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Auteur : Rachel Grunstein | Henri Mérou | Jérôme Pecnard
Date de saisie : 06/09/2007
Genre : Education, Pédagogie
Editeur : Les Arènes, Paris, France
Collection : Notre école
Prix : 36.00 € / 236.14 F
ISBN : 978-2-35204-036-1
GENCOD : 9782352040361
Sorti le : 06/09/2007
Cahiers d'écriture, Cahiers de géographie, Cahiers de l'école rurale.
Des pleins et des déliés dignes des meilleurs calligraphes, Des cartes de géographie magnifiques, Des dictées et des rédactions de l'école rurale...
Sur les bancs de l'école, la géographie a longtemps incarné la part du rêve. À une époque où l'on voyageait peu, un monde inconnu et mystérieux s'ouvrait aux écoliers grâce aux récits des explorateurs et aux cartes affichées sur les murs de la classe.
Les écoliers apprenaient la liste des départements, des préfectures et des sous-préfectures. Au tableau, le maître traçait d'une main sûre les contours des côtes, les fleuves, les affluents et les sommets. Dans le silence, avec application, chacun essayait de reproduire ces dessins magnifiques : les cartes de géographie de nos parents sont dignes des meilleurs calligraphes. Ce livre nostalgique et tendre est un hommage à tous «ces enfants amoureux de cartes et d'estampes» célébrés par Charles Baudelaire.
Aux écoliers amoureux de cartes et d'estampes
«Quand j'étais petit garçon, j'avais une passion pour les cartes. Je passais des heures à regarder l'Amérique du Sud ou l'Afrique ou l'Australie. Je mettais le doigt dessus et je disais : " Quand je serai grand, j'irai là "», racontait Joseph Conrad. Pour l'écolier, aux débuts de l'école publique et républicaine, la géographie représentait la part du rêve. Dans un monde où l'on se déplaçait peu, la carte et les imageries exotiques fascinaient. Grâce aux récits des voyageurs, aux expositions universelles, les élèves découvraient un univers fait d'aventures, d'autant plus que le maître évitait soigneusement la part d'ombre et les inégalités criantes. Jules Ferry, le fondateur de l'école républicaine, n'avait-il pas été l'âpre défenseur de la conquête coloniale ? Le globe terrestre trônait sur le bureau du maître. La présence de la carte de l'Empire, avec ses taches roses au-delà des mers, permettait d'effacer l'humiliation de la défaite de 1870. Cartes, dictées, récits rappelaient l'utilité des pays africains et indochinois mis au service de la métropole, et de la «mission civilisatrice de l'homme blanc».
La géographie célébrait le territoire national. L'enfant apprenait la liste des départements, des préfectures et des sous-préfectures. Au tableau, le maître traçait d'une main sûre les contours des côtes, les fleuves, les affluents. Qui, parmi les écoliers des années 1930 à 1960, ne se souvient pas que la Loire prend sa source au mont Gerbier-de-Jonc ou que le mont Blanc culmine à plus de 4800 mètres ?
À partir des années 1950, l'enseignement s'est adapté à la transformation du monde, puis à la décolonisation. Le discours moralisateur s'est effacé. L'art de la carte a disparu, ou presque. Place a été faite à la découverte des hommes et de leurs milieux. Cette histoire des cahiers de géographie est donc d'abord une histoire de notre imaginaire. Le cahier de géographie reste le cahier préféré, celui que l'on garde et que l'on montre avec le plus de fierté. Il est le dernier vestige de «ces enfants amoureux de cartes et d'estampes» chantés par Charles Baudelaire dans Les Fleurs du mal.
Rachel Grunstein
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