Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.

Bibliothécaires,partagez vos découvertes.

Clubs de lecture,envoyez vos choix.

Editeurs,valorisez vos livres.

.. Notre-Dame-des-Passes

Couverture du livre Notre-Dame-des-Passes

Auteur : Charles Daney | Yvonne Daudet

Date de saisie : 15/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Loubatières, Portet-sur-Garonne, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-86266-545-0

GENCOD : 9782862665450

Sorti le : 15/02/2008

  • Les présentations des éditeurs : 29/02/2008

Tobie, ange chargé des relations terrestres, est envoyé par les archanges contrôler si Mary, dans son nouveau manus­crit, ne dévoile pas quelque secret céleste. S'introduisant dans l'ordinateur de la romancière, il prend à son compte des mesures radicales et finit par écrire lui-même un roman cautionné par les archanges.
Mary laisse faire mais continue en secret d'écrire d'au­tres livres, d'autres nouvelles, dépassant les interdits dans l'espérance d'autres romans. C'est aussi l'aventure d'une ville, Arcachon, où Mary a trouvé le bonheur d'écrire.
Yvonne Daudet est spécialiste de Jean et Jérôme Tharaud dont elle a publié une biographie sous le titre La Règle du JE aux Editions Eres. Elle est aussi l'auteur de deux romans : L'Ange odieux, aux Éditions Elytis et Un rôle dangereux aux Éditions Atlantica.

Charles Daney a écrit nombreux ouvrages. Il est l'auteur chez Loubatières des Contes de la mer, de la lande et du vent, de Hilh de Pute macarel, d'un Louis Gaume et d'Une enfance girondine.
Ils sont tous deux membres de l'Académie du Bassin d'Arcachon.


  • Les courts extraits de livres : 29/02/2008

TOBIE OU LE RETOUR DES ANGES

Où l'on apprend les raisons de la mission extraordinaire de Tobie

Je suis un ange.
Au temps de ma splendeur, il y a cinq ou six siècles de cela, je fus pris pour modèle par de nombreux artistes.
Peintres et sculpteurs, tant en France qu'en Italie se dis­putaient mes allures triomphantes, mes poses alanguies, le velouté de mon épaule, le mystérieux sourire d'extase qui me transfigurait quand retentissait l'absolue perfection du chant d'un castrat.
Ils s'appliquaient à rendre la finesse de mes courtes boucles blondes, l'arrondi de mes douces lèvres.
Je pourrais encore maintenant, pour vous séduire, ap­paraître dans ma radieuse et angélique beauté, robe de satin, et ailes pailletées d'étoiles dans un halo de nuages nacrés et de poudre de riz.

Je pourrais aussi vous intriguer par les secrets de mon invisibilité et de mes fantastiques pouvoirs, ou encore vous épater par mes métamorphoses en merle noir ou en tourterelle. Facile, trop facile ! Et puis à quoi bon...
Je ne suis plus qu'un pauvre ange déchu, dégringolé au plus bas échelon du SMRT (Service des Missions et Relations Terrestres). Je n'atteindrai jamais le séraphinat.

Expédié sur des affaires difficiles, j'ai si souvent échoué et encouru la légitime colère du ciel que j'ai cru être maudit à tout jamais.

J'ai envié les humains que je devais protéger, je me suis laissé séduire bien des fois et suis allé jusqu'à l'extrême tra­hison en me faisant passer pour l'un d'eux.

Et je n'ose même pas parler de mes dernières aventures, voilà un peu plus d'un an quand je me suis retrouvé coincé, avec mon compère Langelot, aux Urgences d'un hôpital de province où j'accompagnais les victimes de mes erreurs.
Nous devions y rester consignés pour l'éternité.

Alors que Langelot s'était vite découvert une vocation d'ange infirmier, secouriste et secourable, moi, je vivais là mes pires moments d'horreur.
Imprégné des odeurs de pansements, de javel, d'éther, de fièvre et de sang mêlés aux relents de cuisine et de serpillière, je n'entendais que gémissements, plaintes et râles ; la peur, la souffrance et les chairs nécrosées n'avaient pas plus de secret pour moi que les tiraillements du catgut dans les plaies. J'en avais encore une fois pris plein les ailes... qui d'ailleurs se déplumaient à vue d'oeil.
Les gyrophares qui tournoyaient de douleur et de deuil au rythme des cris stridents des sirènes, coloraient de bleu les nuits les plus noires et mes cauchemars éclatés en coulées de sang.
J'avais pris le teint blafard des blessés condamnés, leurs fièvres et leurs sueurs nauséabondes. Mes plumes pendaient lamentablement et ma robe de satin, froissée, tachée, ressemblait à d'immondes chiffons rafistolés de sparadrap.
Je vivais là mon éternité, sans désir, sans attente.


Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia