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_ Notre seconde vie

Couverture du livre Notre seconde vie

Auteur : Alain Monnier

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Flammarion, Paris, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-08-120504-8

GENCOD : 9782081205048

Charlotte Etasse - 01/06/2007


François Attia - 09/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 29/04/2007

La rareté de l'eau et la pénurie de matière première ont conduit à une cessation de l'industrie, de l'agriculture non naturelle, des transports et du tourisme. Tout le monde a désormais accès à un univers de Seconde vie, droit inaliénable pour tous : Internet gratuit et un Revenu minimal garanti. Dans ce contexte, l'auteur raconte les aventures d'une série de personnages et de leurs avatars.



  • La revue de presse - Le Figaro du 31 mai 2007

Métaphore d'une société de consommation totale, où seul le désir (exhibitionniste ou voyeur, cela va ensemble) crée la valeur, Notre seconde vie s'interroge sur l'individu d'aujourd'hui, son pari insensé de se refonder seul avec pour unique but la jouissance narcissique. Pari perdu. Ces êtres qui se ruent vers une seconde chance n'y transportent que leurs illusions, leurs naïvetés, leurs appels toujours déçus à la vraie vie, qui est ailleurs, comme chacun sait. «Il ne s'agit plus de changer le monde, mais de le rapetasser. Pour rien. Pour arriver toujours à ce que nous sommes, et seulement à cela.» Ce que nous sommes. On n'en sortira pas. Rappel obsédant qui parcourt le livre comme un roulement de tambours voilés. Alain Monnier est un Toulousain discret, de formation scientifique, expert en nouvelles technologies. Il a publié huit livres, notamment Survivance (grand prix du roman de la SGDL en 2003) et plus récemment Givrée, un conte drolatique à la Marcel Aymé. Découvert par les excellentes éditions Climats, il est passé avec elles sous la houlette de Flammarion. Souhaitons qu'il en retire une visibilité accrue, car c'est un vrai bon romancier, un peu trop éclipsé par la gloire de Houellebecq.


  • La revue de presse Aude Lancelin - Le Nouvel Observateur du 17 mai 2007

Après «le Cauchemar climatisé» de Henry Miller, le cauchemar pixélisé d'Alain Monnier. En quelle année sommes-nous au juste ? Bientôt sans doute. La planète entière a quasi été dévastée...
L'auteur de «Survivance» signe ici un de ses tout meilleurs romans, inspiré par Second Life, célèbre monde parallèle lancé sur internet en 2003...
Tandis que le réel agonise, l'Histoire devient un jurassic park d'attractions sans épaisseur, et la nostalgie achève les meilleurs. Après «la Possibilité d'une île» de Houellebecq et ses clones dépressifs isolés sur une terre détruite, Alain Monnier, l'autre ingénieur de la littérature française, livre sa propre anticipation saisissante de notre après-demain..


  • Les courts extraits de livres : 29/04/2007

MONTRÉAL - CANADA - 13 juillet - 16h 42

La porte d'entrée s'est ouverte violemment, Eva a sursauté, en fait Edwige a sursauté, Eva c'est dans l'autre vie, dans cet univers dans lequel elle est plongée depuis trois heures ce matin, elle en a oublié de déjeuner, de prendre sa douche, mais elle a fait taire ses idées noires.
- C'est toi ?
- Oui, répond une voix féminine. Je t'apporte les courses. Je les pose dans la cuisine.
Edwige soupire. Voilà des mois qu'elle n'a le courage de rien, la vie lui paraît démesurément difficile, son lit est son unique refuge, les cachets n'y font rien. La semaine dernière, sa fille lui a téléphoné, elle l'appelle une fois par an pour son anniversaire, par tradition, cela fait quatre ans qu'elles ne se sont pas rencontrées. De toute façon elles n'ont plus rien à se dire depuis leur terrible dispute au sujet de l'homme avec lequel Edwige s'est remariée. Parfois elle se demande si c'est la vraie raison de leur discorde. Il n'empêche que Stéphanie était partie. Son beau mari aussi, deux années plus tard, sans dire un mot. Les rêves s'enfuient toujours ainsi, lâchement, sans claquer la porte. Un matin, ils ne sont plus là, et aussi moches, si remplis de vomissements, de coups ou d'injures qu'ils aient été, ils nous manquent tant il nous apparaît alors qu'ils remplissaient, malgré leurs imperfections, le vide sidérant de nos vies.
Cette fois Edwige a parlé avec des bribes de mots, de longs silences, difficilement, et Stéphanie, qui a senti la profonde dérive de sa mère, lui a fermement conseillé d'allumer son écran et de se connecter sur la Toile, elle a insisté et même retrouvé sa voix mordante d'adolescente intransigeante. Elle lui a répété dix fois que la vie dans NSV était merveilleuse. Edwige n'y croit pas, elle n'a d'ailleurs jamais touché à cet écran qui encombre sa chambre. Elle n'en voulait pas, mais c'était une condition obligatoire pour obtenir l'aide alimentaire du Revenu minimum garanti.
Dans la nuit, au milieu d'une effrayante insomnie, elle est allée appuyer sur le bouton, sans trop savoir pourquoi, sans doute pour que cesse l'injonction de sa fille.


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