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_ La consolante

Couverture du livre La consolante

Auteur : Anna Gavalda

Date de saisie : 11/03/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Dilettante, Paris, France

Prix : 24.50 € / 160.71 F

ISBN : 978-2-84263-152-9

GENCOD : 9782842631529

Sorti le : 11/03/2008

Lorsque j'ai commencé les premières lignes de ce livre, j'ai été déconcertée. Son écriture est surprenante. Bien différente de celle d'Ensemble c'est tout. Il m'a fallu deux ou trois pages pour m'adapter mais ensuite, c'était parti. J'irai même jusqu'à dire qu'il me plaisait. On passe d'un texte qui se lit comme une succession de notes à une écriture plus romancée, plus sensible. Charles, le narrateur, énumère ses souvenirs et parfois se laisse gagner par les émotions. Enumérer comme pour se protéger de ces sentiments qui sont là et qui ne demandent qu'à s'exprimer. Froideur du texte comme pour se préserver de la douleur. D'ailleurs plus on avance plus le haché laisse la place à une écriture fluide et émue. Et plus ces petites notes ne sont là que pour nous indiquer des gestes entre de longues discussions ou pensées.

Anouk m'a bouleversée. Elle en a consolé du monde...

Quant à Charles je l'ai trouvé troublant, aussi bien dans sa gaieté que sa tristesse.

Et enfin Kate, un vrai bonheur à elle toute seule, cette personne pourtant elle aussi un peu abîmée par la vie.

Oh oui ils m'ont beaucoup plu tous ces personnages. Ils sont attachants, beaux dans leur caractère, leur amour, leur douleur, leur joie et leur peine.

Et puis quand Charles passe ce pont menant à la maison de Kate, un peu bohème, faite de bric et de broc, avec ses pots en terre partout, des enfants qui courent, ses animaux et son odeur de feu de bois et de gâteaux au chocolat, et bien le charme opère. L'esprit des lieux. Parfois on peut dire de certains passages qu'ils sont un peu trop romancés et idylliques, oui on peut, mais ce n'est pas grave, je prends, je saute à pieds joints dedans parce que ça fait du bien et que c'est du bonheur en pages !

L'amour est omniprésent dans cette histoire.

Enfin deux ou trois petites choses sont délicieuses. Je me suis demandée si Anna Gavalda n'était pas venue dans mon village pour observer la vie des gens. Et puis il y a ces petites piques ironiques à l'encontre de ce que moi aussi je déteste alors... régal ! Certains membres de la famille valent le détour et la description d'une certaine maison est très drôle ! Des petits plus que j'ai bien aimés.

Madame Gavalda, votre écriture est pleine de charme et j'ai beaucoup aimé votre livre ! Beaucoup ! J'en aurais bien repris quelques pages. Juste par gourmandise.


Dominique Gaultier - 03/03/2008


  • Les présentations des éditeurs : 02/03/2008

Présentation rédigée par Anna Gavalda, à la demande de son éditeur :

J'ai écrit le livre, j'ai dessiné la couverture et maintenant mon éditeur me demande de rédiger moi-même les prières d'insérer.
Le dilettante ? T'as raison...
Mon éditeur que je viens d'appeler à l'instant pour lui demander si on disait «un» ou «une» prière d'insérer et qui m'avoue qu'il ne sait pas. Que personne n'a jamais su. Bon, je sens que les pointillés du contrat, je vais les remplir toute seule aussi...
Je suis donc allée vérifier dans un dictionnaire et voilà ce que j'ai trouvé :
Faire ses prières. S'emploie, surtout à l'impératif, comme formule de menace pour inciter à se préparer à la mort, à une sévère punition.
C'est vrai ?
C'est ça, le genre de ce mot quand on l'emploie au pluriel ?
Gloups. Qu'est-ce que je fais là ?
Heureusement, la suite :
Equivalent noble de «Numéroter ses abattis».
Voilà qui m'inspire plus. Les miens ou ceux de mes personnages ? À l'heure où j'écris ces mots, ils n'existent pas encore et je ne suis guère plus vaillante... Mais retournons la bidoche et numérotons donc, numérotons ce qui bouge encore...



