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.. Les placards sont vides

Couverture du livre Les placards sont vides

Auteur : Isabelle Rossignol

Date de saisie : 06/03/2008

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium

Prix : 8.50 € / 55.76 F

ISBN : 978-2-211-08992-0

GENCOD : 9782211089920

Sorti le : 06/03/2008

  • Les présentations des éditeurs : 29/02/2008

Il n'y a plus de beurre dans le réfrigérateur ! Dans n'importe quelle famille, tout le monde s'en ficherait, Bruno le premier. Mais pas en ce moment, pas chez les Moncel. Quelque chose ne tourne pas rond ici depuis quelques semaines. Il y a ces placards à provisions à moitié vides, ce linge sale qui s'entasse dans la salle de bains, ces factures qui traînent, ce ménage pas fait...
Et surtout, Bruno ne reconnaît plus ce père trop silencieux, cette mère trop bavarde, ces parents fuyants devenus presque indifférents au quotidien. Que leur arrive-t-il ? Que LUI cachent-ils ?
Bruno passe ses journées à se triturer les méninges, à fabriquer des plans catastrophes avec ses copains Stan et Matthias. Il observe, il enquête, il file. Il apprendra bientôt que les adultes ont le droit, eux aussi, d'avoir leurs secrets...

Isabelle Rossignol est née en 1965. Elle a fait des études de lettres à Nice. Quand elle n'écrit pas, elle enseigne l'écriture à des enfants et à des adultes. Elle fait aussi des émissions à la radio sur France-Culture («Surpris par la nuit», vers 22 h15), parce qu'elle est très bavarde, parce qu'elle a envie de parler au monde entier, et surtout parce qu'elle a envie que le monde entier lui parle... Elle continue d'écrire des romans pour les adultes mais elle aime de plus en plus écrire pour la jeunesse. En fait, on ne l'arrête plus...


  • Les courts extraits de livres : 29/02/2008

Quand mon réveil a sonné, j'étais en train de cogner contre une vitre. Je frappais de toutes mes forces pour essayer de la casser parce que, derrière, il y avait une fille. Deux types la tiraient par les bras et elle hurlait. Elle avait peur et, moi, à cause de cette vitre qui me résistait, je ne pouvais pas l'aider.
Je repousse le drap. Je me frotte les yeux. Je déteste les rêves. J'ai toujours l'impression qu'après ils me polluent, ils me grignotent, ils s'infiltrent dans ma tête déjà bien déraillante ; et quand je dis «déraillante», je n'exagère pas. Je suis ce qu'on appelle un bon petit cinglé. Un gentil toqué. Exemple concret : là, je sais que je viens de rêver, donc que cette fille n'existe pas, eh bien je serais quand même fichu d'aller fouiller dans toute ma chambre pour voir si elle n'est pas cachée quelque part. Au minimum, je pourrais me poser mille questions qui embrouilleraient tout. Ce que je fais. «Est-ce que, par hasard, je me demande, je n'aurais pas confondu la sonnerie avec les cris de la fille ? Ou est-ce que ce rêve ne serait pas un faux rêve mais une sorte de délire provoqué par le réveil que j'aurais laissé sonner trop longtemps ? Ou est-ce qu'il ne serait pas un rêve que j'ai fait avant, et que j'ai oublié, et qui s'est transformé sur la fin, à cause de la sonnerie ?»
Voilà le genre de micmac dont je suis spécialiste ; mais je n'y peux rien : les questions, chez moi, c'est une seconde nature. À la minute, je peux m'en poser des tonnes, et je dois dire que, de temps en temps, ça me réussit. Il y a des matins où ça m'aide à refaire surface. Ce matin, non. Ce matin, je sens qu'il va falloir que j'utilise les grands moyens : compter jusqu'à trois, sauter de mon lit, puis brancher à fond la radio et foncer sous la douche.

Perdu ! Quand je sors de la salle de bains, je me traîne. La vérité, c'est que ce rêve ne me lâche pas parce que je m'en veux. Je suis trop nul, vraiment trop nul de ne pas avoir cassé cette vitre ; alors que, si j'étais arrivé à le faire, les types se seraient enfuis, j'aurais sauvé la fille, elle m'aurait sauté au cou, elle m'aurait peut-être embrassé ; en tout cas, moi, je me serais senti un héros et je me serais réveillé en pleine forme. Mais ça, c'est exactement ce qui a l'air d'être impossible dans mes rêves et c'est pour ça que je les déteste : quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, ils me font apparaître en type nul, en minable, en mauviette. Comme s'ils voulaient absolument que je sois mal dans ma peau. Et aujourd'hui, super ! Ils peuvent dire qu'ils ont bien réussi leur coup.
Le top du top, c'est que ma tête qui déraille a l'air partie pour être de leur côté. Pendant que je m'habille, mine de rien, elle me sort une petite question bien traître. «Au fait, elle me demande, qu'est-ce que tu ferais si, là, maintenant, quelqu'un était en danger devant toi ?»
Évidemment, à froid, comme ça, je ne sais pas quoi répondre. Les seules idées qui me viennent, c'est un ou deux souvenirs d'exploits du bon vieux Batman, autant dire la régression complète. Le pire, c'est que j'aurais une envie démentielle d'aller me planter devant un DVD et de revisionner les scènes où il sort de sa cape une panoplie d'objets qui lui permet de sauver l'humanité.


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