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.. A la rencontre des cygnes

Couverture du livre A la rencontre des cygnes

Auteur : Aurélien Loncke

Date de saisie : 13/03/2008

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium

Prix : 9.50 € / 62.32 F

ISBN : 978-2-211-08996-8

GENCOD : 9782211089968

Sorti le : 13/03/2008

Le thème de ce livre est triste, c'est vrai et pourtant c'est un bonheur de lecture. Une histoire pleine d'amour entre ces frères jumeaux. Timothée va être envahi par la peine à la mort accidentelle de son frère Amblin. Aurélien Loncke décrit alors les sentiments de ce dernier avec beaucoup de sensiblitité et de délicatesse. Pour apaiser sa souffrance il pense à son frère. Il se souvient des moments passés avec lui. De sa gentillesse. De son respect. De cette fois où son frère et lui ont vu les cygnes sur le lac. Amblin, ce jour-là, dira...

"...c'est à couper le souffle. Ils tournoient d'abord au-dessus des cimes dans un joyeux désordre. On dirait des anges qui imitent une nuée de chauves-souris. Ensuite, ils perdent de l'altitude pour se poser tous ensemble, telle une pluie d'ailes. Une averse d'ailes ! Leurs pattes font des ondes à la surface de l'eau, des ondes qui se transforment en vaguelettes pour rouler jusqu'à la rive. Les oiseaux sur leur passage tanguent comme des bateaux, chacun leur tour et c'est beau à en mourir..."

Continuer la vie sans Amblin est dur. Dur pour lui, dur pour ses parents qui depuis ce jour se sont éteints, noyés de chagrin. Pourtant, un matin, les cygnes reviendront...

Que cette fin est émouvante et bouleversante !

A la rencontre des cygnes est un très beau livre à l'écriture empreinte de poésie. Je vous le conseille vivement.


  • Les présentations des éditeurs : 13/03/2008

A la rencontre des cygnes

«J'étais un peu fou, un peu hors de moi. À la fois le même et un autre. Si vous voulez la vérité,j'aurais fait n'importe quoi, des sports de haut niveau, de la méditation intensive ou même des activités débiles comme des concours de fléchettes ou de mots croisés, tout, pour oublier ne serait-ce qu'une minute l'absence définitive de mon frère. Amblin était mort et moi vivant, et je croyais que, si la pluie pouvait me nettoyer la tête, je n'y penserais plus trop. Il avait disparu tragiquement, il me manquait du matin au soir et rien, me disais-je, ne pourrait le remplacer. Je me trompais en un sens. Il ne faudrait jamais avoir trop de certitudes. Si c'est le cas, la vie finit toujours par vous contrarier pour le pire ou le meilleur.»

Aurélien Loncke est né en 1978 à Sarrebourg. Il vit maintenant à deux pas de la baie de Somme, un endroit merveilleux où la couleur change toujours. Après des études de lettres modernes, il a travaillé quelques années dans une école primaire, où il essayait de donner aux élèves le goût de la lecture. Il dit adorer les contes, adorer les bons bouquins. Selon lui, si le monde est souvent trop gris, trop sérieux, trop vicieux, la fantaisie d'un livre pour «enfants» est comme un bon bol d'air, une promesse, un sourire écrit.


  • Les courts extraits de livres : 13/03/2008

Je sais que pour certaines personnes la pluie est romantique, et peut-être l'est-elle vraiment ! Peut-être que marcher sous la pluie apporte d'agréables sensations, comme ils disent dans les films et les chansons, mais j'en doutais franchement à une époque. Je suis sceptique par nature. On ne me fait pas avaler n'importe quoi. Sceptique mais pas buté. Je veux bien décortiquer une incertitude si c'est nécessaire, aucun problème, sinon elle me taraude et m'empêche de dormir. Ainsi, un jour différent des autres, il me fallut vérifier cette histoire de pluie avant de me montrer si catégorique. Je détesterais ressembler à ces gens obtus qui s'imaginent tout savoir et ne se remettent jamais en question. La plupart des amis de mes parents sont ainsi. Ils aiment expliquer de manière à peine voilée à quel point ils sont intelligents, sensibles, un poil au-dessus de la mêlée et beaux et malins. Ensuite, ils disent qu'il faut savoir se montrer humble et à l'écoute de son prochain. À l'écoute, la bonne blague ! Ils sont aussi attentionnés qu'un serpent affamé avec sa proie, et c'est pourquoi ils me rendent nerveux. Je ne les comprends pas et il m'est très difficile de les supporter plus d'un quart d'heure. En général, chaque semaine, j'ai au moins dix raisons de m'énerver contre eux.
Je suis donc resté sous une averse l'année dernière, juste pour essayer. Simple expérience menée sur un coup de tête ! J'étais sorti sans veste et sans écharpe pour la bonne raison que je n'en voulais pas, même s'il pleuvait à seaux ce jour-là. De longues cordes d'argent chutaient à flots ininterrompus. Le déluge ! À force de faire les cent pas sur un bout de gazon boueux et collant, je fus victime de la vigoureuse offensive d'un rhume carabiné en moins de vingt minutes. Un rhume de la pire espèce qui valait au moins une grippe, voire une pneumonie bien salée. Pas étonnant si j'usai des mouchoirs à la chaîne. Comme je n'avais aucune protection, l'eau me traversa facilement. Au début, peu m'importait de tomber malade, l'essentiel étant de mener l'expérience à son terme pour sentir cette petite étincelle de joie sous la pluie, si elle existe.
Je persévérai dans les trombes d'eau, je patientai. Seulement voilà, après ces vingt minutes de va-et-vient sous la plus importante mousson du siècle, une violente toux me secoua brusquement. J'ai une santé délicate qui me rend sujet à des quintes en série. Autant rentrer au chaud avant de cracher ma langue dans le jardin, me dis-je. Tant pis pour les sensations agréables. J'en avais pourtant besoin. Une prochaine fois, qui sait.
En attendant, je dégoulinais de partout, au moins autant qu'une serpillière imbibée. J'aimerais dire que c'était formidable de sentir toutes ces rigoles sur mon visage. Que les gouttes brillaient dans la lumière, qu'un léger parfum flottait dans l'air. Mais non, certainement pas. Je ne vous ferai pas le coup du film sentimental où tout est si perpétuellement merveilleux. Je ressemblais à une loque au moment de pousser la porte. Les vête­ments me collaient à la peau, mes cheveux étaient complètement aplatis et de grosses gouttes de boue nourrissaient une flaque au milieu du salon. Une énorme flaque de la taille d'une marée. En plus, je frissonnais comme un animal blessé, ce que j'étais en quelque sorte. Un animal fragile.


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