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Auteur : Theodore Stanger
Date de saisie : 24/04/2008
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Michalon, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-84186-449-2
GENCOD : 9782841864492
Sorti le : 24/04/2008
Sacrée Maison-Blanche !
«Dans mon pays, lors des élections, on vend un candidat comme un déodorant à la télévision. Franchement, comparées aux nôtres, vos pratiques politiques sont presque saines. Aux États-Unis, le bling-bling et les coups tordus sont la norme. Et si nous n'avons que deux partis, les républicains et les démocrates, notre système comporte un millier de bizarreries. Une course à la Maison-Blanche, avec ses primaires, ses délégués, ses super-délégués, ses grands électeurs... c'est forcément le délire !» Infatigable pourfendeur du politiquement correct, Ted Stanger s'attaque, cette fois, à son propre pays afin de décortiquer les dessous de la politique à l'américaine et cette campagne présidentielle 2008 qui voit s'opposer des candidats historiques : Obama, Hillary et McCain. L'auteur du best-seller Sacrés Français ! nous guide dans la jungle de l'après-Bush où rôdent des fauves lobbyistes et ultralibéraux, des serpents intégristes et réactionnaires et toutes sortes d'espèces plus ou moins dangereuses inconnues en France.
Une enquête à la fois drôle et sérieuse pour enfin comprendre les grands enjeux et les petites folies de la politique made in USA.
Journaliste américain, Ted Stanger vit à Paris depuis quinze ans. Ses best-sellers Sacrés Français !, Sacrés Américains ! et Sacrés fonctionnaires ! ont été publiés aux mêmes éditions.
Extrait du prologue :
Été 1962 : avec mon bac en poche, l'avenir me souriait. Jeune militant du parti démocrate, j'étais enfin libre de commencer une carrière politique.
Les auspices étaient des meilleurs car John Kennedy occupait la Maison-Blanche. Il était jeune, beau et nous donnait l'espoir de remettre le pays sur les rails après une trop longue période de léthargie due à un Eisenhower plus intéressé par ses parties de golf que par la mise en orbite du Spoutnik des Russes.
La politique était une chose sérieuse à cette époque. La guerre froide marquait toujours les esprits dans l'Ohio, et surtout l'angst nucléaire, une peur permanente bien plus redoutée que celle installée depuis les attaques du 11-Septembre. Au lycée à Columbus, on nous apprenait à nous protéger au cas où les sirènes résonneraient lors d'une attaque soviétique considérée quasi inévitable. On nous expliquait que, une fois dans les abris, il fallait rationner les vivres, et notamment ces «biscuits-survie», espèces d'aliments indigestes et sans goût qu'on aurait pu confondre avec n'importe quel reste d'un plat national. Puis, on abordait des questions d'ordre moral presque philosophique : fallait-il ou non tirer sur son voisin, qui, moins prévoyant, n'avait pas fait construire un abri et voulait profiter du nôtre, mettant ainsi en péril notre réserve d'eau potable ?
À la télévision, principale source d'information et de divertissement pour un gosse d'Amérique comme moi, mon feuilleton favori était I Led Three Lives (Ma triple vie), l'histoire d'un père de famille en apparence tranquille qui avait été recruté comme agent secret par les Russes mais travaillait en fait pour le compte du FBI. Chaque semaine, il déjouait un complot des Reds, sans que ceux-ci s'aperçoivent que les missions hebdomadaires qu'on lui confiait finissaient toujours mal. Pas très futés, ces cocos ! Enfin, à en croire les scénarios d'Hollywood.
Désormais, avec un démocrate au pouvoir, la Nation allait connaître des jours meilleurs ! On ferait mieux que Moscou ! C'était avant la baie des Cochons... Dès son installation à la Maison-Blanche en janvier 1961, Kennedy nous plongea dans le romantisme et l'idéalisme de Camelot, époque où l'appel du jeune chef d'État au service du pays résonnait très fort : «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez plutôt ce que vous pourriez faire pour votre pays.» C'était avant le Vietnam...
J'avais vite trouvé un boulot - mal payé, certes - pour une campagne électorale : celle du gouverneur démocrate de l'Ohio, Michael V. DiSalle, en lice pour un deuxième mandat. Je ne connaissais pas sa politique, mais qu'il soit du parti de Jefferson et de F. D. Roosevelt me suffisait. Je n'en ai soufflé mot à mes parents qui croyaient, grâce à un petit mensonge, que le job d'été que j'avais décroché consistait à faire du porte-à-porte pour vendre des encyclopédies. Ils envisageaient pour moi de solides études à la fac (sur un campus sans filles !) qui me permettraient d'avoir un métier sérieux. À 18 ans on a envie de tout essayer dans la vie, sauf les études et, bien sûr, les danses folkloriques. Une carrière politique ? Yes !
À mon arrivée, on m'expliqua mes responsabilités. Pour moi, ce serait «le terrain» :
- Vous ferez partie de l'équipe qui accompagne le gouverneur quand il fait ses tournées en province, me dit le directeur de la campagne en me donnant les clés d'une vieille Ford familiale dans laquelle on stockait affiches, dépliants, pin's et autres matériels de propagande.
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