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Auteur : Christian Delacampagne
Illustrateur : Photographies d'Ariane Delacampagne
Date de saisie : 02/07/2007
Genre : Spectacles
Editeur : l'Archange Minotaure, Apt, France
Prix : 45.00 € / 295.18 F
ISBN : 978-2-35463-002-7
GENCOD : 9782354630027
Sorti le : 14/06/2007
Jean-Michel Cornu de Lenclos - 29/06/2007
D'où viennent les Gitans ? Quand se sont-ils installés en Andalousie ? Où et comment est né le flamenco ? Quelle a été son évolution jusqu'à nos jours ? A quels critères reconnaît-on la qualité d'un cantaor, d'un tocaor ou d'une bailaora ? Voici quelques unes des questions auxquelles le présent livre apporte des réponses claires et documentées. Introduction à l'art du flamenco, il a pour but défaire mieux connaître et aimer cet art sublime, trop souvent mal compris.
PHOTOGRAPHIES DE ARIANE DELACAMPAGNE
Il y a quelque chose que les mots ne peuvent dire : la grâce, l'inspiration, le duende- ce miracle qui n'arrive jamais au lieu et au moment où on l'attend. Alors les mots doivent s'effacer derrière les images, qui seules peuvent rendre ce qu'il y a de merveilleux dans l'éclair d'un instant. Le merveilleux : tel est précisément ce qui donne leur unité aux photographies d'Ariane Delacampagne. Cent photos prises en Espagne, en France, aux États-Unis, au fil de longues errances qui relèvent presque autant du voyage initiatique que du reportage. Ariane Delacampagne ne s'est pas contentée d'explorer la planète flamenca comme une terre inconnue. Elle a réussi - Leica en main, sans flash et sans faire poser ses sujets - à passer de l'autre côté du miroir pour nous montrer, par-delà les clichés, la foule des amateurs, enthousiastes et aficionados en tout genre (sans oublier les Gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer) pour lesquels le flamenco n'est pas la distraction d'un soir mais une manière d'être, une façon de vivre et de prier, le moyen le plus pur de dire la joie et la douleur. Elle a moins cherché l'exotique, le pittoresque ou l'anecdote que l'art d'atteindre le fond de l'âme flamenca - un art qui nécessite, lui aussi, du duende.
Qui étaient ces derniers ? Constituaient-ils une caste guerrière ou une caste laborieuse ? Etaient-ils les ancêtres de ces nomades que l'on peut encore voir aujourd'hui sillonner le Rajasthan pour offrir leurs services comme musiciens et comme danseurs ? Ont-ils été, à un moment donné, victimes de l'hostilité des populations au milieu desquelles ils vivaient ? Ou bien se sont-ils soudain vus, comme dit fantasquement Lorca, «poursuivis par les cent mille cavaliers du grand Tamerlan» ? Et, sinon, pourquoi se sont-ils lancés - à une date qu'il nous est impossible de cerner avec précision mais qui est bien antérieure à Tamerlan, puisque les spécialistes du kalô croient pouvoir la situer entre le Ve et le Xe siècle de notre ère - dans cette folle aventure que représentait alors une migration vers l'ouest ? Toutes les suppositions sont permises. Mais la véritable réponse à ces questions, c'est que nous n'en savons rien.
Tout au plus pouvons-nous présumer que les Gitans (ou plutôt, je le répète, leurs ancêtres) ont traversé l'un après l'autre ces pays que l'on nomme désormais Afghanistan, Iran, Turquie. Leur langue s'y est en effet enrichie, au fil des routes, de mots nouveaux - surtout persans. Puis, en Turquie, ils ont dû se diviser en deux familles. L'une, minoritaire, est partie en direction du sud vers la vallée du Nil qu'elle a remontée jusqu'en Haute-Egypte, région où quelques centaines de Gypsies survivaient encore il y a peu, mal distinguées des Bédouins environnants. L'autre, majoritaire, a continué vers l'ouest, traversant la Grèce, la Yougoslavie, la Roumanie et la Hongrie, où les Tziganes sont encore nombreux, avant d'atteindre la Bohême (1417) d'où, toujours à pied, elle est redescendue vers l'Allemagne, la France, l'Espagne.
Les premiers siècles de cette odyssée terrestre, aussi spectaculaire qu'inexpliquée, n'ont guère laissé de trace. Au Moyen-Orient comme dans le reste de l'Asie, on a tellement l'habitude de voir passer des gens qu'on ne fait plus attention. Avec leurs costumes bariolés, leurs roulottes brinquebalantes, leurs chevaux faméliques, leurs ours et leurs singes savants, nos saltimbanques ont cependant fini par susciter, lorsqu'ils sont arrivés en Europe de l'ouest, une fascination non dénuée d'inquiétude : la fascination que le nomade, pauvre mais libre, exerce infailliblement sur le sédentaire nanti. Fascination qui explique, à son tour, les témoignages écrits qui nous sont parvenus sur les dernières étapes de ce fabuleux périple.
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