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Nous tenons à remercier vivement les nombreux bibliothécaires qui nous ont encouragé et aidé, avec enthousiasme, à créer Lechoixdesbibliothecaires.com. Les deux premiers choix de bibliothécaire à avoir été mis en ligne sont ceux de Louis Burle, directeur de la Médiathèque de l'agglomération troyenne, et de Jean-Claude Utard, inspecteur des Bibliothèques de la Ville de Paris. Ils deviennent ainsi, tout naturellement, les deux parrains de notre site. Un grand merci à eux.  
 
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Autoportrait d'un reporter

Couverture du livre Autoportrait d'un reporter

Auteur : Ryszard Kapuscinski

Traducteur : Véronique Patte

Date de saisie : 10/04/2008

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Feux croisés

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-259-20299-2

GENCOD : 9782259202992

Sorti le : 14/02/2008

  • Les présentations des éditeurs : 17/09/2008

Le grand reporter Ryszard Kapuściński, disparu en janvier 2007, donne ici, en quelque sorte, son testament d'écrivain.

Choisies parmi plus de mille pages d'articles et d'interviews, ces quelques dizaines de questions et réponses sont précieuses dans le sens où elles renseignent le lecteur sur la profession exercée par Kapuściński, mais aussi sur lui-même, sa personnalité, sa passion du voyage, ses reportages exceptionnels, son goût du risque pour défendre des valeurs qui lui sont chères, la solitude et la peur accompagnant son travail quotidien, la difficulté de ce travail d'écriture qu'il compare à un véritable bagne.

Ryszard Kapuściński évoque sans concessions la déontologie de son métier, les manipulations et les pressions des médias que subissent les reporters d'aujourd'hui, et aborde avec une belle sincérité l'art de l'écriture, et la conception philosophique de son travail.

L'ouvrage a également le mérite de revenir sur les moments forts de l'oeuvre de l'auteur : Ebène, lmperium, Le Négus, Le Shah... Un petit livre riche, drôle parfois, et qui étonne par la modestie de ses aveux.

Ryszard Kapuściński est né en 1932 à Pinsk (Pologne). En 1945, sa famille s'installe à Varsovie, où il entame des études d'histoire et de lettres. Dès les années 1950, il devient correspondant de l'agence de presse officielle polonaise en Asie et au Moyen-Orient, puis en Amérique latine et en Afrique. Son ouvrage Ebène a été élu Meilleur Livre de l'année 2000 par la rédaction de Lire, et a été couronné par le prix Tropique 2002 (attribué par le Sénat). Il meurt à Varsovie à l'âge de 75 ans.

«Kapuściński est un extraordinaire sorcier du reportage.»
John le Carré



  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 10 avril 2008

Dans Mes voyages avec Hérodote (2004), l'un de ses derniers livres, Ryszard Kapuscinski, disparu il y a un an, expliquait, via une relecture de l'historien grec, comment il concevait son métier de reporter, et son travail d'écrivain. Autoportrait d'un reporter (2005) poursuit dans la même voie : à travers un collage d'extraits d'interviews, on y lit un «art poétique», qui nous fait pénétrer dans l'atelier de l'auteur d'Ébène...
Kapuscinski, très pudique en ce qui concerne les détails de sa vie, avoue que, dans tous ses livres, il parle, au fond, de lui-même, et de son pays, la Pologne : les mécanismes du pouvoir qu'il analyse ne sont pas d'un seul temps ni d'un seul lieu, mais de toujours et de partout. Les pages consacrées aux médias d'aujourd'hui sont passionnantes, et impressionnent par leur lucidité...
Pour lui, un reporter à la différence de la plupart des «envoyés spéciaux» du XXIe siècle est un homme de culture et d'éthique. Un homme de mots. Un écrivain.


  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Je suis né dans une région appelée Polésie. En fait, je suis un homme déraciné. Mes pérégri­nations ont commencé à Pinsk, ma ville natale. Enfant, j'ai traversé la guerre de long en large. Nous étions constamment en fuite : d'abord de Pinsk vers l'Allemagne, puis devant les Allemands. J'ai commencé à courir le monde dès l'âge de sept ans, et je continue encore aujourd'hui.

On me demande toujours si je n'ai pas l'intention d'émigrer. Et je réponds que c'est fait : ma maison se trouve ailleurs, dans un autre pays. Je dois voyager, je dois me déplacer. Quand je reste dans un endroit, pas forcément en Pologne, n'importe où, je m'ennuie, je suis malade, il faut que je parte plus loin. Je suis terriblement curieux du monde. Je regrette toujours de ne pas avoir été ici ou là.

La curiosité est un trait de caractère du repor­ter. Il y a des gens que le monde n'intéresse pas du tout. Ils considèrent leur univers comme le centre de la Terre. C'est une vision comme une autre. Confucius dit bien que la meilleure façon de connaître le monde consiste à ne pas sortir de chez soi. Il y a une part de vérité dans ce postulat. Il ne faut pas nécessairement voyager dans l'espace. On peut voyager à l'intérieur de son âme. Le voyage est un concept extensible et varié.
Il existe toutefois des gens qui ont besoin de connaître le monde dans sa diversité; cela fait partie de leur nature. Ces gens sont peu nombreux.

Il existe différentes sortes de voyages. La plu­part des gens voyagent pour se reposer. Ils veu­lent loger dans des hôtels de luxe au bord de la mer et bien manger. Que ce soit dans les îles Canaries ou Fidji reste pour eux secondaire. Les jeunes font volontiers des voyages-performances ; ils traversent par exemple l'Afrique du nord au sud ou descendent le Danube en kayak. Les gens qu'ils rencontrent sur leur chemin ne les intéressent pas, leur but étant de réaliser un exploit et de satisfaire leur désir de surmonter une difficulté. Les voyages peuvent aussi avoir un caractère professionnel ou contraignant : ainsi les déplacements des pilotes d'avion ou ceux des réfugiés. Personnellement, ce que j'apprécie le plus, ce sont les voyages de reporter, les voyages ethnographiques, anthropolo­giques, dont le but est de mieux connaître le monde, son histoire, ses mutations; et après, ce que j'aime, c'est partager mon expérience. Ce type de voyages exige de la concentration et de l'attention mais ils permettent de comprendre le monde et les règles qui le gouvernent.

Plus on connaît le monde, plus on a le senti­ment de le méconnaître et plus on se rend compte de son immensité, spatiale certes, mais surtout culturelle, une richesse si énorme qu'elle est impossible à inventorier. A l'époque où James Frazer rédigeait Le Rameau d'or, où de nombreux anthropologues du XIXe siècle croyaient que le monde était peuplé d'un nombre déterminé de tribus ou de peuples, on pouvait encore essayer de les classer ou de les décrire. Aujourd'hui, nous avons conscience que le patrimoine culturel du monde est infini dans son ensemble, dans sa richesse. J'estime qu'à l'issue de plus de quarante-cinq ans de voyages intensifs, je ne connais pas vraiment le monde, même si je le connais bien mieux que ceux qui ne voyagent pas beaucoup.


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