Lorsque William Wilson, un jeune prestidigitateur alcoolique dans la dèche, décroche un contrat dans un cabaret à Berlin, il croit que sa chance a tourné. En effet, au cours de son dernier spectacle à Glasgow, il a rencontré des spectateurs qu'il préférerait oublier. Entre autres, il a subtilisé pour le compte d'un ami un portefeuille contenant la photo d'une femme, et son client a été assassiné. Dans les bas-fonds de Berlin, entouré de femmes ambiguës et d'escrocs, il perd son coeur et la tête. Cependant il a du talent, surtout pour ce tour de prestidigitation qu'on a surnommé le "Tour maudit" et c'est là qu'il va être rattrapé par les secrets et que la frontière entre le théâtre et la réalité va s'estomper pour lui.
Illuminée par le charme décadent du théâtre burlesque, cette aventure contemporaine tient le lecteur en haleine jusqu'à l'explosion finale.
Louise Welsh vit à Glasgow. Elle est l'auteur de plusieurs best-sellers et a reçu le prix du Crime Writers' Association Creasy Dagger et le Saltire First Book Award. Le Tour maudit est son deuxième roman traduit en France.
Les courts extraits de livres : 04/09/2007
GLASGOW
Les roues de l'avion ont touché la piste, et la secousse m'a réveillé.
"Je vous envie, c'est un don du ciel."
La blonde assise à côté de moi a souri. Je me suis passé la main sur le visage.
"Pardon ?"
"Vous avez dormi comme une souche depuis Tegel. Vous avez de la chance, je ne dors pas comme ça dans mon propre lit."
En temps normal, je lui aurais peut-être demandé comment elle dormait dans le lit des autres, mais j'ai gardé ma brillante remarque pour moi et j'ai attendu que le pilote nous pose en douceur après quelques à-coups : un vol comme les autres. Le signal des ceintures de sécurité s'est éteint et les commerciaux se sont levés pour récupérer leurs sacs dans les coffres à bagages situés au-dessus. Un téléphone portable s'est allumé en carillonnant et un homme a dit : "Je te rappelle dans dix minutes. Je suis dans l'avion." Il a ri. "Non, c'est bon, on a atterri." Ma voisine insomniaque s'est levée et j'ai sorti ma valise d'accessoires rangée sous le siège devant moi. Elle m'a semblé lourde, mais je n'y avais rien ajouté à Berlin, à part l'enveloppe bourrée à craquer de billets de banque que je n'avais pas pris la peine de compter.
La queue de passagers a avancé lentement dans l'allée avant de descendre l'escalier métallique puis sur le tarmac. Personne n'a embrassé la piste d'atterrissage. J'ai resserré mon manteau autour de moi et j'ai gardé les yeux baissés.
Une longue file de bagages tournait en brinquebalant sur le tapis roulant, mais j'avais laissé ma valise cassée ainsi que son contenu dans une chambre d'hôtel à Berlin.
Le contrôleur de la station de taxis était protégé des éléments par une veste fluorescente qui semblait être une pièce de son uniforme et par une vieille casquette à carreaux qui n'en faisait pas partie. Il a claqué la portière du taxi derrière le passager installé en toute sécurité à l'avant puis s'est tourné vers moi.
"Vous allez où ?"
"Glasgow."