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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Marie-Claude Bérot
Date de saisie : 01/01/2009
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Seuil Jeunesse, Paris, France
Collection : Karactère(s)
Prix : 7.50 € / 49.20 F
ISBN : 978-2-02-097583-4
GENCOD : 9782020975834
Sorti le : 07/05/2008
Camille regarde la mer avec souffrance : Rémi et Florent ont disparu. Rémi, son héros, son amour secret, Laure, la mère de Camille, est monitrice au centre nautique. C'est elle qui avait la charge des stagiaires quand l'accident est survenu. Garde-à-vue, mise en examen. Laure est projetée dans le monde de la justice.
Comment Laure pourrait-elle être coupable ? Torturée par cette idée, Camille injurie la mer... Camille s'isole et se replie sur elle-même, fermant la porte à ses amis les plus chers, qu'elle pense insensibles à sa douleur.
L'attente du procès est longue. Camille va-t-elle retrouver un jour sa joie de vivre ?
Marie-Claude Bérot tisse avec virtuosité les liens complexes qui unissent les êtres humains quand ils sont confrontés à la fatalité. En mettant en regard la fille et la mère, elle pose la question de la culpabilité avec subtilité et tendresse.
Marie-Claude Bérot a publié de nombreux romans jeunesse chez Flammarion et Milan, notamment Le stylo rouge, L'année de mes 15 ans et Ninon-Silence (Prix Chronos 2001). Puéricultrice de formation, l'écriture devient une passion à plein temps après son départ en retraite. Ses histoires s'inspirent souvent de faits réels pour dépeindre des adolescents confrontés à des situations difficiles qui viennent bouleverser leur quotidien. Marie-Claude Bérot vif dans les Pyrénées.
La mer est grise, sombre, métallique. Une fille la regarde. Cela n'a rien d'extraordinaire, une fille qui regarde la mer. Elle le faisait déjà à trois ans, dix ans, quinze ans. La veille aussi. La veille, elle regardait la mer les yeux remplis de joie. Aujourd'hui son regard a changé. Celui qui se fierait à son regard ne la reconnaîtrait pas.
Elle est venue sur la falaise pour voir la mer. Ses pas l'ont conduite là où ils la conduisent toujours, au même endroit, à l'aplomb des dalles, au-dessus du vide, là où l'herbe est rasée par le vent, brûlée par le sel.
La mer, aujourd'hui, est du papier d'argent froissé qui brille lorsque sort le soleil.
La fille regarde la mer avec la même passion, les mêmes désirs, la même violence qu'autrefois. Seule manque la joie. Elle regarde la mer, et un sentiment inconnu monte en elle, s'attaque à tout son corps, le blesse, le maltraite.
Mais comment reconnaîtrait-elle la haine, elle qui n'a jamais connu que l'amour ?
A cause de la mer sournoise, sa mère va passer la nuit en prison.
À cause de la mer sournoise, le garçon qu'elle aime n'est pas rentré au petit port. Elle se dit, se répète qu'il va rentrer. Il n'est pas possible qu'il ne rentre pas. Il connaît l'océan. Il joue si bien avec les vagues. Combien de fois l'a-t-elle vu disparaître dans un rouleau d'eau bouillonnante et puis réapparaître magnifique tel un dieu de l'onde, dressé sur sa planche de surf ? Il va rentrer. Les gendarmes se trompent. Ils inventent n'importe quoi.
Elle est venue là, sur la falaise, comme s'il lui était impossible d'aller ailleurs. Elle est assise sur les cailloux de la falaise qui affleurent dans l'herbe rase, le menton posé sur ses genoux repliés. Le regard vers la mer.
Sur les eaux qui frisent, un bateau glisse vite, un bateau sans voiles, un bateau sans vie. Ce n'est pas lui qu'elle suit des yeux. Lui, elle ne le voit pas, pas plus que les rochers sur lesquels se brisent des vagues sans envergure, des vagues qui n'en sont pas.
L'après-midi s'achève. L'océan n'a pas changé. Ce matin, il avait les mêmes couleurs, presque les mêmes. L'eau était seulement un peu moins grise, les nuages un peu moins épais, le soleil un peu plus présent. Mais les vagues, elles, étaient les mêmes, semblaient les mêmes : pas de vraies vagues.
Le chemin qu'elle a pris ce matin, elle le prend tous les jours pour aller au lycée. Il longe l'océan. Et elle a contemplé l'océan comme elle le fait chaque jour. On ne peut pas passer si près et l'ignorer. Elle, elle ne le peut pas. Et ce matin moins encore parce que sa mère navigue, là-bas, au-delà de l'horizon, partie depuis deux jours et pour deux jours encore. Rémi est avec elle. Rémi qu'elle aime, elle en est sûre maintenant. Elle l'aime, sinon pourquoi cette douleur ?
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