Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Bienvenue sur Lechoixdesbibliothecaires.com, qui vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des bibliothécaires. Vous y entendrez les écrivains raconter leurs livres, et les éditeurs présenter leurs productions aux bibliothécaires. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Nous proposons également un podcast.
France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Julie Billet
Date de saisie : 18/03/2008
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Seuil Jeunesse, Paris, France
Collection : Karactère(s)
Prix : 8.00 € / 52.48 F
ISBN : 978-2-02-097287-1
GENCOD : 9782020972871
Sorti le : 13/03/2008
Dans la communauté de Jaime, chacun est essentiel au groupe : les femmes, les hommes, les enfants, les sages comme Yaya et Solémo, Jaime est un lycéen passionné de littérature, Tous les soirs, il fait la lecture à sa grand-mère. Mais un soir, c'est une lettre de la mairie qu'il doit lire, annonçant la prochaine évacuation du camp installé depuis plusieurs années déjà, Que faire ? La voix des sages a parlé : cette fois il faut partir !
De nouveau sur la route avec les siens, Yaya se mure dans un silence absolu ; pourtant elle a un secret à révéler à son petit-fils, un objet qu'elle ne quitte jamais à lui confier...
EXPULSÉS DE LEUR CAMP, DES GITANS REPRENNENT LA ROUTE. UN VOVAGE À TRAVERS LA FRANCE ET L'HISTOIRE D'UN PEUPLE, CHASSÉ DE TOUT TEMPS.
Julia Billet dresse le portrait d'un adolescent qui va découvrir que l'écriture est un instrument universel pour conserver la mémoire des peuples.
Les gens du dehors et ceux du dedans
Dehors, c'est barbelé. Dedans, c'est pas pareil. À cause du feu, des mômes qui jouent à la Game Boy et aux Indiens, à cause des allées et venues, du linge qui sèche entre les caravanes, à cause des cris, des sifflements et des éclats de rire.
Dedans, c'est pas pareil, les barbelés sont juste des traits comme des horizons superposés puis étoiles.
Dedans, il y a Yaya, l'ancêtre, assise dans son club en cuir égratigné aux accoudoirs, un peu déchiré en bas. Elle est assise et regarde, crie un peu parfois, appelle l'un, appelle l'autre. D'un coup, elle s'endort, son menton descend jusqu'à sa poitrine.
De dehors ça paraît triste et moche. Des tas d'ordures derrière les barbelés, terrain vague, vague terrain en friche, boue desséchée, relent de camp qui donne un instant un peu de honte à ceux qui passent, entre deux feux.
Dedans, ce n'est pas terrible mais ce n'est pas si triste. Pas plus triste qu'ailleurs. Des hommes, des femmes, des enfants, des animaux (des rats plus souvent que des chiens), des rêves, des espoirs, des désespoirs aussi. La vie, juste la vie.
Le matin, les portes s'ouvrent, claquent, pieds sur les marchepieds, cheveux embroussaillés. Le petit Luis braille «j'ai faim !». Bols cognés, enchevêtrement de casseroles, premiers mots. C'est la fin de l'hiver, et tout est plus lent. La peur du froid entrebâille les portes, les referme vite dans la nuit qui n'en finit pas. Pourtant c'est l'heure, l'heure de se lever, de lever les enfants. À cette même heure, l'été, les portes sont déjà ouvertes, le soleil haut, on saute à pieds joints dans le jour.
Il y a toujours le moment, été comme hiver, où la vie s'agite.
- J'arrive, Luis !
- Maman, j'ai faim, viens !
- Louisa, dépêche-toi, tu vas encore être en retard !
- Où est passée ma brosse ? Qui a pris ma brosse ? J'en ai assez, tous les matins, c'est la même chose, Jeanne, c'est toi qui l'as ?
Pour l'instant, dehors, des voitures sont déjà en transhumance. Embouteillages du petit jour, feux rouges, accélérations, coups de frein, vrombissements chauds qui ne s'interrompent pas, pendant des heures. Les voitures passent, s'arrêtent quand c'est leur tour de s'arrêter.
Il y a ceux qui fument et qui regardent au loin, derrière les barbelés, parfois même plus loin encore. Sans rien voir. Peut-être qu'ils rêvent d'un monde meilleur. Peut-être qu'ils ne sont pas encore bien réveillés et qu'ils ne se rendent compte de rien, guidés de feu en feu par leur voiture.
Ce matin, les enfants se préparent pour l'école. Trop tôt, comme d'habitude.
«Hier soir, le deuxième film finissait tard ; ce soir, il faudra vraiment éteindre pour dormir plus vite», pense la mère de Louisa.
La vieille Yaya est assise, une couverture épaisse et bleue sur les genoux, relevée presque jusqu'à son cou. Elle observe, rattrape la petite Marie par le bras.
- Va chercher ton peigne, vite, il faut remettre un peu d'ordre dans cette tignasse !
Yaya a déjà une cigarette à la bouche, une Gitane, oui, la Gitane, c'est encore ce qu'on fait de mieux, même si vraiment ça commence à coûter cher. Pablo a rapporté de son voyage en Italie des centaines de cigarettes. Il en a acheté un stock ; un jour, Yaya devra arrêter la Gitane et fumer ces américaines moins chères. Ou alors elle arrêtera tout. Pourquoi pas ? Elle tire dessus, la laisse s'éteindre, la rallume, finit pas la balancer plus loin, derrière la caravane.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2009 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia