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Le sport barbare : critique d'un fléau mondial : essai

Couverture du livre Le sport barbare : critique d'un fléau mondial : essai

Auteur : Marc Perelman

Date de saisie : 04/07/2008

Genre : Sociologie, Société

Editeur : Michalon, Paris, France

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-84186-447-8

GENCOD : 9782841864478

Sorti le : 10/04/2008

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Le sport barbare
Critique d'un fléau mondial

Le sport, en quelques décennies, est devenu le plus grand phénomène de masse mondial du XXe siècle, sans doute la nouvelle et vraie religion du XXIe. Le sport tire toujours sa grande et sa principale force d'une adhésion planétaire, une adhésion de tous ; le sport mobilise d'immenses masses coagulées dans les stades ou solidifiées devant les écrans de télévision (au foyer ou sur les places des grandes villes), des masses qui se déversent ensuite et se vaporisent dans les rues des villes pour fêter la victoire, leur victoire. Par le biais de ses structures locale, nationale, internationale, le sport s'est élevé à la hauteur d'un pouvoir mondial au sens d'une autorité qui tend à couvrir, surplomber et pénétrer toutes les activités d'une société en proie au plus grand désarroi. Le sport s'est constitué comme le fer de lance d'une armée en ordre de bataille vis-à-vis de laquelle, curieusement, ceux qu'il méduse sont écrasés par lui. Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d'une société sans projet.

Marc Perelman est né en 1953. Architecte de formation, il a soutenu une thèse de philosophie sur les rapports entre le corps et l'architecture. Il est professeur d'esthétique à Paris X-Nanterre.



  • La revue de presse Sébastien Lapaque - Le Figaro du 3 juillet 2008

Les adeptes de la vieille prescription churchillienne «no sport» découvriront avec jubilation sa dénonciation du sport comme dernier projet d'une société sans projet. La force de son réquisitoire est de ne pas faire l'économie d'une dénonciation d'ensemble du «caractère totalitaire-barbare qui est au fondement de la société contemporaine». Associant les qualités de la chouette de Hegel, de la vieille taupe de Marx et du chameau de Nietzsche, Marc Perelman s'emploie à généraliser l'inquiétude chez l'adversaire...
Cet héritier singulier des théoriciens de l'École de Francfort cogne fort et clair.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 10 avril 2008

Supporteurs du PSG ou de l'OM, admirateurs du XV de France, téléspectateurs du week-end, ne lisez pas ce livre : vous vous feriez du mal inutilement. Marc Perelman y démolit à coups de hache tout ce qui vous fait vibrer et vous transporte. Pour ce professeur d'esthétique à Paris-X-Nanterre, les Jeux de Pékin ne sont même pas un débat : c'est le sport de compétition qu'il condamne, le qualifiant de "fléau mondial".


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Cet essai a pour ambition de montrer que le puissant processus de mondialisation en cours - une forme capitaliste qui recouvre maintenant la totalité de la planète et commence à la désintégrer - a été à la fois mis en oeuvre, capté et orienté par un phénomène social profond dont nous voudrions mettre au jour les principales lignes de force et la large sphère d'influence. Ce phénomène extraordinaire pèse de tout son poids et augmente sans cesse sa pression sur les possibilités mêmes d'intelligibilité de la société devenue opaque à sa propre connaissance, un phénomène qui façonne, en retour, la réalité à son image. Mais ce n'est pas l'essentiel. Le phénomène que nous allons décrire ressortit surtout à une colonisation du corps de nombre d'individus qui s'y adonnent sans relâche et à une mutilation de la conscience de tous ceux qui sont fascinés par son spectacle. Autrement dit, ce phénomène participe de plain-pied de la barbarie dans laquelle ont basculé des pans entiers de la société. Nous affirmons que dans cette forme récente de sauvagerie, associant étrangeté, rudesse, grossièreté, inculture et cruauté, il s'agit littéralement de la destruction de la plupart des valeurs et des idéaux portés par notre société. Mais, encore une fois, l'état de ruine et le sombre bouleversement dont la société est ainsi tout entière frappée, affectent en premier l'homme, touchent à son existence, modifient jusqu'à son essence d'être vivant doté d'un corps et d'une conscience. Désormais, ce phénomène constitue la société inculte et cruelle que nous subissons sans que nous puissions avec quelque efficacité lui résister globalement. Une puissance sociale, politique et idéologique sans égale s'est en effet développée à une vitesse inouïe, se répandant telle une pandémie sur toute la planète, emportant tout ce qui restait encore dans nos sociétés modernes de dispositif ludique, de liberté du corps, de simple jouissance de se mouvoir et, plus largement, de l'idée d'une culture ouverte et vivante. Les idéaux et les projets d'émancipation, de solidarité, de création ont été inversés et presque réduits à rien. Le quotidien est contaminé sinon submergé par ses assauts répétés et sa capacité d'infiltration insidieuse. Plus grave : on a fini par s'accoutumer à sa violence parce que son degré ou son échelle d'envahissement (tous les médias) ou d'occupation (tous les jours devant nos yeux) est tel qu'on ne le voit plus parce qu'on ne voit que lui.
À grands traits, nous venons de caractériser ce que l'on désigne sous le nom habituel de «sport».

Les jeux de Berlin

En son temps, Vladimir Jankélévitch avait compris que la montée en puissance du sport en Allemagne avait été concomitante de celle du nazisme. Le baron Pierre de Coubertin n'avait-il pas défendu les Jeux olympiques de Berlin dans Le Journal du 27 août 1936 en ces termes : «Quoi, les Jeux défigurés, l'Idée olympique sacrifiée à la propagande ? C'est entièrement faux ! La grandiose réussite des Jeux de Berlin a magnifiquement servi l'idéal olympique. [...] Il faut laisser s'épanouir librement l'Idée olympique et savoir ne craindre ni la passion ni l'excès qui créent la fièvre et l'enthousiasme nécessaires. [...] On s'inquiète en France de ce que les Jeux de 1936 ont été éclairés par la force et la discipline hitlériennes. Comment pouvait-il en être autrement ? Il est éminemment souhaitable, au contraire, que les Jeux entrent ainsi, avec ce bonheur, dans le vêtement que chaque peuple tisse pendant quatre ans à leur intention...» Pendant toute cette période de la dictature, le sport avait constitué l'un de ses principaux vecteurs de propa­gation de l'idéologie hitlérienne s'exerçant comme un véritable fléau social et politique. En août 1936, trois ans et demi après l'accession de Hitler au sommet de l'État, les Jeux olympiques de Berlin et leur mise en scène grandiose révélèrent la fonction réelle du sport dans une société totalitaire. Ces Jeux démontrèrent, en effet, que le sport participait de plain-pied à une société militarisée, persécutant les intellectuels, martyrisant les Juifs avant de les exterminer, mobilisant la jeunesse pour sa guerre de conquête. À l'inverse de ce que l'on croit encore aujourd'hui, par naïveté ou par simple méconnaissance du sujet, le sport a priori neutre, innocent, pur, immaculé ne fut pas instrumentalisé par le pouvoir nazi.


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