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.. Tom Morel, héros des Glières

Couverture du livre Tom Morel, héros des Glières

Auteur : Patrick de Gmeline

Préface : Nicolas Sarkozy

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Presses de la Cité, Paris, France

Collection : Jeannine Balland. Document

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 978-2-258-07647-1

GENCOD : 9782258076471

Sorti le : 06/03/2008

  • Les présentations des éditeurs : 05/03/2008

Janvier 44. Tom Morel, un lieutenant de vingt-huit ans, prend, sur le plateau des Glières, la direction de la plus grande opération armée de la Résistance sous l'Occupation. Cette opération revêt une importance capitale : elle ne doit pas seulement préparer l'ouverture d'un front intérieur lorsque le débarquement de Provence se déclenchera, elle doit prouver au monde, aux Alliés, à Vichy, aux Allemands que la Résistance française est une force qui compte dans le formidable combat qui s'annonce.

Qui était Tom Morel ? Comment un officier si jeune a-t-il pu se voir confier une mission aussi décisive pour la France libre du général de Gaulle ? A ces questions restées en suspens, Patrick de Gmeline, au terme de longues recherches et sur la base de sources inédites, apporte des réponses qui éclairent d'un jour nouveau cet épisode-clé de l'histoire de la Résistance.

Mais ce livre n'est pas seulement un document d'une grande rigueur historique. Il fait revivre sous nos yeux un homme exemplaire, compagnon de la Libération, dont le sacrifice parle encore à toutes les générations.

Patrick de Gmeline dresse le magnifique portrait d'un homme vivant, d'un homme debout, dont la devise était : «Vivre libre ou mourir.»

Patrick de Gmeline est reconnu comme l'un des principaux historiens militaires français. Parmi ses ouvrages, citons Commandos d'Afrique, Corps-Francs 1939-1940, Les Cadets de Saumur, Sous-marins allemands au combat, Commandos paras de l'air, 11 Novembre 1918, Versailles 1919, chronique d'une fausse paix et Les Ailes de 1940. Son oeuvre a été couronnée par six prix littéraires, dont deux décernés par l'Académie française.



  • La revue de presse Paul-François Paoli - Le Figaro du 6 mars 2008

Patrick de Gmeline relate la vie héroïque d'un symbole de la Résistance française...
Après avoir fait confiance à Pétain, Théodose, devenu Tom, rejoint l'Armée secrète et réceptionne sur le plateau des Glières le premier grand parachutage d'armes des alliés. Il va fédérer des jeunes gens de toutes origines, les armer et leur donner foi en la victoire. Catholique, il acceptera dans son sillage des républicains espagnols et des communistes du FTP. Sa devise est simple : «Vivre libre ou mourir.»


  • Les courts extraits de livres : 05/03/2008

Extrait du prologue :

Février 1944
La neige immaculée scintille presque violemment sous un ciel bleu vif. Entre les deux, le vert profond d'un alignement de sapins qui s'ouvre, au loin, sur un pic pierreux lui aussi couronné de neige. Sur le côté, un chalet, plutôt une grange, en bois à peine équarri, au toit à double et longue pente descendant jusqu'au sol.
Et puis, au milieu, un mât blanc, haut et mince, montant hardiment vers le ciel. Une dizaine de mètres, pas moins.
A son pied deux hommes en tenue foncée. Pas en uniforme, non, pas celui, du moins, d'une armée régulière. Mais avec, dans la forme et dans le style, une volonté de paraître soldat.
Les deux garçons tiennent dans leurs mains un tissu encore plié mais qui, lorsqu'ils l'accrochent à la corde, montre ses trois couleurs et, sur le blanc, le rouge d'une croix de Lorraine.
- Envoyez !
Alors, lentement, pour ainsi dire religieusement, ils font monter, solennellement, l'étamine bleu-blanc-rouge dans ce ciel qui fait presque mal aux yeux aux quelques dizaines d'hommes présents. Ceux-ci, formés en carré, à quelques mètres, présentent les armes, coude bien levé et doigts joints sur le canon du fusil. Ils ont, comme le veut la discipline, l'oeil fixe, même si, inconsciemment, ils suivent la montée du drapeau français.
Devant, fermant le carré de cette prise d'armes en pleine montagne, quatre officiers saluent, main droite au bord de la «tarte», ce large béret des chasseurs alpins qu'ils portent incliné sur l'oreille gauche et dont l'insigne, un cor de chasse, brille sur le rude tissu bleu foncé.
Le troisième en partant de la gauche - ou le deuxième en partant de la droite, c'est selon - se distingue de ses camarades. D'abord, au contraire d'eux, habillés de bleu marine, il porte un blouson de toile claire. Et, surtout, le bord de son béret est incliné à droite !
Cet officier est le lieutenant Théodose Morel, du 27e BCA.
Mais pour ses hommes, pour la Résistance et bientôt pour l'histoire, il est «Tom».
Tom Morel.
11 lui reste moins de quinze jours à vivre.

12 mai 1990
Le vrombissement sourd des moteurs emplit la carlingue du Transall C 160. A l'intérieur, assis face à face, sur deux rangs, une soixantaine de jeunes sous-lieutenants, en treillis et casqués, silencieux. Ils s'apprêtent à sauter. Derrière ce premier appareil, un second, chargé d'autant d'hommes, leurs camarades.
Ils sont cent trente-deux en tout. Encadrés par trois officiers et un sous-officier. Ils ont embarqué il y a tout juste deux heures, à l'aérodrome de Rennes-Saint-Jacques. A leur tête un officier supérieur, au visage presque émacié, mince et sec, comme ses élèves et comme il se doit pour le commandant du 1er bataillon de France : le lieutenant-colonel André Aumônier. Ces cent trente-deux-là forment la dernière promotion de l'Ecole spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr. La «Spéciale», ou «Coëtquidan», ou plus familièrement «Coët». La promotion «Tom Morel».
Dans ces dernières minutes qui précèdent l'ouverture des portes et le largage, ils pensent tous à leur parrain... au milieu d'autres choses, comme à chaque saut. Mais là, le visage et la photo bien connue du lieutenant Théodose Morel s'imposent à eux. Ils vont sauter sur le plateau des Glières, mille quatre cents mètres plus bas. Le vent est bon, l'amphithéâtre des montagnes de Haute-Savoie, dont seuls les sommets portent des coulées de neige, domine les alpages vert tendre et jaune paille, couverts de bois plus foncés. Avec, au centre du plateau, un étrange monument, comme une tête ronde posée sur du béton blanc formant un «V», ou encore des bras tendus vers le ciel... au choix. Le monument des Glières, oeuvre du sculpteur Gilioli.
- Vert !
La lumière verte s'est allumée. Il est 15 h 30.


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