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Auteur : Dominique Mennesson | Sylvie Mennesson
Date de saisie : 29/05/2008
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Michalon, Paris, France
Collection : Document
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84186-454-6
GENCOD : 9782841864546
Sorti le : 29/05/2008
Sylvie et Dominique Mennesson sont les symboles malgré eux des révolutions familiales contemporaines. En 1998, après avoir découvert l'infertilité de Sylvie, ce couple décide de devenir parents grâce à une mère porteuse. Cette «grossesse par procuration» étant illégale dans notre pays, ils choisissent de se rendre en Californie, un État américain précurseur en matière de gestation pour autrui (GPA). Après trois ans d'attente et d'espoirs déçus, Mary, leur gestatrice, donne naissance à deux superbes jumelles, Isa et Léa. Sylvie et Dominique sont enfin parents.
Mais, en France, cette filiation est contestée et leurs filles se retrouvent comme des sans-papiers, enfants de personne. Le couple va devoir affronter sans relâche la justice française pour être reconnu comme le père et la mère de leurs propres filles. Leur combat, soutenu par des personnalités telles qu'Elisabeth Badinter, Geneviève Delaisi de Parseval ou le professeur François Olivennes, va ébranler bien des certitudes et relancer le débat sur la bioéthique. Interdits d'enfants, l'histoire bouleversante d'une famille trop extraordinaire pour notre société et une réflexion intime sur les nouvelles formes de parenté.
Sylvie et Dominique Mennesson vivent en région parisienne. Ils ont créé l'association CLARA afin d'ouvrir le débat sur la gestation pour autrui.
Extrait de l'introduction :
Sylvie et Dominique
«Si j'ai bien compris, vous avez inventé une nouvelle façon de faire des bébés», nous a lancé Isa, le 25 octobre 2007, alors que nous célébrions son septième anniversaire ainsi que celui de sa soeur jumelle, Léa. Un anniversaire plus magique que les précédents : ce même jour, la cour d'appel de Paris confirmait la filiation de nos deux filles jumelles nées en Californie en 2000 grâce à une mère porteuse, Mary. Ainsi, dix ans après nos premières démarches pour essayer de trouver des solutions à un grave problème d'infertilité, après des mois d'espoir déçu et d'angoisse avant la naissance de nos deux enfants et après des années d'enfer judiciaire, notre pays, la France, nous reconnaissait un droit élémentaire : celui d'être les parents de nos filles. Cette décision a priori ordinaire - quoi de plus «naturel» que la parenté ? - représente en réalité une immense avancée pour nous, mais aussi pour des milliers d'hommes et de femmes dans notre pays. Nous sommes, en effet, le premier couple ayant fait appel à la «gestation pour autrui» (GPA) a être pleinement reconnu comme «père» et «mère» depuis la loi de bioéthique de 1994. Mais des années d'acharnement judiciaire - au risque de nous répéter - ont été nécessaires pour en arriver là, notre législation, à la différence de celles de nos voisins et de grands pays occidentaux, interdisant, voire punissant, le recours à une mère porteuse. Toutefois, notre horizon n'est pas encore parfaitement dégagé, l'avocat général de la cour d'appel de Paris, représentant du ministère public, ayant déposé un pourvoi en cassation. La plus haute juridiction devrait rendre son arrêt au moment de la sortie de cet ouvrage. Ses magistrats considéreront-ils que notre statut de «parents» est conforme à la loi ? Mais, qu'est-ce qu'être parents ? Cette question fondamentale, nous nous la sommes posée dès le début, avant même d'opter pour la GPA. Dans la situation où nous nous débattons depuis toutes ces années, des journalistes, des magistrats, des «spécialistes», des policiers distribuent parfois les titres de «père» ou de «mère» sans véritable réflexion préalable et surtout sans se mettre à la place des enfants. Ne méritent-ils pas simplement que l'on respecte leur situation familiale ? Ainsi, une journaliste a écrit qu'un enfant pouvait avoir jusqu'à cinq parents si on comptait : les deux personnes qui relèvent, la donneuse d'ovules, le donneur de sperme et la mère porteuse. N'est-ce pas un peu abusif ?
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