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Nous tenons à remercier vivement les nombreux bibliothécaires qui nous ont encouragé et aidé, avec enthousiasme, à créer Lechoixdesbibliothecaires.com. Les deux premiers choix de bibliothécaire à avoir été mis en ligne sont ceux de Louis Burle, directeur de la Médiathèque de l'agglomération troyenne, et de Jean-Claude Utard, inspecteur des Bibliothèques de la Ville de Paris. Ils deviennent ainsi, tout naturellement, les deux parrains de notre site. Un grand merci à eux.  
 
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Alabama song

Couverture du livre Alabama song

Auteur : Gilles Leroy

Date de saisie : 05/02/2008

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-7152-2645-6

GENCOD : 9782715226456

Sorti le : 23/08/2007

Gilles Leroy - 02/07/2007


  • Les présentations des éditeurs : 27/08/2007

Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du futur grand écrivain.
Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre.
Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui.

Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, «Belle du Sud», rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes...
Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister...
Mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand «roman américain».

Gilles Leroy est l'auteur notamment de Machines à sous (prix Valéry Larbaud 1999), L'amant russe (2002), Grandir (2004) et Champsecret (2005).



  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 1er novembre 2007

Gilles Leroy aurait pu raconter sagement, avec distance, notes de bas de page et respect scrupuleux du calendrier, cette légende des temps modernes bâtie sur une gloire précoce d'écrivain, un tourbillon de succès mondains et de sordides cuites au gin, derrière les volets clos de villas de la Côte d'Azur. Il a préféré écrire l'autoportrait de Zelda la détraquée...
Sans doute faut-il, ici comme ailleurs, faire la part de la fiction. «Alabama Song» est décidément plus qu'une biographie déguisée. C'est, à force d'empathie, le plagiat psychique le plus réussi de la saison.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express du 11 octobre 2007

L'extravagante histoire qui unit vingt années durant Scott et Zelda vient de trouver son chantre en Gilles Leroy. Dans un roman nerveux, sensible, écrit à fleur de peau, Leroy raconte la douleur d'une femme qui, pour être devenue la muse d'un génie, descendit lentement vers les Enfers...
Il fait surgir un problème plus profond, plus tragique : pourquoi accepte-t-on l'empire et l'emprise d'un compagnon jaloux et névrosé ? Dans ce beau roman, il apporte une réponse. Parmi d'autres.


  • La revue de presse Xavier Houssin - Le Monde du 21 septembre 2007

Le livre raconte à la première personne le destin de Zelda Sayre, l'épouse de Francis Scott Fitzgerald...
On l'a compris, Leroy fait de Zelda une véritable héroïne, magnifique et tragique...
Le livre est d'une puissance narrative rare. Zelda y apparaît révélée. "Elle est pour moi depuis longtemps une vraie passion littéraire, dit Leroy. Sa présence m'a accompagnée de manière diffuse, quasi secrète pendant des années. Je me devais d'en rendre compte d'une manière ou d'une autre."...
Histoires de coeur, de séduction et de sans-gêne simple. Alabama Song est paradoxalement son texte le plus intime. "J'ai écrit dans l'évidence, lâche-t-il, je voulais juste être fidèle."


  • La revue de presse Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 13 septembre 2007

Il faut le dire d'emblée, le pari est réussi : Gilles Leroy se met dans la peau de Zelda Sayre. Et cette Américaine - née en 1900, morte à quarante-sept ans - reprend vie. Elle resplendit devant nos yeux, elle crie, elle s'insurge, elle devient folle, elle est pathétique et agaçante, géniale et déprimée. Rarement, un auteur a autant porté en soi son personnage. De plus, Leroy réussit à écrire le roman d'une relation passionnée et désastreuse, qui a produit le couple le plus célèbre de l'histoire littéraire. Zelda et Scott Fitzgerald...
En usant du «je» en lieu et place de Zelda, son roman devient plus puissant que la réalité. Alabama Song démontre, avec brio, la supériorité de la fiction sur le réel, et prouve également que l'on peut s'adresser au plus grand nombre, en gardant une haute exigence littéraire. Les Américains n'ont plus qu'à traduire ce roman.


  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 30 aout 2007

Fitzgerald a fait du mal, non seulement à lui-même, mais à tous ceux qui se prennent pour lui : il est devenu le modèle d'une série d'autofictions ratées. Gilles Leroy a décidé de se prendre avec plus de modestie pour sa femme Zelda, la belle fleur violente de l'Alabama, fanée en son parfum et sa folie...
En brefs flash-backs, et selon une chronologie hachée, l'auteur donne la parole et défend la cause de celle dont une postérité superficielle a parfois fait la folle encombrante du génie.


  • La revue de presse Claude Arnaud - Le Point du 23 aout 2007

L'auteur de «Champsecret» se met dans la peau de l'épouse torturée de Scott Fitzgerald et dévoile l'envers de la légende. Imaginaire mais vrai, avec Hemingway en gay refoulé...
Cette «véri-fiction» est menée de main de maître. On plonge dans la «bouillie bouillante» qu'est devenue la conscience meurtrie de la belle héritière sudiste, après des années d'électrochocs : une femme tente enfin d'exister par elle-même et ne rencontre que des fantômes...
Grandeurs et misère de l'image. Poignante efficacité de la littérature : Zelda a retrouvé sa voix.


  • Les courts extraits de livres : 14/07/2007

MINUIT MOINS VINGT

Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir. Moi, j'ai dû me cacher pour écrire. J'avais vingt ans à peine que déjà je tombai sous l'emprise - l'empire - d'un homme à peine plus vieux que moi qui voulait décider de ma vie et s'y prit très mal.

Le bal des soldats

Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos États du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l'école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n'avait vu autant de yankees en ville, me dit maman).
Si jeunes, si vigoureux, les guerriers rieurs fondaient sur nous avec beaucoup de bruit et se déversaient par nos rues telles des nuées d'oiseaux en livrée bleue ou grise ou verte, certains huppés d'or ou d'argent, ocellés d'étoiles valeureuses et de barrettes multicolores - mais tous, les oiseaux du mess comme les oiseaux du rang, les sécessionnistes comme les abolitionnistes, unis enfin, sinon réconciliés, tous reprendraient la route bientôt pour une longue traversée de l'Océan vers la vieille Europe qui n'était pas encore celle de nos rêves mais le continent d'une angoisse inconnue, cet inconnu qui consisterait à mourir dans une guerre étrangère.
S'ils avaient peur, ils ne le montraient pas. Les bals se multipliaient dans les rues, sur les terrains d'aviation qui entouraient la ville et dans les camps d'entraînement. (C'est une curiosité, oui, une chose unique, inexpliquée : aucune ville de la taille modeste de Montgomery ne comptait autant de terrains d'aviation. Et c'est ainsi que notre ville ridicule fut choisie pour être la champignonnière des gosses qu'on allait livrer au combat - le Feu, disent-ils, l'Action.)
Je les entends encore bruire avec fureur : ce fier vacarme de pas qui claquent, de voix braillardes et de verres entre­choqués, comme si vingt mille gars formaient un seul grand corps, un titan au pouls fiévreux où l'on pouvait entendre bouillonner l'adrénaline et une irrépressible montée de sève. C'était comme si l'imminence du danger et l'assurance d'autres chocs, d'autres fureurs, mortels ceux-là, rendaient ces hommes encore plus chahuteurs, enfantins et curieusement euphoriques.


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