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Bienvenue sur Lechoixdesbibliothecaires.com, qui vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des bibliothécaires. Vous y entendrez les écrivains raconter leurs livres, et les éditeurs présenter leurs productions aux bibliothécaires. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Nous proposons également un podcast.
France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Derek Landy
Traducteur : Jean Esch
Date de saisie : 06/03/2008
Genre : Jeunesse à partir de 13 ans
Editeur : Gallimard-Jeunesse, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-07-060314-5
GENCOD : 9782070603145
Sorti le : 06/03/2008
«Maintenant qu'il n'avait plus ses lunettes noires et que son écharpe était défaite, on voyait qu'il n'avait ni chair, ni peau, ni yeux. Il n'avait pas de visage. Il n'avait qu'une tête de mort.»
Faites la connaissance de Skully Fourbery : détective sarcastique, magicien puissant et champion des coups fourrés. Ah ! et puis c'est un squelette.
Derek Landy a réussi l'exploit de faire d'un squelette détective et dandy un héros de la littérature jeunesse.
Le Figaro Magazine
Un premier roman envoûtant, qui ravira les fans de Potter.
Publishers weekly
Ce livre est un régal. Plein de caractère, d'humour noir et de divertissement.
Daily Telegraph
Stephanie
La mort brutale de Gordon Edgley fut un choc pour tout le monde, surtout pour lui. Il était dans son bureau, il avait écrit sept mots de la vingt-cinquième phrase du dernier chapitre de son nouveau livre Sur eux, les ténèbres s'abattirent, et l'instant d'après il était mort. «Une perte tragique», répéta en écho, mollement, son esprit, tandis qu'il s'éteignait.
Son enterrement rassembla la famille et quelques connaissances, mais peu d'amis. Gordon n'était pas très apprécié dans le monde de l'édition car, même si ses récits où se mêlaient l'horreur, la magie et le fantastique pointaient régulièrement leurs têtes dans les listes des best-sellers, il avait l'inquiétante manie d'insulter les gens sans s'en rendre compte, puis de se moquer de leur stupeur. Quoi qu'il en soit, c'est à l'enterrement de Gordon que Stéphanie Edgley vit pour la première fois l'homme au pardessus beige.
Il se tenait à l'ombre d'un grand arbre, à l'écart des gens, dans son manteau boutonné jusqu'au col malgré la chaleur de l'après-midi. Une écharpe était enroulée autour du bas de son visage et, bien que placée à l'autre bout de la tombe, Stéphanie voyait les cheveux rebelles et crépus qui dépassaient sous le chapeau à large bord enfoncé sur son crâne, au-dessus d'une gigantesque paire de lunettes noires. Elle le regardait, intriguée par son apparence. Soudain, comme s'il se savait observé, il fit demi-tour, s'éloigna entre les rangées de pierres tombales et disparut.
Après la cérémonie, Stéphanie et ses parents regagnèrent la maison de feu son oncle en franchissant un pont en dos d'âne, puis en empruntant une route étroite qui se frayait un chemin à travers un paysage boisé. La grille, lourde et imposante, était ouverte pour les accueillir dans le domaine. La propriété était immense et la vieille maison ridiculement grande.
Il y avait dans le salon une porte déguisée en bibliothèque et, quand elle était plus jeune, Stéphanie aimait se dire que personne d'autre ne connaissait son existence, pas même Gordon. Il s'agissait d'un passage secret, se disait-elle, comme dans les romans qu'elle avait lus, et elle s'inventait des histoires de maisons hantées et de trésors cachés. En cas de danger, ce passage dérobé lui permettrait de s'enfuir et les méchants imaginaires seraient abasourdis par sa disparition aussi soudaine que mystérieuse. Mais aujourd'hui, cette porte était ouverte, un flot régulier de visiteurs la franchissait, et Stéphanie était triste qu'on lui ait volé cette part de magie.
On servit le thé, on remplit des verres et on fit circuler de petits sandwiches sur des plateaux en argent ; Stéphanie observa les personnes endeuillées qui évaluaient mine de rien tout ce qui les entourait. Le principal sujet des messes basses était le testament. Gordon n'était pas du genre à exprimer ouvertement son amour pour quiconque, ni même son affection, si bien que nul ne pouvait prédire qui hériterait de sa fortune. Stéphanie voyait suinter la cupidité dans les yeux larmoyants de l'autre frère de son père, un petit homme horrible nommé Fergus, qui hochait la tête d'un air triste, parlait avec gravité et chipait les couverts en argent quand il croyait que personne ne le voyait.
L'épouse de Fergus était une femme absolument détestable, au visage anguleux, prénommée Béryl. Elle allait et venait au milieu des gens, murée dans un chagrin peu convaincant, en quête de ragots et à l'affût d'un scandale. Ses filles faisaient de leur mieux pour ignorer Stéphanie. Carol et Crystal étaient des jumelles de quinze ans, aussi revêches et aigries que leurs parents. Blondes décolorées et trapues, elles portaient des tenues qui accentuaient leurs rondeurs placées aux mauvais endroits, alors que Stéphanie était brune, grande, mince et musclée. Exception faite de leurs yeux marron, nul n'aurait pu deviner qu'il existait un lien de parenté entre elle et les jumelles. Elle s'en réjouissait. C'était d'ailleurs la seule chose qu'elle aimait chez elles. Elle les abandonna à leurs regards mesquins et à leurs commentaires méprisants pour aller faire un tour.
Les longs couloirs de la maison de son oncle étaient bordés de tableaux. Sous ses pieds, le parquet ciré brillait et la maison sentait le vieux. Ce n'était pas vraiment une odeur de moisi... plutôt le parfum de l'expérience. Ces murs et ces planchers avaient vu un tas de choses au fil du temps et pour eux Stéphanie n'était qu'un souffle éphémère. Qui passe et disparaît.
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