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.. Claustrophobia

Couverture du livre Claustrophobia

Auteur : Guillaume Andreu

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : B. Pascuito éditeur, Paris, France

Prix : 15.95 € / 104.63 F

ISBN : 978-2-35085-043-6

GENCOD : 9782350850436

Sorti le : 06/03/2008

  • Les présentations des éditeurs : 09/03/2008

Les cinq nouvelles de ce recueil déclinent, chacune à sa manière, le thème de l'enfermement et, au prétexte de l'envie, de la vengeance, de la convoitise ou de la jalousie, chahutent les personnages et révèlent le criminel tapi en chacun d'eux. La mise en scène - rarement plus de deux personnages - et le choix des décors - ces espaces étriqués qui forcent à l'intimité - sont les principaux ingrédients utilisés par l'auteur et qui, savamment dosés exacerbent la tension et laissent présager du pire.

Dix secondes nous plonge dans l'univers d'un écrivain si investi dans son oeuvre qu'il en vient à confondre fiction et réalité. Un savant mélange entre paranoïa et délire hallucinatoire, qui mène inexorablement au dénouement tragique.
Dernière sortie pour Miami met en scène Conway et Moyzisch, deux personnages dont les routes se croisent par hasard, et que tout semble opposer. Avec pour seul décor l'habitacle d'un 4x4 lancé à vive allure sur les larges routes américaines, ce récit montre comment le doute, la méfiance et la suspicion s'installent entre les deux hommes, chacun essayant de découvrir ce que l'autre tente de dissimuler. La Dame de Shanghai est une nouvelle qui flirte avec le burlesque, laissant à un destin qui se veut taquin, le soin de réunir dans un ascenseur en panne l'amant et le cocu. La farce vire à la tragédie quand, au cours d'une conversation anodine, le cocu réalise qui est en réalité son interlocuteur. Grande réputation, la dernière nouvelle de ce recueil, célèbre le thème éternel de l'amour et de ses oripeaux. Jack, séducteur invétéré, va faire l'expérience ultime du jeu de l'amour triangulaire, de ses alliances et mésalliances qui peuvent parfois être mortelles.

Guillaume Andreu est né en 1974. Après un DEA de littérature, il devient attaché de presse pour le cinéma puis pour le théâtre. Il est co-auteur de Les mots de Gabin et auteur de Les mots de la récré, aux éditions Philippe Rey.


  • Les courts extraits de livres : 09/03/2008

Au nom du père

Il était neuf heures à peine que la chaleur, déjà, était écrasante sur Malanville. Dans les rues, la terre ocre, sèche comme la poudre, filait le long des maisons de tôles. En cette matinée brûlante, le père Jean traînait sa grande carcasse en direction de l'église. Il respirait les effluves révélés par le soleil. Les embruns du Niger, les saveurs du mil et le manioc qu'on faisait frire avec l'igname faisaient son bonheur. Pour lui, l'Afrique était une terre de senteurs. Dans la rue, les «bonnes femmes» avaient commencé à faire la cuisine dans leurs bassines. Les échoppes qui fleurissaient au bord de la route et qui empiétaient sur la circulation commençaient à s'animer. Les vélomoteurs pétaradants, d'antiques Renault 16 et quelques Peugeot 504 rafistolées les évitaient habilement. Tout comme elles le faisaient avec le coq qui chantait au milieu de la route.

Trente ans qu'il vivait là. Sur cette terre qu'il avait fait sienne. Pour rien au monde il ne serait rentré chez lui. C'était ici, chez lui. Très vite, il s'était fait à la vie. Il s'était intéressé à l'histoire du pays, à ses coutumes, et parlait parfaitement le fongbé et le yoruba. Ce qui n'était pas pour déplaire aux anciens. Des vieux ou des plus jeunes, Papa Jean - comme on l'appelait ici - était respecté de tous malgré sa couleur de peau. Et si un toubab restait un toubab, dans le cas de Papa Jean, c'était différent. À de rares exceptions près, le prêtre était aimé de tous. Mieux, il était devenu l'un des leurs.
Ce matin-là, comme tant d'autres, il se réjouissait de croiser son petit monde. Il y aurait Marcellin qui, réglé comme une horloge, se raserait dans la rue devant son miroir rose, le saluant et lui demandant inlassablement comment il allait ce matin. De même qu'il était à peu près certain de trouver madame Agbelessessi sur son tabouret, se lavant les dents avec l'index. Ou encore le jeune Orou Boum, devenu clochard à la suite d'une déception sentimentale, qui continuerait sa nuit, allongé dans les pages sport du Matinal.

De son sacerdoce, le curé avait une conception élémentaire. Avant toute chose, venir en aide à son prochain. Le dénuement que connaissait son pays nécessitait une intervention de chaque instant et bien souvent, il dépassait ses attributions. Mais quelle satisfaction pour lui de rendre un sourire aux visages tristes ! Depuis son arrivée à Malanville, il avait été à l'initiative du forage d'un puits, avait aidé à la construction de logements, avait obtenu une citerne supplémentaire pour l'eau potable et avait ravalé l'église. Tendre la main aux plus malheureux que soi. Voilà ce qui lui tenait à coeur d'enseigner aux enfants. Le prêtre n'exigeait rien d'autre des fidèles sinon qu'ils fassent preuve d'humanité les uns envers les autres. Et bien que le Bénin fût resté l'un des berceaux du vaudou et que la ville fût à majorité musulmane, la porte de l'église était ouverte à tous.
En voyant le vieux car DAF chargé à bloc toussant son nuage noir à la gare routière, le prêtre accéléra le pas. Il ne devait pas être loin de neuf heures. L'autocar qui assurait la liaison jusqu'à Kandi faisait l'admiration du curé. Il se demandait comment les valises, les paquets, quand ce n'était pas les chèvres, pouvaient y tenir sans être attachés.


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