  • La revue de presse Philippe Delerm - Le Figaro du 13 mars 2008

Si vous avez envie d'écrire de gros romans qui brassent à pleines mains et font lever la pâte d'une époque appelée aujourd'hui, vous avez du souci à vous faire. Parce qu'il y a Anna Gavalda...
C'est drôle, c'est triste, ça foisonne. Il y a des morceaux impayables...
Mais on ne saurait réduire La Consolante aux sentiments et aux personnages. Ce qui prime à mes yeux, c'est le déferlement perpétuel de la vie d'aujourd'hui. Gavalda est forte en vie comme on est fort en bricolage, ça ne se discute pas, c'est donné. Après, bien sûr, il y a du boulot, mais là c'est l'ancien entraîneur d'athlétisme qui parle, on progresse davantage en augmentant ses qualités qu'en réduisant ses défauts. t puis je suis très content de partager avec elle Henri Calet, Pierre Déom, créateur de La Hulotte, Suzanne de Léonard Cohen, et même Neil Hannon.


  • La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 21 mars 2008

Après les 2 millions d'exemplaires toutes éditions confondues de Ensemble, c'est tout, voici donc La Consolante, 638 pages de gavaldisme au carré. Même si la petite musique puise à la même source, on est loin du sage recueil de nouvelles qui avait révélé, en 1999, une inconnue de 28 ans (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Le Dilettante). Forte de sa notoriété, Anna Gavalda peut aujourd'hui tout se permettre. Dans ce cinquième livre, elle se lâche et nous en fait voir de toutes les couleurs : comme pour répondre à ceux qui ironisaient sur ses bons sentiments, elle plonge dans le gris, le noir et le rouge sang, mais grappille tout aussi allègrement dans le reste de l'arc-en-ciel. La Consolante est un livre touffu, tout fou, plein de trouvailles et de digressions, dans lequel les personnages, en attente d'un happy-end, consomment beaucoup d'alcool pour noyer leur chagrin et se font tout le mal qu'il faut pour ne pas être bien.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 mars 2008

S'il y a un homme, Charles, au centre du quatrième roman d'Anna Gavalda, ce sont les femmes, radieuses et blessées, qui en dessinent le coeur. Triomphe assuré...
C'est exactement ce que l'on éprouve avec «la Consolante», le quatrième et très attendu roman d'Anna Gavalda.Il n'y a guère d'enjeu, on y raccommode avec du gros fil les familles éclatées et les amitiés distendues, il n'y a ni gagnants ni perdants, et ça se lit pour le plaisir. Car il faudrait être de mauvaise foi ou de mauvaise humeur pour en disconvenir : Anna Gavalda sait y faire. C'est un écrivain de charme, comme on dit une musique de charme. Elle saisit la vie dans le mouvement. Elle est au plus près, au plus juste, des émotions simples. Elle n'hésite pas à dire d'un oreiller qu'il est «ventru, hautain», d'une robe qu'elle est «en alexandrins», et d'un chandail qu'il «sent le chagrin». Elle décrit comme personne les fêtes d'école, les murs des enfants qui grandissent, les repas de famille, les bibelots qui ornent les tombes des cimetières de banlieue, les pierres et les toits des maisons françaises, les vieilles selleries et les villes nouvelles. C'est la fille naturelle de Françoise Sagan et de Claude Sautet. Ajoutez en effet «les Choses de la vie» à «Bonheur, impair et passe» et «César et Rosalie» à «Des bleus à l'âme», et vous obtenez «la Consolante», roman choral où se cicatrisent, avec le temps, une multitude de blessures intérieures.


