aux modèles orientaux.
Une grande fresque de Protohistoire couvrant plusieurs millénaires, bâtie à partir des plus récentes données de l'archéologie.
La tradition veut que les chercheurs élus au Collège de France y prononcent une leçon inaugurale. Il est plus rare que, parvenus à l'âge de la retraite, ils présentent un compte rendu de leur enseignement. C'est ce qu'a fait l'an dernier, avec la probité qui le caractérise, l'archéologue Jean Guilaine. A 71 ans, l'homme qui a donné ses lettres de noblesse à la période néolithique - cette mutation capitale dans l'histoire humaine - a résumé ses quatorze ans au «Collège» dans un petit texte magistral, aujourd'hui repris en volume...
Depuis qu'il s'est rendu maître du vivant, l'homme, observe Jean Guilaine, n'a cessé de détériorer la nature. Pis : dix mille ans après le formidable espoir que fut la domestication de la matière végétale et animale, une partie de l'humanité ne mange toujours pas à sa faim...
Monsieur l'Administrateur,
Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
En 1993, le Collège de France décidait, pour la première fois de sa déjà longue histoire, de créer une chaire affectée à l'étude du Néolithique et de l'Age du bronze. Certes, à trois reprises, la Préhistoire avait été honorée dans cette grande maison, mais la création d'un enseignement tout particulièrement dévolu à la Protohistoire ancienne était manifestement un signe fort : la reconnaissance d'une étape de l'histoire humaine qui n'a plus grand-chose à voir avec le monde paléolithique antérieur, monde aujourd'hui peu ou prou éteint même si, en quelques rares contrées, des populations de chasseurs-cueilleurs, de moins en moins nombreuses et toujours plus acculturées, tentent encore de tenir tête aux expansions agricoles ou à l'exploitation des derniers grands espaces peu perturbés de la planète.
L'expression «Révolution néolithique» est une image, et rien de plus. De fait, dans les quelques laboratoires où s'opéra cette transition de la chasse à l'agriculture - Proche et Moyen-Orient, Chine, Mexique, Andes, Nouvelle Guinée, Afrique sahélienne (figure 1) -, le processus semble avoir été lent, progressif, insidieux. À terme, il déboucha sur ce qui fut l'un des tournants essentiels de l'humanité puisque cette autotransformation des sociétés allait ouvrir toutes grandes les portes de la ville, de l'écriture, de l'état. Venu moi-même de l'histoire, c'est en historien autant qu'en archéologue ruraliste que j'ai abordé l'étude de cette mutation capitale qui vit l'homme commencer d'artificialiser son environnement par la maîtrise de la matière vivante - végétale et animale -, initier une sédentarisation qui allait faire de lui un villageois puis un urbain, libérer des flux démographiques aboutissant à une progressive saturation d'un espace toujours plus anthropisé, entreprendre une transformation de la société d'où allaient vite émerger élites et dominants, procéder, sous la bannière du sacré, à l'élaboration de codes symboliques, expressions de concepts idéologiques sous-jacents.
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