Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdesbibliothecaires.com, qui vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des bibliothécaires. Vous y entendrez les écrivains raconter leurs livres, et les éditeurs présenter leurs productions aux bibliothécaires. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Nous proposons également un podcast.
France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Dominique Sylvain
Date de saisie : 03/07/2008
Genre : Essais littéraires
Editeur : NIL, Paris, France
Collection : Exquis d'écrivains
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-84111-386-6
GENCOD : 9782841113866
Sorti le : 22/05/2008
Avec un humour toujours très personnel, Dominique Sylvain, dialoguiste hors pair, raconte dans cet «Exquis d'écrivains» tout en rondeurs de surprenants festins de l'empire du Soleil-Levant, où elle a vécu de nombreuses années. Nous entraînant aussi en Afrique noire et vers des ailleurs méconnus, tels Singapour ou les petites îles de la Sonde, elle mêle judicieusement ces trésors d'Asie aux souvenirs gourmands de son enfance lorraine et à quelques aventures cocasses de certains héros de ses romans.
L'auteur : Dominique Sylvain, qui a écrit de nombreux romans policiers (Baka !, Soeurs de sang...) tous publiés chez Viviane Hamy, vit au Japon depuis plusieurs années. Elle a reçu notamment le prix des lectrices de Elle en 2005, catégorie roman policier, pour Le Passage du désir. Son dernier roman, L'Absence de l'ogre, a été classé dans les meilleurs ventes de l'été 2007.
Dès le titre, on l'aurait compris, les secrets de cette femme qui séjourna quelques années au Japon et en Asie ont la saveur de mets piquants, exotiques, pour ne pas dire étranges. Au menu, quelques breuvages comme nihon shu (qu'abusivement en Occident on nomme saké, alors que ce terme générique désigne en japonais tous les alcools), soupe au potiron, avec un trait personnel de muscade ; mais aussi sashimis, makis et autres sushis ; des gâteaux de haricots rouges en forme de poissons croqués dans les rues de Tokyo, des bonbons nippons aussi esthétiques qu'insipides qui inspirent à Dominique Sylvain de très belles lignes sur Kawabata, Murakami ou Soseki.
Japon
Julie a pris froid dans l'avion. Ses grands yeux clairs brillent plus qu'à l'accoutumée, son nez coule. Je la conduis dans un tachiya, un des estaminets où le petit peuple des salarymen se retrouve après le travail, pour grignoter des bêtises, debout, en éclusant du saké ou de la bière à la pression. Les Japonais sont des génies de la bière à la pression. La nama biru est fraîche comme une source, son col est nuageux, elle a un petit je-ne-sais-quoi satisfaisant qui n'appartient qu'à elle. Mais ce soir, c'est saké obligatoire : la guérison de Julie est mon objectif prioritaire. Et j'envisage le saké comme un puissant substitut au grog. Cependant, ma décision est prise : nous le boirons froid. Depuis que j'habite ce pays, je n'ai jamais vu personne le boire autrement.
Les habitués nous regardent du coin de l'oeil. Deux étrangères en goguette, ça les amuse. Ils se demandent comment ces novices vont s'y prendre pour commander. Ça fait quatre ans que je vis à Tokyo, mais je ne suis toujours pas capable d'aligner deux phrases dans la langue de Murakami. Ils m'ont vue venir. Je ne m'en laisse pas compter et désigne une petite bêtise par-là, une autre par-ci. Et j'explique que je veux du nihon shu, l'alcool japonais. Je ne dis pas saké, je suis certes une gaijin mais pas une touriste. Le saké n'est que le terme générique qui signifie alcool. J'explique à Julie que même un puligny-montrachet 1995 est un saké.
- Et un Champagne rosé, c'est du saké ?
- Oui, Julie.
- Et un marc de Bourgogne, et une vieille mirabelle des familles ?
- Oui, oui, Julie.
- Quel merveilleux pays !
- Kampai ! Et mort aux virus !
- Kampai !
La serveuse dépose une série de bêtises devant Julie qui me questionne de ses grands yeux mouillés.
- Ce sont des tsumami. De petits en-cas. Vinaigrés comme ces concombres, rôtis comme ces poulpes, refroidis et tranchés comme ces omelettes légères. Ça tapisse l'estomac. Les Japonais ne sont pas fous. Ils ne boivent jamais sur un estomac vide.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2008 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia