«... cet ouvrage poignant, c'est l'histoire du grand silence algérien.»
Florence Aubenas, in Libération, à propos de Dans les geôles de Nezzar, de Lyes Laribi.
Depuis son indépendance, l'Algérie est dirigée par des Généraux qui maintiennent le pays dans la guerre civile et la misère. Mais comment fonctionne et perdure ce pouvoir ? Arrêté et torturé en Algérie pour avoir créé un syndicat étudiant libre dans les années 1980, accusé d'islamisme et souvent inquiété depuis, Lyes Laribi a été confronté de près à la Sécurité Militaire, la police politique de l'État.
L'auteur dresse l'historique des querelles internes entre le clan du général Zeroual et celui du général Nezzar : coups d'Etat, combines économiques, crimes politiques qui s'étendent de 1962 à 1999... Aujourd'hui, Lyes Laribi décèle derrière le gouvernement de l'actuel président, Abdelaziz Bouteflika, la main-mise d'un troisième clan de Généraux, prolongement de ces nomenklaturas corrompues.
Cette courageuse enquête de l'auteur de Dans les geôles de Nezzar est une critique inédite et passionnée de l'histoire récente de l'Algérie. Une invitation à rendre au peuple algérien la confiance et la parole qui leur ont été confisquées.
Préface de Ghazi Hidouci, statisticien, économiste, ministre de l'Économie et des Finances d'Algérie durant le gouvernement d'ouverture et de réforme (1989-1991).
Avec un tableau inédit de la hiérarchie militaire algérienne depuis 1964.
Les courts extraits de livres : 11/05/2007
4. Le coup d'État du 19 juin 1965
Le 28 août 1963, le Parlement algérien a «adopté» une Constitution. Élaborée au Majestic, une salle de cinéma d'Alger, par un groupe proche d'Ahmed Ben Bella, elle sera plutôt imposée au Parlement. Cela a provoqué la démission et l'ire d'un certain nombre d'acteurs importants de la révolution algérienne, dont le président du Parlement Ferhat Abbas. Elle sera entérinée par un pseudo-référendum populaire organisé le 8 septembre 1963. Ainsi, Ahmed Ben Bella est devenu président de la République le 15 septembre 1963. Avec cette légitimité des urnes, il s'est acharné à appliquer son programme socialiste, fondé sur une autogestion des entreprises commerciales et industrielles.
Mais Ahmed Ben Bella se méfiait de Boumediene, grâce auquel il était arrivé au pouvoir. Incapable de s'attaquer à lui directement, Ahmed Ben Bella a tenté de l'affaiblir en le coupant de ses plus fidèles lieutenants. Il s'est attaqué à Ahmed Medeghri et a soustrait les préfets à son autorité. Il a provoqué sa démission du poste de ministre de l'Intérieur pour l'occuper lui-même, puis il fera démissionner Gaïd Ahmed, ministre de l'Information. En décembre 1964, Ahmed Ben Bella occupait à lui seul les fonctions de président de la République, de secrétaire général du FLN, de chef du gouvernement, de ministre de l'Intérieur, de l'Information et des Finances.