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Auteur : Ed McBain
Date de saisie : 17/04/2008
Genre : Policiers
Editeur : B. Pascuito éditeur, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-35085-046-7
GENCOD : 9782350850467
Sorti le : 17/04/2008
Voici des gamins et des femmes en danger, voici des détectives privés, alcooliques comme Matt Cordell, des excités de la gâchette et des passants innocents, des bandes, des flics et des voyous.
Les nouvelles policières de ce recueil ont été écrites entre 1952 et 1957 par l'immense écrivain qu'est Ed Me Bain, l'auteur de Blackboard Jungle (Graine de violence).
Il n'avait que vingt-six ans en 1952 et, avec son diplôme de Hunter Collège en anglais, il avait commencé à l'Agence Littéraire Scott Meredith de New York, jusqu'à ce qu'il ait commencé à vendre ses histoires aux magazines policiers de l'époque, principalement Manhunt.
A l'époque où ont été écrites ces nouvelles, l'auteur ne signait pas Ed McBain mais Evan Hunter (comme pour The Blackboard Jungle), devenu son nom légal en 1952, ou Richard Marsten ou Hunt Collins. D'ailleurs, il s'appelait en réalité Salvatore Lombino, venait de East Harlem, quartier d'immigrants à New York. La signature de Ed Mc Bain est apparue avec les romans de la série 87 th District, en 1956, elle est synonyme du genre policier américain de ces années-là : décors, personnages, récits sans fioritures...
Les voici donc, commentées par McBain lui-même avec flegme et précision, peu de temps avant sa mort en 2005 ! Un peu maladroites sans doute, mais d'une sécheresse impitoyable, d'une humanité désolée, tempérée parfois d'humour. Gamins déjà sur la pente fatale du crime, mères infanticides, blondes richissimes et meurtrières, flics désabusés et vulnérables face à tant de misères ! Pour McBain, le métier manque encore, certes, mais le talent, lui, est déjà là. Impressionnant.
Première infraction
Cette histoire a d'abord paru dans Manhunt. L'éditeur du magazine était un dénommé John McCloud. Personne ne savait qui était John McCloud. La parodie de poème que nous récitions était : «J'errais solitaire comme McCloud.» Eh bien, John McCloud était Scott Meredith. C'était très bien de travailler pour l'homme qui éditait le magazine policier le plus en vue du moment ; pour la seule année 1953, quatorze de mes nouvelles ont paru dans Manhunt sous les signatures Marsten, Hunter ou Collins. Celle-ci a été publiée en 1955, sous la signature Evan Hunter, ce qui, à l'époque, était légalement mon nom depuis presque trois ans.
Il était assis dans le car de police ; le col de sa veste en cuir était relevé, les clous argentés brillant contre le noir parfaitement uni. Il avait dix-sept ans et il portait ses cheveux coiffés en une haute «banane» noire. Il se tenait la tête haute et droite car il savait qu'il avait un bon profil, et sa bouche était comme un couteau à cran d'arrêt prêt à s'ouvrir à la moindre provocation. Il avait les mains enfoncées dans les poches de sa veste, et ses yeux gris réfléchissaient les parois du car. Il y avait de l'excitation dans ses yeux aussi, presque une excitation festive. Il essayait de se dire qu'il était dans le pétrin, mais sans pouvoir le croire tout à fait.
Sa descente graduelle vers l'incrédulité avait été une spirale tournoyante à travers toute la gamme de ses émotions. Terreur, quand le faisceau de la torche électrique du flic l'avait trouvé ; panique aveugle, quand il s'était mis à courir ; rébellion, quand le flic avait saisi d'une main ferme la manche en cuir de sa veste ; résignation silencieuse, quand le flic l'avait jeté dans la voiture de police ; et puis entêtement plein de défi, quand ils avaient relevé son identité au poste du coin.
Le flic de permanence l'avait regardé avec curiosité, ses yeux d'Irlandais montrant une étrange réserve.
«Qu'est-ce qui ne va pas, mon gros ?» avait-il demandé.
Le flic l'avait dévisagé, impitoyable, et avait lâché :
«Bouclez-le pour la nuit.»
Il avait passé la nuit dans l'une des cellules du poste, et il s'était réveillé avec cette étrange excitation palpitant dans son corps mince, et c'était l'excitation qui était la cause de son incrédulité. Dans le pétrin, tiens donc ! Il s'était déjà trouvé dans le pétrin, mais il ne s'était jamais senti comme ça. C'était différent. Quelle nouba, mon vieux ! C'était comme une initiation dans une société secrète, quelque part.
Son mépris de la police s'était accru quand on lui avait refusé la possibilité de se raser après le petit déjeuner. Il n'avait que dix-sept ans, mais il avait pas mal de barbe, et tout homme devrait avoir le droit de se raser le matin, ah, putain ! Mais même la barbe avait ajouté quelque peu au caractère irréel de la situation, en lui donnant une apparence - à ses propres yeux - plus désespérée, plus sinistre. Il savait qu'il était dans le pétrin, mais c'était fascinant, et il lui appliquait le faux brillant d'un trompe-l'oeil. Il vivait une légende de contes de fées. Il était chez les grands, maintenant. On l'avait attrapé, on avait relevé son identité, et il aurait dû avoir peur mais au lieu de ça, il était excité.
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