  • La revue de presse Albert Sebag - Le Point du 6 mars 2008

«La consolante», c'est ce tournoi de pétanque qui est proposé à ceux qui sont éliminés prématurément de la joute officielle. La parabole de Gavalda est évidente : même gagnée par le désespoir, l'existence d'un être humain ne se résume pas à une pièce en un acte. Beaucoup des 2 millions de Français qui liront «La consolante» fermeront ce livre en prononçant ce simple mot : «Magnifique...» Nous en faisons partie.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express du 6 mars 2008

Avec La Consolante, un peu plus noir peut-être, mais tout aussi réconfortant, rien ne devrait changer. L'amour qui se délite, l'amitié qui prend des coups, les familles qui se recomposent, les relations frère-soeur indéfectibles, les brisés au grand coeur... Tout y est...
Efficace, La Consolante a un joli titre, hommage à la partie de pétanque qui compte pour du beurre, trouvé dans l'urgence, comme le dessin de la couverture, tracé par l'auteur elle-même, et se lit avec plaisir. Il peut même vous aider à trouver des amis (tentez sa lecture dans le métro ou dans le train), vous faire oublier vos propres peines et susciter les railleries des critiques.


  • Les courts extraits de livres : 02/03/2008

Il se tenait toujours à l'écart. Là-bas, loin des grilles, hors de notre portée. Le regard fiévreux et les bras croisés. Plus que croisés même, refermés, crochetés. Comme s'il avait eu froid ou mal au ventre. Comme s'il s'agrippait à lui-même pour ne pas tomber.
Nous bravait tous mais ne regardait personne. Cherchait la silhouette d'un seul petit garçon en tenant fermement un sachet en papier contre son coeur.
C'était un pain au chocolat, je le savais bien, et me demandais à chaque fois s'il n'était pas tout écrasé, à force...
Oui, c'était à cela qu'il se retenait, à la cloche, à leur mépris, au détour par la boulangerie et à toutes ces petites taches de gras à son revers comme autant de médailles, inespérées.
Inespérées...

Mais... Comment pouvais-je le savoir à l'époque ?
À l'époque, il me faisait peur. Ses chaussures étaient trop pointues, ses ongles trop longs et son index trop jaune. Et ses lèvres trop rouges. Et son manteau trop court et bien trop serré.
Et le tour de ses yeux trop sombre. Et sa voix trop bizarre.
Quand il nous apercevait enfin, souriait en ouvrant les bras. Se penchait en silence, touchait ses cheveux, ses épaules, son visage. Et, pendant que ma mère m'amarrait fermement à elle, je recomptais, fasciné, toutes ses bagues sur les joues de mon ami.
Il en avait une à chaque doigt. De vraies bagues, belles, précieuses, comme celles de mes grands-mères... C'était toujours à ce moment-là qu'elle se détournait horrifiée et que moi, je lâchais sa main.

Alexis, lui, non. Ne se dérobait jamais. Lui tendait son cartable et mangeait son goûter de l'autre, la vacante, en s'éloignant vers la place du Marché.
Alexis, avec son extraterrestre en talonnettes, son monstre de foire, son bouffon des primaires, se sentait plus en sécurité que moi, et était mieux aimé.
Croyais-je.

Un jour quand même, je le lui avais demandé :
- Mais, euh, c'est... c'est un monsieur ou une dame ?
- De qui ?
- De... le... la... celui qui vient te chercher le soir ?

Il avait haussé les épaules.
Un monsieur bien sûr. Mais qu'il appelait sa nounou.
Et elle, sa nounou, elle avait promis par exemple de lui rapporter des osselets en or et il me les échangerait contre cette bille-là, si je voulais, ou, tiens... elle est en retard, ma nounou aujourd'hui... J'espère qu'elle n'a pas perdu ses clefs... Parce qu'elle perd toujours tout, tu sais... Elle dit souvent qu'un jour, elle oubliera sa tête chez la coiffeuse ou dans une cabine du Prisunic et après elle rit, elle dit que heureusement, elle a des jambes !
Mais un monsieur, tu vois bien.
Quelle question...

Je n'arrive pas à me souvenir de son nom. C'était quelque chose d'extraordinaire pourtant...
Un nom de music-hall, de velours lâche et de tabac froid. Un nom comme Gigi Lamor ou Gino Cherubini ou Rubis Dolorosa ou...
Je ne sais plus et j'enrage de ne plus savoir. Je suis dans un avion pour le bout du monde, je dois dormir, il faut que je dorme. J'ai pris des médicaments pour ça. Je n'ai pas le choix, je vais crever sinon. Je n'ai pas fermé l'oeil depuis tellement long... et je...
Je vais crever.


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