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Auteur : Georges Bogey | Méas Pech-Métral
Préface : François Burgat | Michèle Gazier
Date de saisie : 02/04/2008
Genre : Politique
Editeur : Ed. de l'Astronome, Cervens, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-916147-29-1
GENCOD : 9782916147291
Sorti le : 02/04/2008
Un des plus grands drames que le monde ait connu.
Du 17 avril 1975 au 7 janvier 1979, en trois ans, huit mois et vingt jours, les Khmers rouges ont provoqué, au Cambodge, la mort d'environ deux millions de leurs compatriotes, soit par élimination directe (tortures, exécutions, combats), soit indirectement (épuisement, maladie, malnutrition).
Le Cambodge comptait alors environ huit millions d'habitants. C'est donc près d'un quart de la population qui a été décimé.
L'ouvrage donne un aperçu de ce qu'une jeune cambodgienne - Méas Pech-Métral - a vécu sous le régime des Khmers rouges, avec sa famille et son peuple, et ce qu'il advint d'eux par la suite.
Le parcours de Méas Pech-Métral, au travers de ce livre-témoignage, est ainsi mis en perspective avec la chronologie des événements dans leur résonance historique et humaine. De nombreux documents et photographies, accompagnés d'extraits de carnets de route et de poèmes, permettent une approche intime de l'histoire.
Née en 1965 au Cambodge, Méas Pech-Métral a dix ans lorsque sa famille est chassée de son village et dispersée. Pendant quatre ans, elle sera envoyée dans plusieurs camps de travail avant de fuir en Thaïlande où elle connaîtra les camps de réfugiés. En 1983, elle part pour la France en tant que réfugiée politique. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages de témoignage et de poésie.
Pour écrire, Georges Bogey se sert du savoir qu'il appréhende, de la poésie qu'il ressent, de son prochain qu'il écoute et observe. L'enseignement du judo, l'a amené à l'étude des philosophies et des arts de l'Extrême-Orient. Ce chemin l'a conduit jusqu'au mode d'expression poétique qu'est le haïku.
Extrait de l'introduction :
L'inventaire des calamités provoquées par les hommes à de quoi terrifier. En donner, de façon exhaustive, la liste macabre est impossible. Afghanistan, Argentine, Arménie, Allemagne, Algérie, Bosnie, Cambodge, Chili, Darfour, Irak, Palestine, Rwanda, Tchétchénie, Tibet, Vietnam, Yougoslavie... Cette réitération quasi perpétuelle de telles monstruosités pose la question de ce que veut l'homme pour l'homme, de ce que vaut l'homme pour l'homme, de ce qu'est véritablement le progrès et en définitive de ce qu'est la nature humaine.
Du 17 avril 1975 au 7 janvier 1979, en trois ans, huit mois et vingt jours, les Khmers rouges ont provoqué, au Cambodge, la mort d'environ deux millions de leurs compatriotes, soit par élimination directe (tortures, exécutions, combats), soit indirectement (épuisement, maladie, malnutrition). Le Cambodge comptait alors environ huit millions d'habitants. C'est donc près d'un quart de la population qui a été exterminé. Ce livre donne un aperçu de ce qu'une jeune Cambodgienne, Méas Pech-Métral, a vécu sous le régime des Khmers rouges, avec sa famille et son peuple, et ce qu'il advint d'eux par la suite. Méas Pech-Métral, née en 1965, a déjà écrit deux livres sur le sujet. Celui-ci se veut complémentaire des deux autres.
Pour les idéologues utopistes, Pol Pot, Ieng Sary, Ta Mok, Nuon Chea, Douch, Von Vet, Khieu Samphan et autres Khmers rouges, considérés comme les pères et mères de la torture et de la mort et dont le monde s'apprête à oublier les noms, il n'y aura pas de pardon. Seulement des explications... Ils ont engendré l'horreur parce que l'impéritie les a, en quelque sorte, sécrétés. L'ignominie de leur communisme, à la fois leurre et mirage, a fructifié dans le terreau de l'esclavagisme, du colonialisme, du féodalisme, du capitalisme, de l'impérialisme qui ont écrit l'histoire du Cambodge pendant des générations. Ces systèmes, et les hommes qui en furent les rouages, n'ont pas compris que le droit de diriger les peuples se fondent sur le devoir de les protéger. Ils n'ont pas écouté les populations dont ils avaient la charge. Ils ne pouvaient donc pas répondre à leurs besoins. Et, en définitive, ils n'ont pas su faire barrage aux Khmers rouges qui, pour régénérer le Cambodge, l'ont précipité dans les flammes.
Sans doute les juristes nommeront-ils un jour la monstruosité khmère rouge du nom prévu par la loi : génocide, auto-génocide, crime contre l'humanité... Sans doute les juges prononceront-ils un jour des sentences contre les quelques responsables survivants. Nous serions tentés de dire, qu'importe, il est trop tard ! Ne cédons pas à la résignation. Il n'est jamais trop tard pour dire la vérité. La vérité est bien plus qu'une simple consolation dans la douleur, c'est elle qui justifie et légitime notre statut d'être humain. Elle doit être dite. Le temps n'a pas de prise sur elle. Le silence des témoins, le cynisme des coupables et, en définitive, l'absence de justice laissent ouvertes les plaies vives des victimes et montrent ce qu'il advient de l'humanité quand elle chute dans la béance de l'immoralisme.
La plus terrible blessure qu'on puisse infliger à un homme est de l'empêcher de devenir lui-même, c'est-à-dire humain. Toute idéologie totalitaire poursuit cet ignoble objectif qui consiste à atomiser l'individu pour l'intégrer, parcellisé, à l'idée désincarnée censée promouvoir un idéal collectif. Nicola, un personnage d'Erri De Luca, parlant d'un autre totalitarisme dit : «Ce n 'étaient pas des gens comme nous, chacun d'eux se prenait pour une partie d'un corps plus grand. Ils étaient fiers de ce corps, obéissaient comme un doigt au cerveau. Les hommes, tels que nous les entendons, n'existaient plus, il s'agissait de pièces de rechange. Ils ne se sentaient bien qu'en uniforme. Quand ils comptaient les prisonniers, ils les appelaient les pièces».
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