Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.

Bibliothécaires,partagez vos découvertes.

Clubs de lecture,envoyez vos choix.

Editeurs,valorisez vos livres.

.. Le temps d'une cerise, d'une saison de mimosa

Couverture du livre Le temps d'une cerise, d'une saison de mimosa

Auteur : Pascal Pratz

Préface : Docteur Michel Meignier

Date de saisie : 14/04/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. du Petit pavé, Brissac, France

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-84712-171-1

GENCOD : 9782847121711

Sorti le : 14/04/2008

  • Les présentations des éditeurs : 14/04/2008

Tu es née le trente mai 1996 à 18 heures 30 dans la maison de l'enfance de Saint-Sébastien-sur-Loire... Devant la porte, il y avait un mimosa énorme...

Tu es morte le six mars 2001 à 10 heures 20, allongée sur moi, paisible, sans heurts et sans pleurs, comme on s'endort, après presque deux ans de lutte contre un cancer... Dans notre jardin, le mimosa commençait de flétrir mais pendant les quelques jours qui avaient précédé, on en cueillait une ou deux branches qui parfumaient la maison et, chaque jour, tu faisais remarquer que ça sentait bon.

Tu t'appelais Juliette, Agathe, Cerise, tu aimais le mimosa. Comme les cerises et le mimosa, tu n'as vécu que ce que vivent les roses, l'espace d'un instant.


  • Les courts extraits de livres : 14/04/2008

Commencer ce livre par un brin de mimosa et une belle journée de fin février-début mars, c'était une évidence... Elle te ressemble tellement, cette plante, si belle, si odorante, si éphémère....
Tes premières années furent les années banales d'une petite fille attendue et aimée. Tu es née à Saint-Sébastien-sur-Loire. Naître là n'était pas anodin, la maison de l'enfance n'étant pas un lieu de naissance comme un autre. Un choix militant, l'expression du désir d'avoir un enfant autrement, de te voir naître naturellement, sans les appareils et les biiiips !... incessants qui accompagnent, aujourd'hui, l'arrivée des petits nouveaux sur la Terre, sans les blouses blanches, les masques, le médical, la menace du danger, mais avec la douceur, l'amour, la sérénité.
Maman a poussé très dur. Tu es venue vite. Tu avais de grands yeux ouverts, incrédules. Tu étais paisible. Je t'ai donné un bain puis je vous ai laissées toutes les deux en tête-à-tête, le temps d'aller chercher le reste de la famille.
Nous t'avons choisi trois prénoms : Juliette, Agathe et Cerise... S'il n'y avait eu que moi, tu te serais appelée Cerise. Ça faisait bien rire les sympas, Cerise, et ça faisait grincher les grincheux.
D'emblée, tu n'as pas semblé être une enfant comme les autres. Réservée, douce, un peu effrayée, sensible, très mince, un tantinet pâlichonne, avec, plus tard, des cheveux d'une blondeur incroyable, jolie, très jolie. Mais, par dessus tout, très fine et futée, des yeux noirs, sans fond, un regard qui transperce tout. Lumineuse, c'est ce qui te convient le mieux. Pleine de quelle lumière ?... Depuis la première seconde, à la maternité, alors que tu venais d'arriver, que je te souhaitais la bienvenue dans ce monde de brutes, formule rituelle depuis que je suis père, tu avais ce regard à la fois effaré et puissamment profond. Un regard abyssal.
Tu m'as fait passer pas mal de nuits blanches dans ta première année. En grande partie, probablement, à cause de la clavicule cassée que nous n'avons découverte que très tard. C'était un temps où l'on faisait dormir les bébés sur le côté. La position qui, pour toi, devait être la plus douloureuse. Peut-être aussi parce que tu as été notre premier bébé intégralement allaité et que l'inexpérience nous amenait à espacer les tétées comme s'il s'était agi de biberons. Aujourd'hui, on te mettrait systématiquement au sein dès que tu te manifesterais. J'ai donc arpenté la maison de très nombreuses nuits avec toi dans les bras, à tenter d'arrêter les colères et calmer les chagrins.
Tu n'avais pas, comme la plupart des autres enfants, de doudou. Ton choix, comme ma première fille, née seize années plus tôt, s'était porté sur une couverture. Elle en dépiautait le liseré alors que, toi, tu l'épluchais pour en tirer des mimis, petites boules de fibres agglomérées, avec lesquelles tu te caressais la base du nez en suçant ton pouce. Je n'ai jamais connu d'autre enfant qui ait cette manière de faire. On retrouvait des mimis par­tout. Régulièrement, tu renouvelais ta petite boule, avec un petit geste sec de la main, comme une poule qui aurait picoré du grain. Bien après toi, on a retrouvé des mimis dans des endroits oubliés de la maison. On en retrouve encore aujourd'hui dans des pots à bazar qu'on décide de vider de leur contenu devenu obsolète.


Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2010 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia