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Auteur : Paul Vacca
Date de saisie : 04/11/2008
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : P. Rey, Paris, France
Collection : Roman français
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-84876-112-1
GENCOD : 9782848761121
Sorti le : 06/03/2008
Un gamin de treize ans qui vit à la campagne dans le café que tiennent ses parents découvre l'amitié des copains, la solidarité, la vie, l'amour, mais aussi la tragédie de la maladie. Un jour, il tombe par hasard sur Proust et lui qui, au grand désespoir de sa mère, ne lit jamais réalise tout le plaisir et le bonheur que peut apporter un livre. Cette lecture partagée avec sa mère va se transformer en une émouvante complicité et en "médicament" contre la maladie, pour le bonheur de la Vie.
Un roman doux, drôle, parsemé de souvenirs d'enfance. C'est pétillant, savoureux, plein de finesse, de vie et en même temps émouvant et touchant. Une vraie découverte.
«Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m'a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t'en saisis, comme s'il s'agissait d'un miracle.
- Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel.
Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l'objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit.
Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour...»
Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d'un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France.
Des jeux innocents aux premiers émois de l'amour, de l'insouciance à la tragédie : l'histoire tendre et drôle des dernières lueurs d'une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature...
Paul Vacca vit à Paris. Il signe ici son premier roman.
Le titre est charmant, de ceux que l'on écrit pour en écouter la musique et finalement La Petite Cloche au son grêle est annonciateur d'un premier roman tout aussi gracieux. Paul Vacca embarque le lecteur dans cette histoire fraîche et ingénue...
Parfois, la réalité dépasse aussi la fiction dans ce roman où l'on voit Pierre Arditi débarquer dans le café paternel et lancer : «Longtemps je me suis couché de bonne heure.» Fable douce-amère, ce premier roman est une madeleine à déguster sur le pouce comme un biscuit chipé aux enfants.
Le retour du collège relève pour moi d'un ordre aussi immuable que le lever du jour, la chute des corps ou la ronde des saisons. Sitôt poussée la porte du bar, la clochette tinte et, au bout du comptoir, tu lèves le regard de ton livre. Ton visage s'éclaire.
- Comment s'est passée ta journée ? me demandes-tu d'une voix chantante.
Quoi qu'il me soit arrivé, je te murmure :
- Très bien.
Je jette mon cartable à terre et contourne le comptoir pour t'embrasser ; tu glisses ta main dans mes cheveux en les recoiffant. Je prends place à la table entre la fenêtre et le flipper où tu m'apportes mon goûter. À ce moment-là, papa apparaît traversant le bar, les bras chargés de casiers de bouteilles et, arrivé à ma hauteur, il passe sa main gantée dans mes cheveux et y rétablit le désordre.
- Ça va, fiston ?
À cette heure, il n'y a pas grand monde dans le café, juste quelques habitués, irréductibles piliers qui s'adressent en continu au patron, prêchant dans le désert. Affairé derrière le comptoir, papa hoche mollement la tête en signe d'approbation, sans même savoir de quoi on l'entretient.
C'est l'heure de mes devoirs. Tu as imposé au bar une règle de silence presque aussi stricte que dans un monastère. Que quelqu'un se laisse aller à hausser le ton, à rire ou à s'approcher du flipper, instantanément ton regard le foudroie.
Bercé par les chuchotements et le froissement des pages de ton livre, j'attaque sans grande conviction mes devoirs, restant à la surface des lettres ou des chiffres qui défilent sous mes yeux.
Puis vient l'heure où la clochette s'affole à nouveau, où le bar reprend vie. Mon horizon devient bleu, de la couleur des tenues de travail des clients qui se massent en une bourdonnante mêlée autour du comptoir. Les verres s'entrechoquent, l'air se charge d'anisette, de fumée de tabac brun, d'invectives amicales et de rodomontades.
Alors, un simple échange de regards nous suffit.
Tu ranges ton tablier, quittes l'arrière du comptoir sur la pointe des pieds ; moi, j'enfourne à la diable mes livres et cahiers dans mon cartable et, tous les deux, sous le regard réprobateur de papa, on s'enfuit.
Comme deux évadés, on court en se tenant par la main, heureux de laisser derrière nous l'agitation enfumée du bar. Une fois traversé la nationale, on s'enfonce dans la pénombre des sous-bois, louvoyant entre les arbres sur un chemin qu'on croit être les seuls à connaître. Puis la forêt s'éclaircit et notre chemin rejoint le sentier herbeux le long de la Solène, la tendre Solène qui coule entre les villas fleuries de la bourgeoisie de Montigny.
Là, nous sommes arrivés. Nous réduisons alors le rythme pour flâner à notre aise dans l'air tiède de la fin d'après-midi, à l'abri des grands peupliers qu'allument les rayons dorés du soleil de printemps.
Nos regards ignorent les clôtures, les portails ou les talus pour percer le mystère de chaque villa. Tu aimes découvrir leur personnalité. La plupart sont inoccupées en cette saison. Par nos rêves, nous nous installons dans ces villas inhabitées.
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