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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Béatrice Hammer
Date de saisie : 26/02/2008
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : Oskar jeunesse, Paris, France
Collection : Cadet. Roman
Prix : 9.95 € / 65.27 F
ISBN : 978-2-35000-251-4
GENCOD : 9782350002514
Sorti le : 14/02/2008
Cet hiver-là n'est pas un hiver comme les autres pour Marie et sa petite soeur, Violaine.
Leur mère est hospitalisée pour une dépression nerveuse. Tout en faisant le maximum pour que cette absence ne soit pas trop dure pour Violaine, Marie va découvrir qu'il y a un secret dans sa famille. Un secret qui pourrait l'aider à comprendre pourquoi sa mère est tombée malade...
«... Maman m'a prise dans ses bras et ça m'a fait du bien, mai s j'ai eu l'impression qu'elle ne me serrait pas comme d'habitude ; et ce qui est sûr, c'est qu'elle ne m'a pas tapoté la tête comme elle le fait quand elle veut me rassurer. J'ai demandé :
- Tu devais être drôlement fatiguée, pour dormir comme ça, non ? Maman a hoché la tête :
- Je n'avais pas dormi de la nuit. C'était terrible, j'étais épuisée.
- Maintenant ça va mieux ? j'ai demandé.
- Bien sûr, ma chérie, a dit maman...»
Les yeux vides
Il est sept heures. Mon réveil sonne. Je sais qu'il faut que je me lève mais je n'en ai pas du tout envie. En fait, je n'ai pas envie de grand-chose en ce moment. Il faut dire que c'est l'hiver. Mais ce n'est pas la seule raison. D'habitude, en hiver, j'ai envie de me lever : j'aime bien prendre mon petit déjeuner dans la cuisine où il fait encore nuit, sentir l'odeur du chocolat chaud dans le couloir quand j'ai le bout du nez un peu frais, j'adore faire fondre mes biscottes beurrées dans mon bol, enfiler mes chaussures, mon gros manteau, et puis partir dans la nuit froide comme si j'étais une aventurière.
Mais pas n'importe quelle aventurière. Une aventurière bien préparée. Une aventurière à qui quelqu'un a passé une grosse écharpe autour du cou en lui disant :
- Sois prudente, ma chérie, ne te découvre pas, et écoute bien tout ce que dit la maîtresse !
Ça, c'est ce qui se passait avant.
Maintenant, quand je me lève, il n'y a pas d'odeur de chocolat chaud qui vient de la cuisine, mes tartines ne sont pas beurrées, je dois aller moi-même chercher mon manteau et mes chaussures, et si je ne noue pas ma grosse écharpe autour du cou, personne n'est là pour me rappeler qu'une vraie aventurière ne doit pas se découvrir.
Au début, je ne m'étais pas trop inquiétée. C'étaient des petits signes sans importance, maman oubliait des choses, plus souvent que d'habitude : elle ne signait pas le chèque pour la cantine, elle ne passait pas chercher mes chaussures chez le cordonnier, elle oubliait de coudre mes ourlets, enfin rien de bien grave. J'étais ennuyée, mais je me disais que c'était normal, après tout maman a vraiment beaucoup de choses à faire, entre son travail, ma petite soeur Violaine et moi, c'était bien normal qu'elle en oublie.
Un jour, quand elle est venue me chercher à six heures, j'ai eu l'impression qu'elle faisait une drôle de tête.
- Ça ne va pas, maman ?
Elle ne m'a pas répondu, elle a fait comme si elle n'avait pas compris ma question, alors je l'ai répétée.
- Tout va bien, ma chérie, a-t-elle fini par répondre, mais en même temps, elle a levé la tête comme quand elle se retient de pleurer.
Quelques jours plus tard, comme je venais dans la cuisine pour mettre la table, je l'ai trouvée assise, la tête enfouie dans ses bras, comme si elle dormait. Je me suis raclé la gorge, elle a sursauté et quand elle a relevé la tête, j'ai eu l'impression que ses yeux étaient vides.
- Tu t'étais endormie ?
- Non, non, ma chérie, j'étais en train de réfléchir. J'ai trouvé ça bizarre qu'elle réfléchisse la tête enfouie dans les bras, moi quand je réfléchis, j'ai plutôt les yeux ouverts, et puis j'aime bien marcher, ça fait avancer les idées. Mais je n'ai rien osé dire : c'est personnel, la façon dont on réfléchit. Le soir, j'ai essayé d'en parler avec papa :
- Tu ne trouves pas que maman a l'air un peu bizarre, en ce moment ?
- Bizarre ? Qu'est-ce que tu veux dire, Marie ?
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