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France Inter est partenaire de notre site. Chaque vendredi matin vers 6h45 Patricia Martin met en avant sur l’antenne de France Inter un choix de bibliothécaire. Vous pouvez retrouver l’historique des choix de bibliothécaire cités par Patricia Martin en cliquant sur ce lien. France Inter est la première radio nationale à donner régulièrement la parole aux bibliothécaires de France.
Auteur : Pierre Merle
Date de saisie : 27/11/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : PUF, Paris, France
Collection : Education et société
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-13-056166-8
GENCOD : 9782130561668
Sorti le : 24/08/2007
Contrairement à une idée généralement défendue par l'institution scolaire, les notes constituent une mesure imparfaite du niveau scolaire des élèves. Il existe des biais - c'est-à-dire des erreurs systématiques - de mesure de la compétence des élèves par leurs professeurs.
La notation d'une copie est différente selon l'académie, l'établissement, la classe et même les caractéristiques de chaque élève (origine sociale, sexe, redoublement...). Pourquoi de telles différences entre des mesures anonymes et la mesure des compétences des élèves par leurs enseignants ?
À partir d'une enquête menée auprès des professeurs, l'ouvrage montre comment la notation d'une copie résulte d'un véritable processus de fabrication. Dans le quotidien de leur classe, les enseignants mettent en oeuvre, plus ou moins consciemment de véritables stratégies dévaluation. Contrairement aux apparences, les notes scolaires résultent d'une sorte de bricolage car les professeurs cherchent à atteindre des objectifs multiples et contradictoires : prévenir le découragement des plus faibles, éviter le relâchement des meilleurs, limiter la contestation... Les enseignants doivent aussi respecter des normes d'évaluation spécifiques à leur discipline, leur établissement la classe, etc...
Même les épreuves du baccalauréat n'échappent pas à un processus de fabrication. La correction des épreuves écrites est un processus très réglementé par des commissions diverses qui définissent précisément les modalités de correction des copies. Il en est de même des oraux et des délibérations des jurys.
Malgré le souci constant de l'équité, l'institution scolaire peine à assurer l'égalité de traitement des élèves. L'ouvrage propose quelques pistes qui contribueraient à une meilleure justice scolaire.
Pierre Merle, sociologue, est professeur d'université. Il enseigne à l'IUFM de Bretagne. Il a notamment publié Sociologie de l'évaluation scolaire (1998), La démocratisation de l'enseignement (2002), L'élève humilié. L'école : un espace de non-droit ? (2005).
Extrait de l'introduction :
Dans le quotidien de la classe, la notation est une source de tensions. Beaucoup d'élèves ne comprennent pas leurs notes. Certains la contestent. Les parents eux-mêmes ont parfois des doutes. Et les professeurs, une partie d'entre eux en tout cas, ne sont pas forcément les derniers à s'interroger sur la fiabilité de leurs évaluations. Pourtant, le débat n'a pas lieu. La notation reste un sujet tabou. Pourquoi ?
Noter une copie est une opération a priori simple pour les professeurs. Ils ont passé avec succès un concours difficile, maîtrisent les difficultés de leur matière et sont très familiarisés avec la notation. La grande majorité attribue plusieurs centaines de notes par an. Qui pourrait être mieux armé qu'eux pour faire face à cette tâche ardue que constitue l'évaluation des élèves ?
À leur façon, les enseignants sont donc des experts. C'est un fait et le début du problème. Les interrogations sur les notes sont vite considérées par les professeurs comme des remises en cause de leurs compétences. Dans un conseil de classe, il est admis par les délégués élèves et parents que la notation ne fait pas l'objet de discussions. C'est une sorte de chasse réservée, un domaine d'expertise où le droit d'expression est généralement réduit à rien.
Juste un exemple. Dans certaines disciplines, pour des raisons d'organisation pédagogique des enseignements, les élèves sont divisés par ordre alphabétique en deux groupes ayant chacun leur professeur. Il est fréquent, dès le premier trimestre, que les moyennes de chaque enseignant soient différentes. L'écart peut être de l'ordre de deux ou trois points. C'est considérable. Si un délégué parent cherche à connaître publiquement les raisons de cette différence en conseil de classe, il obtiendra des réponses alambiquées qui reviennent toutes à la même idée : le programme n'est pas abordé de la même façon par chaque professeur. Pour cette raison, les notes sont différentes. Cependant, au trimestre suivant, l'écart de moyennes entre les deux enseignants est grosso modo le même...
Une réponse honnête imposerait de reconnaître l'existence de professeurs plus sévères que d'autres. C'est un secret de Polichinelle. Mais il est hors de question de l'admettre dans un conseil de classe. Ce serait reconnaître des inégalités d'évaluation, remettre en cause le mythe sacré de l'égalité de l'école de la République. Les réponses restent désespérément floues car la question est clairement impertinente : elle touche au pouvoir des professeurs et aux secrets de fabrication de leurs notes. Pour les connaître, il n'existe qu'un moyen : l'enquête.
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