Ce n'est sûrement pas un chant d'amour, c'est même parfois déprimant _ il y ace côté grinçant dans chacun de ses livres, une ombre que l'auteur a gardé en lui_
Blondel étant professeur d'anglais, a relégué son narrateur à Londres, un restaurateur de fast-food, «les Cafés bleus», un troyen marié à une anglaise, Susan, avec deux filles Sarah et Iris, (Iris, les fleurs qui terminaient «le passage du gué»). Voilà que Susan décide de passer une semaine avec ses enfants, chez ses parents. Lui, irait à Troyes revoir sa famille et ses amis. Mais que sont devenus ses amis et surtout Etienne, son ancien co-locataire ? Que veut-on lui cacher ?
Il y a dans ce roman un peu plus de mystère que les autres ; en regardant le fonds des yeux de sa belle soeur, Vincent, le narrateur a le souvenir d'Etienne, comme une similitude... je me demandais même si Etienne n'était pas devenu transsexuel. C'était sans compter sur l'imagination de Blondel qui sait nous faire attendre. Des paragraphes séparés par deux, trois mots ou courtes phrases.
Blondel restera rivé à Troyes, cela lui va si bien !
Les présentations des éditeurs : 08/06/2009
Dans ses années de jeunesse, la «lose» lui collait à la peau. Aujourd'hui Vincent a le vent en poupe et la quarantaine conquérante : marié à une fille de la grande bourgeoisie britannique, père de deux enfants, il dirige à Londres une chaîne de restauration en plein essor. Pour cela il a dû fuir : la France et sa petite classe moyenne engourdie, ses parents et leur pavillon «qui craint», son frère et sa vie étriquée - et Étienne, son meilleur ami, son double inversé, dont il n'a plus jamais pris de nouvelles. Étienne qui a suivi le chemin opposé - Étienne qui est devenu SDF. Mais cela, Vincent l'ignore. Jusqu'à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale. Et se prend en pleine tête ses certitudes d'homme qui a «réussi» sans un regard pour ceux qu'il laissait derrière lui...
Une histoire de fraternité dérangeante, à la noirceur vénéneuse, comme une claque aux petits arrangements avec notre conscience. Plus âpre, plus grinçant, plus violent, très différent de ce à quoi il nous avait habitués, le sixième roman de Jean-Philippe Blondel étonne, détonne. Et séduit.
Marié, père de deux enfants, professeur d'anglais, Jean-Philippe Blondel vit à Troyes, où il est né en 1964. Il a publié chez Delphine Montalant Accès direct à la plage (prix Québec-France du premier roman) et 1979, et chez Robert Laffont Juke-Box, Un minuscule inventaire (prix littéraire du conseil général de l'Aube), et Passage du gué (prix Gaël et prix Fol'Lire).
La revue de presse Agnès Séverin - Le Figaro du 23 aout 2007
Jean-Philippe Blondel, auteur d'Accès direct à la plage,signe un émouvant roman plein de douceur et d'énergie...
Fidèle à son réalisme doux amer, Jean-Philippe Blondel gomme les détails pesants du quotidien pour ne retenir que l'élan soudain qui lance l'un de ses «Rimbaud sans poème» à l'assaut de son destin. Entre ironie légère et vérités plus graves des sentiments enfouis dans les profondeurs, cette alchimie mélancolique réconcilie la douceur et l'énergie, combinaison trop rare.