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Auteur : Cormac McCarthy
Traducteur : François Hirsch
Date de saisie : 21/02/2008
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-87929-591-6
GENCOD : 9782879295916
Sorti le : 03/01/2008
Voici un livre que j'ai lu parce qu'un ami m'a dit que je ne pouvais pas passer à côté, et ensuite parce que les critiques que j'ai lues à son sujet étaient élogieuses et présentaient ce roman comme hors du commun.
Hors du commun il l'est vraiment. Ils sont seuls, le père et le fils. L'apocalypse a eu lieu et autour d'eux des cendres, rendant le paysage gris. Parfois des villes, des maisons pillées. Ils cherchent de la nourriture ; parfois, par chance, ils en trouvent. Ils se cachent, se terrent parce que les gens qui ont survécu ne sont pas tous gentils. Ceux-là ont sombré dans la barbarie pour survivre. Ils souffrent du froid. Ils traversent des lieux où ils voient toutes ces choses qui sont bien inutiles maintenant. Ils survivent en sachant que de toute façon la mort les rattrapera. Et pourtant, il y a beaucoup d'amour entre ces pages sombres. L'amour que cet homme et ce petit se portent. Un amour qui les aidera à tenir malgré la peur et l'angoisse. Un amour qui fera qu'eux ne sombreront jamais dans l'horreur. Se fixant des limites à ne pas dépasser. Et ils se parlent. Peu mais ils se parlent. Le père le veut, lui dit. Il faut que tu me parles. Pour faire sortir les sentiments. L'angoisse. Mais il y a aussi l'espoir. Le petit se dit que peut-être ailleurs il y a d'autres gentils comme eux. D'autres enfants. Quelque chose les porte, les emmène chaque jour un peu plus loin. Ne pas s'arrêter. Continuer à marcher sur la route.
"Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
Si, tu sais.
Il existe pour de vrai le feu ?
Oui, pour de vrai.
Où est-il ?
Je ne sais pas où il est.
Si tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois."
Oui ce livre est hors du commun, inhabituel. Pas du tout mon genre de lecture en temps normal. Mais pourtant je ne regrette pas de l'avoir lu. Il est porteur d'un message. Je ne saurais pas vous dire lequel ! Oui je sais, c'est surprenant. Un livre à découvrir assurément.
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l'extrême.
Prix Pulitzer 2007, La Route s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires aux États-Unis.
«Héritier de la Bible et de Shakespeare, de Hawthorne et de Faulkner, archaïque, lyrique et visionnaire, sensible à la beauté du monde, McCarthy est hanté par la violence des hommes et la question du Mal.»
Nathalie Crom, Télérama
Traduit de l'anglais (États-Unis) par François Hirsch.
Surgis des pires abîmes de notre condition, les romans de McCarthy renouent avec la fureur faulknérienne. Ils vont chercher dans les textes bibliques cette musique dépouillée qui permet aux hommes d'interpeller l'absolu, du fond de leur détresse...
Les deux pénitents de McCarthy sont inoubliables. Il ne leur reste qu'une seule issue : marcher vers la mer. Où les rivages sont fouettés par le sinistre ressac de la damnation. Mais où un père peut encore serrer son fils contre son coeur. Et où un écrivain peut encore répandre quelques mots sur la grève, comme on vide un chargeur, pour que résonne «l'ultime musique terrestre». Celle de McCarthy, lyrique, dépouillée, tragique, est un très grand moment de littérature.
Le nouveau roman de Cormac McCarthy, la Route, est un minutieux récit apocalyptique...
On ne sait ni quand ni pourquoi a eu lieu la fin du monde. On ne sait pas où on est. On ignore les noms et le passé du père et du fils. On s'en fout....
Reste la simplicité sèche et la minutie d'une narration se répétant sans cesse dans ce présent infernal, ces limbes : tout est réduit au détail des actes, gestes, dialogues. Quelques sentences prophétiques désabusées, comme tirées d'une Bible sans Dieu, traversent le grand silence. Ni psychologie, ni explication, ni interprétation : les phrases sont comme les hommes, elles ont cuit sous la cendre et vont à l'essentiel.
