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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Paul Charles Doherty
Traducteur : Régina Langer
Date de saisie : 06/01/2008
Genre : Policiers
Editeur : Archipel, Paris, France
Prix : 20.95 € / 137.42 F
ISBN : 978-2-8098-0006-7
GENCOD : 9782809800067
L'ancien commandant des Panthères du Sud, armée qui vainquit les Hyksos, se recueille, agenouillé sur un coussin.
Soudain, poignard à la main, s'avance derrière lui une silhouette masquée, vêtue de rouge comme le redoutable dieu Seth...
Ipumer, scribe à la Maison de Guerre, se tient le ventre, victime de violentes crampes d'estomac. La salive coule de ses lèvres. Son visage est blême, ruisselant de sueur... Ce troisième jour du second mois de Perit est décidément néfaste à Thèbes.
Y a-t-il un lien entre l'assassinat d'un haut dignitaire du royaume, honoré du titre de Bras droit de Pharaon, et l'empoisonnement d'un jeune scribe ambitieux ? Amerotkê, juge suprême à la cour d'Hatchepsout, est confronté à l'enquête la plus délicate que lui ait jamais confiée la reine.
Diplômé de l'université d'Oxford, Paul Doherty est l'un des maîtres du suspense historique britannique. Après Sous le masque de Rê (Grand prix des lecteurs «Grands détectives», 2007), Meurtres au nom d'Horus et La Malédiction d'Anubis, voici la quatrième enquête du juge Amerotkê.
C'était un jour néfaste pour ceux qui détenaient le pouvoir en Egypte. En ce troisième jour du second mois de Périt, la Saison de la Sortie, Seth aux cheveux roux, le méchant, le malveillant, avait autrefois empêché Shou, le dieu céleste, de parcourir le ciel dans sa barque. Aujourd'hui, à Thèbes, la plupart des habitants de la ville avaient coulé une journée tranquille. Devant le temple, la grande place était silencieuse et les étals des marchands attiraient peu de monde. Ceux qui avaient une maison restaient chez eux à prier et à se protéger du mauvais sort par des signes ou des incantations.
Quand le soleil sur son déclin teinta de brillantes couleurs les rochers surplombant Nécropolis sur la rive occidentale du Nil, un soupir de soulagement s'échappa de toutes les poitrines et des libations furent offertes aux dieux. Certaines personnes se risquèrent même hors de leur domicile pour admirer les derniers rayons du soleil couchant illuminant les pointes d'électron coiffant les obélisques. Ces hautes silhouettes de granit massif qui se découpaient sur le ciel devant la Grande Demeure du dieu se trouvaient soudain transformées en éclats de lumière. La journée prenait fin et, avec elle, la menace hostile de Seth aux cheveux roux, dieu de la Guerre. Il allait bientôt quitter les Terres noires irriguées par le Nil, fuyant Kemet au sol riche et fertile pour vivre avec son cortège de démons belliqueux dans la chaleur torride du Des-hert, ces Terres rouges situées à l'est et à l'ouest de Thèbes. Couvertes d'amas rocheux chaotiques, elles servaient de demeure aux lions, aux panthères, aux hyènes à bosse et aux tueurs d'âmes.
L'influence maléfique des Terres rouges était perceptible en un jour comme celui-ci. Les Thébains furent grandement soulagés quand l'obscurité tomba et que Rê entama son périple nocturne à travers le monde souterrain. Cependant tout danger n'était pas encore écarté et des actes diaboliques, voire des meurtres, pouvaient encore se produire. Le dieu Seth, assassin de son demi-frère Osiris et traquant sans relâche son neveu Horus, pouvait encore revenir sur ses pas, se glisser dans les étroites ruelles ou les larges avenues pavées de basalte de la grande cité de Pharaon, chassant ses proies comme un renard, fouinant comme un rat, jetant son ombre diabolique sur les âmes des hommes et les incitant à lever leur dague ou leur bâton contre leurs semblables.
Dans le temple de Seth, au coeur des lieux saints réservés aux prêtres, se dressait une chapelle de brique rouge. Il s'agissait du sanctuaire privé dédié aux Nakhtu-aa, les bras armés de Pharaon, héros de la grande guerre contre les Hyksos, ces envahisseurs cruels qui se glorifiaient de leur surnom de «Souffle de dieu». Depuis leur ville d'Avaris jusqu'aux provinces du nord, les Hyksos avaient apporté la «Saison de la Hyène» aux deux royaumes d'Egypte. Ils avaient fini par être vaincus par Ahmose, grand-père d'Hatchepsout, l'actuelle reine-pharaon. Poussant ses régiments de chars vers le nord, Ahmose, avec l'aide des dieux, avait chassé les Hyksos des Terres noires, les poursuivant à travers le désert. Certains périrent dans les étendues sauvages du Sinaï, d'autres s'embarquèrent pour franchir la Grande Verte. Le reste s'était enfui à l'ouest vers le Territoire de l'Oubli ou, au sud, par-delà la troisième cataracte.
Les Hyksos avaient disparu mais les hauts faits de l'armée conduite par Pharaon n'en étaient pas oubliés pour autant. Le régiment de Seth avait joué un rôle éminent dans cette victoire. Certes, les hommes redoutaient Seth, mais Pharaon et ses sujets éprouvaient à son égard un respect teinté de crainte pour la protection essentielle qu'il leur avait apportée dans la lutte contre l'envahisseur étranger. Le régiment des Nakhtu-aa, une poignée de vaillants jeunes officiers dont le nombre ne dépassait pas la dizaine, avait fait preuve d'une telle férocité et d'un tel courage qu'on les avait surnommés les «Panthères du Sud» ou, encore, les «Meurtriers de Seth». Bien des années s'étaient écoulées après cela et Ahmose, le grand-père d'Hatchepsout, avait été suivi dans les Horizons lointains par son père, puis par son demi-frère. Tout juste âgée de vingt ans, Hatchepsout avait fait preuve d'une sagesse et d'un courage dignes d'une reine d'expérience. Elle portait à présent la double couronne ainsi que le nenes, le manteau sacré, et tenait dans ses mains manucurées le fléau et le bâton symboles de l'Empire.
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