Voilà un excellent récit d'un ancien «cancre», touché par la grâce de trois professeurs. Ses réflexions sur la pédagogie, le dynamisme avec lequel il entreprend la renaissance de gamins perdus, ravivent notre admiration. Plus ! nous partageons avec ses élèves l'envie soudaine d'apprendre de beaux textes d'auteurs. Pourtant Pennac ne manque pas de modestie en confessant certaines de ses erreurs.
Après le dysfonctionnement de l'école, l'auteur note le rôle des parents, le jeunisme dévastateur, l'influence néfaste de la télévision et de la publicité.
Les chapitres, courts, sont riches d'humour, de tendresse et de connaissance.
Une lecture à méditer
Les présentations des éditeurs : 08/06/2009
Chagrin d'école, dans la lignée de Comme un roman, aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur.
La revue de presse Caroline Brizard - Le Nouvel Observateur du 8 novembre 2007
Des témoignages de professeurs sur leur métier, il en sort régulièrement. Des drôles et bien troussés, on en trouve un peu moins. Mais quand Daniel Pennac s'y met; on se régale...
Chemin faisant; Daniel Pennac livre une sorte de traité d'éducation; expose les valeurs auxquelles il croit; et celles qu'il déteste. Il dit sa colère contre la société de consommation qui phagocyte le coeur de ses élèves. Lui; le bienveillant; est en guerre contre les méthodes pédagogiques. Le secret du bon professeur ? L'auteur lâche un gros mot : l'amour. Ce pourrait être le mot de la fin. Mais non. Le livre va plus loin. Il donne aussi à entendre; dans le mouvement qui parcourt l'oeuvre; dans ce dialogue entretenu avec l'enfant qu'il fut; puis l'adulte qu'il est devenu; une mélancolie voilée; une méditation quasi proustienne sur le temps écoulé et sur la vérité de l'être.
La revue de presse Robert Solé - Le Monde du 19 octobre 2007
Encore un livre sur l'école ? Non, un livre sur les cancres, nourri d'un témoignage personnel. Car Daniel Pennac, l'écrivain comblé, l'auteur de La Fée Carabine (Gallimard, 1987 et "Folio" nº 2043), l'inventeur de Monsieur Malaussène (Gallimard, 1995), a été un cancre...
Daniel Pennac est un rescapé, qui doit la vie à trois ou quatre sauveteurs. Et d'abord à son professeur de français en troisième, qui eut l'idée géniale de l'exonérer de dissertations pour lui commander un roman. Pour la première fois, le cancre sortait la tête de l'eau...
Ne faut-il pas inviter les jeunes à s'approprier la littérature ? "S'immerger dans la langue, tout est là. Le savoir est d'abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui le transmet." Parole d'amoureux.
La revue de presse Véronique Soule - Libération du 11 octobre 2007
Avant d'être enseignant puis auteur à succès, Daniel Pennac fut d'abord un cancre. Un élève nul en tout qui au mieux fait rire les autres et s'installe direct au fond de la classe. «Que dire ?», écrivent des profs las sur ses bulletins scolaires. La légende familiale veut qu'il ait mis un an à apprendre la lettre a...
Chagrin d'école pourrait être lu, tout simplement, comme l'hommage d'un cancre à ses parents. A sa mère centenaire, éternellement inquiète pour son avenir, qui lui demande encore : «qu'est-ce que tu fais dans la vie ?» Et à son père, qui l'aimait avec une ironie distante. Un jour de grosse déprime, Daniel regardait de sa fenêtre les falaises alpines avec de sombres pensées. Son père frappe alors à la porte et passe la tête par l'entrebâillement : «Ah ! Daniel, j'ai complètement oublié de te dire : le suicide est une imprudence.»