On cherche le précédent. Parmi les hérauts de la funeste chronique américaine ? Melville, Faulkner, Dos Passos ? Las, devant le caractère singulier et déconcertant de ce grand roman de facture classique dont on tourne chaque page le coeur battant, on se rend vite à l'impossibilité du parallèle. Sans écarter l'autopsie de la nature humaine, Cormac McCarthy a encore franchi un cap, optant, au-delà du réalisme social, pour la lucidité. Celle qui consiste à envisager une route, peut-être celle qui donne métaphoriquement son titre au roman, et surtout le chaos auquel elle mène...
Si l'on répugne d'ordinaire à user des superlatifs, fût-ce pour les meilleurs livres, on voit mal comment éviter l'adjectif époustouflant pour qualifier ce livre couronné l'an dernier du prix Pulitzer et vendu à deux millions d'exemplaires aux États-Unis. Cormac McCarthy, habitué de l'exploration de contrées dévastées, s'il déclinait déjà les thématiques de la route et de la frontière en quêtes initiatiques, de Méridien de Sang à la Trilogie des confins ou, l'an dernier, dans Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme (L'Olivier) (lire La Croix du 11 janvier 2007) (1), radicalise encore son propos, son écriture évoquant en miroir les âmes à vif de sa fable métaphysique...
Que veut nous dire Cormac McCarthy, non nihiliste mais, au coeur même du chaos, porteur d'une espérance qui donne dans sa noirceur son ossature au roman ?
Dans les ruines de ce qui fut un monde prospère, les Etats-Unis d'Amérique, l'écrivain conçoit un scénario capable d'épouvanter par sa vraisemblance et sa force de suggestion...
Que reste-t-il de nous quand il ne reste plus rien d'autre que nous ?...
"On porte le feu", dit le petit. La survie n'est pas son objectif, sa fin ultime. Ce qu'il veut, lui, c'est secourir cet homme foudroyé sur un talus, recueillir ce petit garçon entrevu au coin d'un immeuble, nourrir ce vagabond aveugle dans la tempête. Ne pas être comme l'animal tapi au fond de chaque être, ce fauve cannibale qui a ressurgi partout autour de lui...
Il y a quelque chose de christique dans ce personnage extraordinaire. Ou en tout cas de biblique - on pense à la fuite en Egypte et au massacre des Innocents, Marie, Joseph et Jésus quittant Bethléem pour soustraire l'Enfant à la colère infanticide d'Hérode. Un Christ sans espoir, sans avenir, et peut-être sans résurrection. Mais une figure splendide pour ce qu'elle dit de l'humanité - ce credo qui est peut-être ce que Cormac McCarthy a écrit de plus optimiste depuis longtemps, en dépit des apparences : dans toutes les situations, même les plus atroces, même les plus désespérées, il se trouve toujours quelqu'un pour dire non à la barbarie. Un juste pour porter l'humanité du monde, quand bien même le monde aurait sombré dans le chaos.
Dans ce roman étonnamment visuel, presque plus de couleurs-un univers où Beckett serait mis en images par Goya-, seuls le feu et le sang laissent une trace vive sur le blanc et le gris. C'est beau et d'une infinie tristesse. Le livre refermé, vous êtes encore à l'intérieur. Ses scènes vous hantent : le petit camion jaune posé sur la bâche du Caddie, la pancarte aux lettres effacées mettant en garde contre un danger de mort...
McCarthy dit que la mort est le seul problème au monde et que les écrivains qui n'en traitent pas ne sont pas sérieux. J'aime les histoires qui commencent quand un monde finit. Quand tout est perdu, que la vie va vers sa fin, cela s'appelle l'apocalypse...
Mais ce roman cendre et sang n'est pas sans issue. Sa leçon philosophique et morale est celle des contes : le père et le fils tentent de vivre, cherchant à sauver ce qui reste de l'homme et de l'amour. Tant qu'il y aura des pères, l'horreur restera inaccomplie et le monde ne mourra pas.
Dans «la Route», prix Pulitzer 2007, le grand romancier américain raconte la fin du monde. Inoubliable ! Voici un livre qui ne va pas vous lâcher. Vous le lirez le soir, vous ne pourrez le fermer. Vous le lirez jusqu'au bout sans jamais le finir : il continuera de vous hanter, de vous ronger, comme s'il continuait de s'écrire en vous, comme une peur chronique. Vous irez travailler mais vous ne serez pas à votre travail. Vous en rêverez la nuit, craignant pour eux, le père et son enfant qui meurent de froid dans ce monde d'après le monde. Vous serez sur la route, les pieds dans la cendre, à marcher avec eux vers une mer impossible...
Si «la Route» est un roman admirable, c'est que son auteur y montre un art époustouflant du détail vrai. La fin du monde ? Ce n'est pas qu'on s'y voit, c'est qu'on y est et, croyez-moi, ça vous fait quelque chose...
Paradoxe d'un livre magnifiquement écrit qui dit la mort de la littérature. Exténuant chef-d'oeuvre qui marque l'entrée de l'humanité dans l'ère du «long jamais».
Dixième roman de McCarthy, La Route est, en quelque sorte, le chapitre final d'une série d'histoires annonçant la fin du monde et de l'espérance. Comme si les prédicateurs, chasseurs de primes et de scalps, dégénérés, poètes hallucinés et autres couples incestueux qui hantent ses romans avaient réussi à commettre l'irréparable. Faire virer au noir le bleu du ciel, le vert de la mer, le jaune du soleil. Tout à coup, quelque chose est advenu qui a balayé cette pauvre humanité et annulé ses couleurs. Quelque chose de terrible a calciné les routes, les maisons, les gens. De ce monde imparfait, il ne reste que poussière et ruines. Désolation. Au coeur de ces ténèbres, un homme sans nom et un enfant. Son fils. Errant sur les routes, dans les bois, dans les montagnes glacées, à la recherche de nourriture et d'eau. Deux survivants à la dérive. Leur destination ? Le Sud...
Grâce à McCarthy, on sait, maintenant, que le pire n'est pas tant de succomber à l'Apocalypse que d'y survivre.
Prenez La Route avec Cormac McCarthy, vous ne le regretterez pas. Ce récit de l'errance d'un père et de son fils dans un monde postnucléaire est peut-être le plus beau livre de la star des lettres américaines...
Dans ce roman d'anticipation situé dans un futur proche, la planète a en effet été dévastée quelque dix ans plus tôt par une catastrophe innommée, très probablement une guerre atomique. Au milieu de l'enfer gris qu'est devenu le monde, deux rescapés - un père et son fils - poussent un Caddie branlant où ils ont entassé leurs maigres hardes. Dépenaillés comme des per- sonnages de Beckett, «l'homme» et «le petit» - on ne les appellera jamais autrement - battent le macadam des highways mortes, traversent des forêts pétrifiées, pénètrent dans des Pompéi texanes, parsemées de cadavres momifiés dans des poses grotesques...
Epure d'un romancier au sommet de son art, cette Route - sorte de jonction improbable de La vie est belle et de Mad Max- dresse le constat saisissant, minimaliste, de notre condition précaire. C'est aussi et surtout, sous la plume d'un père aux cheveux blancs, une poignante parabole sur la paternité - ce flambeau transmis de génération en génération, qui, au coeur des ténèbres, parvient à sauvegarder une étincelle de la lumière divine.
«Les nuits obscures au-delà de l'obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d'avant.» Voici donnés l'atmosphère, le décor, la tonalité générale dans laquelle baigne ce grand roman. Donnée aussi, une idée de la scansion singulière et admirable de la phrase de Cormac McCarthy - un rythme qui, joint au mystère dont est emprunt ce récit, à son austère lenteur, à sa lugubre beauté, confère véritablement à La Route la grâce d'un long poème métaphysique, funeste et envoûtant...
Entre roman d'épouvante et parabole eschatologique, La Route s'offre à lire aussi comme un roman d'amour - cet amour qui unit l'adulte et l'enfant, et qui peut-être préserve l'homme de glisser vers la barbarie. Ce sentiment, McCarthy lui confère une intensité telle que les ténèbres alentours ne parviendront pas à l'étouffer et l'éteindre.
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